Vous n’avez nulle idée de la grâce, de la douceur du Grand mufti de Jérusalem, al-Husseini

Publié le par Sacha

Les massacres fomentés par le Grand mufti de Jérusalem, Mohammed Amin Al Husseini en 1929

Extrait du livre, récit de voyage, d'Albert Londres : Le Juif errant est arrivé, paru en 1930

Août 1929 : Rentré en France, j’en étais là de mon récit quand, au début d’un beau soir, un ami poussa ma porte et me jeta : –On tue tes Juifs à Jérusalem !
Je bondis hors de mon encrier. L’ami me tendit un journal. On les tuait ! On les tuait même quelques mois en avance sur le programme. Alors j’envoyai promener mon porte-plume. Je pris mon chapeau, le train, puis le bateau. Je repartis pour la Terre Promise

Plus la situation des Juifs s’affirmait en Palestine, plus les privilèges féodaux des chefs arabes se trouvaient menacés. Les temps étaient venus d’arrêter l’invasion juive.  Il fallait, pour cela, exciter les fellahs (les serfs) que les Juifs, dans l’ordinaire de la vie, ne gênaient pas outre mesure.   Les   fausses   nouvelles   avaient   déjà commencé de travailler. Comme au Moyen âge, on accusait les Juifs de véhiculer d’ignobles maladies. Le bruit courut qu’ils donnaient des bonbons et des fruits empoisonnés aux enfants musulmans.   N’entendait-on   pas   dire   qu’ils s’attaquaient aux femmes voilées ? Mais les preuves manquaient. Le fanatisme religieux serait seul capable de soulever la masse. L’heure sonnait. Les batteries étaient prêtes.

Le grand mufti, très gracieux jeune homme, entra en scène. Des tracts imprimés à la hâte furent envoyés aux imans des villages. Les imans les lurent aux fellahs rassemblés. Il y était dit que le drapeau sioniste devant le mur était le signal de l’attaque par les Juifs des lieux saints musulmans. Le mur, d’abord, n’était-il pas l’un de ces saints lieux ? À ce mur, Mahomet avait attaché Burak, son cheval, avant de le chevaucher pour monter  au ciel. Le temps pressait. Les Juifs allaient détruire les mosquées d’Omar et d’Al-Aqsa. Des cartes postales truquées, montrant le drapeau sioniste au sommet d’Omar, passaient de main en main.

Les chefs religieux adjuraient le Coran : «Toi, la loi de nos pères, toi que nous avons juré de défendre, indique-nous notre devoir ! » Il n’en fallait pas autant.

Le 16 août, jour de Mouloud, anniversaire de la naissance du Prophète, deux mille Arabes de Jérusalem quittent l’esplanade des Mosquées, envahissent l’étroit couloir dont le Mur est l’un des côtés. Ils brisent la vieille table de bois du sacristain, déchirent et brûlent les livres de psaumes, arrachent d’entre les blocs les petits morceaux de papier à quoi les Juifs confient leurs naïves prières. Ils battent, sur leur chemin, les vieilles robes de soie qu’ils rencontrent. Le 17 août, dans le quartier Boukhariote, de jeunes juifs jouent au football. Le ballon, paraît-il,   tombe   en   terre   musulmane.   Les   fellahs  attaquent les joueurs et font des blessés. L’un de ceux-là meurt. On l’enterre le 21 août. Les Juifs désirent faire passer le mort devant la porte de Jaffa, comme le veut la coutume quand on honore un mort. La police s’y oppose. Collision. Vingt Juifs blessés.
Le grand mufti demande un passeport au consulat de France pour aller respirer l’air sain du Liban. Refusé. Il n’y a toujours que cent quarante soldats de Sa Majesté en Palestine ! Le vendredi 23 août, jour anniversaire de la Saint-Barthélemy, l’aurore   voit   des   foules d’Arabes   envahir   Jérusalem.   Ils   marchent groupés, chaque homme tenant à la main un bâton ou un poignard lame nue. Ils chantent en entrant dans la ville sainte :
La religion de Mahomet Défend son droit par l’épée, Nous défendons par l’épée Le prophète Mahomet.
Le grand jour est arrivé. Les tracts lancés par le gracieux jeune homme n’ont pas manqué leur but. Les manieurs de poignards et les tambours-majors du gourdin descendent vers la porte de Damas.   Ils   passent   justement   devant   les établissements   religieux   français,   devant l’hôpital, devant Notre-Dame de France :
La religion de Mahomet Défend son droit par l’épée. Aujourd’hui, enfants du Christ n’ayez pas peur : l’actualité est aux Juifs... En face de la porte de Damas s’élève une grande bâtisse style château fort ; ce sont les bureaux du haut-commissariat anglais.

Six jeunes juifs formant groupe sont là, dehors. Ils feraient mieux de se retirer,   de   laisser   libre   champ   à   la   vague fanatique. Ils demeurent, représentant à eux six la révolte de la nouvelle âme juive. Ils en ont assez d’entendre dire que le Juif ne sait que courber le dos. Un orgueil trop longtemps contenu leur fait oublier que l’héroïsme ne marche pas toujours de front avec la raison. L’un des six, un journaliste autrichien, le docteur von Veisel, refuse de céder  un mètre de sol à la colonne qui s’avance. Un musulman marche sur Veisel. Les deux hommes s’empoignent. Veisel a le dessus.
–Eh bien ! crie-t-il aux quatre soldats anglais et aux policiers qui sont là, devant les bureaux, l’arme au pied, un homme m’attaque, je le maintiens, venez l’arrêter ! Les agents de l’autorité ne bougent pas. Deux Arabes se détachent à leur tour et poignardent Veisel dans le dos. Les représentants de la loi contemplent le spectacle ; ils ne froncent même pas les sourcils. Pourquoi,   alors,   se   gênerait-on ?   Et   les musulmans se précipitent sur les Juifs surpris par l’événement. Tous ceux qui passent y «passent».
Plus on tue de Juifs, plus la police demeure immobile. Quant au haut-commissariat anglais, il est parti se promener dans les airs, comme un Zeppelin ! Du moins peut-on le supposer, puisque personne, depuis trois semaines, n’entend plus  parler de lui !
–Mort aux Juifs !
–Le gouvernement est avec nous !
Ces cris à la bouche, le poignard au poing, les fils du prophète courent dans Jérusalem. Ils attaquent les quartiers de Talpioth, de Gedud, d’Haavodah, de Beth-Hakerem et de Beth-Wegam, de Romena, de Gibeat-Chaoul, de San-Hedris, de Mahanain. Ils tuent. Ils chantent.
Deux Anglais, étudiants d’Oxford, voyageant en Terre sainte, se jettent dans l’émeute. Il ne sera pas dit que des Anglais n’essaieront point d’arrêter la danse. Ils adjurent les musulmans. Ils sont jeunes ! Ils ne comprennent rien à la politique !
Et voilà que s’allument les ghettos d’Hébron et de Safed. Tel Joseph, Gerdi, Nahalal doivent se défendre dans la plaine de Jesraël. La main-d’œuvre arabe est décidément à bon prix :   les   assassins   n’auront   droit   qu’à   dix cigarettes par tête de juif !
Holà, l’Europe ! on saigne en Palestine !... Le «home national» devient la boucherie internationale !

Les soldats du grand mufti
Il faut raconter Hébron et raconter Safed. Hébron est en Judée, c’est-à-dire dans les pierres. Dix-huit mille Arabes, mille Juifs, mille vieux Juifs non tous âgés, mais tous vieux : Juifs de l’autre temps, papillotes et caftans ! On est dans Hébron. Rien de plus oriental à offrir   au   voyageur.   Des   rues   pour   drames cinématographiques. Très bien ! Mais tout cela est arabe. Où est le ghetto ? Vous regardez et ne le voyez pas. On vous a dit cependant qu’il était ici, dans ce bazar couvert,  entre ce carrefour et cette basse mosquée. Pas de ghetto ! Aucun Juif !
Vous retournez aux renseignements. Alors, on vous donne un guide. Le guide vous ramène dans le bazar couvert et vous arrête entre l’échoppe d’un marchand de babouches et un vendeur d’agneaux écorchés.

Là, dans le mur, un trou : c’est une porte, la porte du ghetto. Vous la franchissez courbé en deux ; vous vous redressez, et alors, si jusqu’ici vous n’aviez rien vu, vous voyez maintenant quelque chose. Il ne suffit pas de voir, il faut croire aussi. Ce qui s’offre aux regards est incroyable. Ce ghetto est une montagne de maisons, une vraie montagne avec ses crêtes, ses cols, ses ravins, une petite montagne   mal   fichue,   hargneuse,   sans   un centimètre carré de terre : toute couverte de maisons, toute ! Pour atteindre le rez-de-chaussée de la deuxième bicoque, il faut passer par le toit de la première. Du toit de la seconde, vous voici de plain-pied dans la troisième. Ainsi pour chacune. Où sont les rues ? Au fait, où sont-elles ? Pas de rues ! Pourtant, je marche et je ne marche pas toujours sur les toits ! Non ! Mais je grimpe des escaliers, j’emprunte un couloir, je me   perds   dans   des   labyrinthes.   Croyant déboucher sur une place, je me trouve dans une chambre à coucher. Un Juif de grande taille,  étendu sur le seuil de sa maison, aurait la tête chez lui, les pieds chez le voisin... un voisin à qui il voudrait du mal, un bras ailleurs et l’autre dans la synagogue ! Trois synagogues communiquant entre elles couronnent le fol État. Le soleil n’a rien de plus extravagant à chauffer sur toute la surface de la terre !
Là vivent mille Hébreux. Non de ceux qui déployèrent le drapeau au mur des Lamentations ; non mille gaillards de Tel-Aviv ; non plus ces colons durs et décidés de la plaine de Jesraël. Mille Hébreux qui n’étaient point venus en Palestine dans un bateau, mais dans un berceau, mille Juifs éternels. Une famille, une seule, était arrivée récemment de Lithuanie pour vivre en sainteté et non en conquérante sur la terre des ancêtres. Tragique famille !
Amis des Arabes ? Presque. En tous cas, point ennemis. Se connaissant tous, même par leurs noms, se saluant depuis dix ans, depuis toujours. L’Hébron   juif   était   célèbre,   non   par   ses sentiments   nationaux,   mais   par   son   école talmudique.

Or les Arabes n’attaquèrent pas Tel-Aviv, mais Hébron... mais Safed. Je n’ignore pas que Ragheb bey El Nashashibi, franc comme l’épée, s’excuse en disant : « À la guerre comme à la guerre. On ne tue pas ce qu’on veut, mais ce qu’on trouve. La prochaine fois, tous y passeront, jeunes   comme   vieux. »   Nous   faisons expressément remarquer à  Ragheb bey que nous ne le mettons pas au défi de tenir sa parole. Il en serait fort capable. Mais l’avenir, aujourd’hui,  n’est pas notre affaire.
Le 23 août, le jour du grand mufti, deux étudiants   talmudistes   sont   égorgés.   Ils   ne faisaient   pas   de   discours   politiques,   ils cherchaient le Sinaï du regard, dans l’espoir d’y découvrir l’ombre de Dieu ! Le lendemain, dès le matin, des Arabes marquent leur inquiétude sur le sort des Juifs.
Tous les Arabes ne font pas partie des fanatiques. La virginité d’esprit n’est heureusement pas générale en terre d’Islam.
–Sauvez-vous ! disent-ils aux Juifs. Quelques-uns offrent aux futures victimes l’hospitalité de leur toit. L’un d’eux, même, ami d’un rabbin, marche toute la nuit et vient se planter devant la maison de son protégé. Il en défend l’entrée aux fous de sa race.

Lisez. Une   cinquantaine   de   Juifs   et   de   Juives s’étaient réfugiés, hors du ghetto, à la Banque anglo-palestinienne, dirigée par l’un des leurs, le fils du rabbin Slonin. Ils étaient dans une pièce. Les Arabes, les soldats du grand mufti, ne tardèrent pas à les renifler. C’était le samedi 24, à neuf heures du matin. Ayant fait sauter la porte de la banque... Mais voici en deux mots : ils coupèrent des mains, ils coupèrent des doigts, ils maintinrent des têtes au-dessus d’un réchaud, ils pratiquèrent l’énucléation des yeux. Un rabbin, immobile, recommandait à Dieu ses Juifs : on le scalpa. On emporta la cervelle. Sur les genoux de Mme Sokolov, on assit tour à tour six étudiants de la Yeschiba et, elle vivante, on les égorgea. On mutila les hommes. Les filles de treize ans, les mères et les grand-mères, on les bouscula dans le  sang et on les viola en chœur.
Mme X... est à l’hôpital de Jérusalem. On a tué son mari à ses pieds, puis saigné son enfant dans ses   bras.   «Toi,   tu   resteras   vivante...»   lui répétaient ces hommes du vingtième siècle ! Aujourd’hui, elle regardait par la fenêtre, d’un regard fixe et sans larme !

Le rabbin Slonin, si noir, si Vélasquez, est là aussi. Il parle :
–Ils ont tué mes deux fils, ma femme, mon beau-père, ma belle-mère.
Ce rabbin dit cela naturellement, d’une voix de greffier lisant un rapport. Mais il va pleurer :
–En   1492,   ajoute-t-il,   les   Juifs   chassés d’Espagne avaient apporté un rouleau de la Loi à Hébron, un saint rouleau, une divine thora. Les Arabes ont brûlé ma thora. Et le rabbin Slonin essuie deux larmes sur ses joues d’acier bruni.
Vingt-trois cadavres dans la pièce de la banque. Le sang recouvre encore le carrelage comme d’une gelée assez épaisse.
La religion de Mahomet Défend son droit par l’épée.
Et vous n’avez nulle idée de la grâce, de la jeunesse, de la douceur, du charme et du teint clair du grand mufti...

Suite : le pogrom de Safed

Safed est en Haute-Galilée, à mille mètre dans les airs. Trois cônes de montagnes coiffés de maisons, les maisons fardées au lait de chaux, lait de chaux bleu, ou rose, ou jaune, ou blanc. Au loin, dans un trou, deux cents mètres plus bas que le niveau de la mer, un miroir en forme de lyre : le lac de Tibériade. Miroir ! Lyre ! Tendres couleurs ! Attendez.
Comme ceux d’Hébron, les Juifs de Safed sont des Juifs de l’ancien temps cultivant... le Zohar ! Vieux hassidistes, ils chantent et dansent en l’honneur du Seigneur. Ceux qui, en supplément, tiennent des boutiques dans le ghetto ont fermé leurs boutiques depuis six jours. Nous sommes au 29 août. Ils ne veulent pas exciter les Arabes qui, depuis le 23, se promènent processionnellement poignard et gourdin à la main, et aux lèvres le serment de tuer bientôt les Juifs. Depuis six jours ? Alors, et les Anglais ? Interrogés, ils répondent de Jérusalem que tout va bien. Le 29 août...
Mais voici l’histoire telle qu’on me la conte dans les rues du ghetto de Safed, cure d’air :
–Pardon, monsieur, je suis le fils du vice-consul de Perse...
–Parfaitement !   répondis-je   à   ce   jeune homme. Ils ont bien arrangé votre maison.
–J’étais en vacances chez mes parents. Je fais mes études en Syrie chez les pères français d’Antoura. Depuis dix jours, les Arabes...
–Je sais. Après ?
–Alors, le 29, nous étions tous réunis à la maison. Nous entendons frapper. Mon père va à la fenêtre. Il voit une cinquantaine d’Arabes. Que voulez-vous, mes amis ? leur demande-t-il.
–Descends ! Nous voulons te tuer avec ta famille.
Mon père les connaît presque tous. Comment ? Vous êtes mes voisins ; je vois, dans votre groupe, plusieurs de mes amis. Depuis vingt ans, nous nous serrons la main. Mes enfants ont joué avec vos enfants.
– Aujourd’hui, il faut qu’on te tue !

Mon père ferme la fenêtre et, confiant dans la solidité de notre porte, il se retire avec maman, mes deux sœurs, mon petit frère et moi dans une chambre du premier. Bientôt des coups de hache dans la porte. Puis un grincement : la porte a cédé. Mon père dit : «Ne bougez pas. Je vais encore aller leur parler.» Il descend. Au bas de l’escalier, en tête de l’invasion est un Arabe, son ami. Mon père lui ouvre les bras et va vers lui pour l’embrasser en lui disant : «Toi, au moins, tu ne me feras pas de mal, ni à ma famille. » L’Arabe tire son couteau de sa ceinture et, d’un seul coup fend la peau du crâne de mon père. Je descendais derrière, je ne pus me retenir. Je brisai une chaise sur la tête de notre ami.
Mon père s’affaissa. L’Arabe se baissa et lui redonna onze coups de poignard. Après il le regarda, le jugea mort et partit rejoindre les autres qui pillaient dans la pièce à côté.
–Bien !
–Après avoir pillé ils mirent le feu à la maison. Je fis sortir maman, mes sœurs, mon petit frère enfermés dans l’armoire. Nous allions traîner le père hors de l’incendie quand les furieux revinrent. Voyant du sang dans l’escalier ils dirent : «Les autres l’ont égorgé, cherchons son corps.» Alors, me tournant vers ma grande sœur, je criai en arabe : «Donne-moi le revolver, Ada !» C’était une ruse. Nous n’avions pas de revolver. Ma sœur fait mine de chercher. Ils ont eu peur ! ils sont partis.»
Voici maintenant un vieillard qui larmoie dans sa blanche barbe. Il tient à me dire qu’il s’appelle Salomon Youa Goldchweig, qu’il a soixante-douze ans, qu’il est né à Safed, qu’il n’avait jamais fait de mal à personne, qu’on est venu chez lui, qu’on a tué sa femme, qu’on a voulu l’assassiner et que c’est quatre de ses voisins qu’il connaissait bien qui ont fait toutes ces choses. Et il me demande : «Pourquoi ?»
Surgit un jeune homme : C’est Habib David Apriat. Son père était professeur d’hébreu, de français et d’arabe. Trois des anciens élèves de son père, sont entrés chez lui, ont tué son papa, ont tué sa maman, ont coupé les doigts à sa sœur qui a fait la morte sur la maman. David Apriat s’en va, court. Où va-t-il ? Il revient avec sa sœur – moins deux doigts, et tous deux ils me regardent et le jeune homme répète : « Voilà ! Voilà ! » Un autre apparaît.
–Je m’appelle Abraham Lévy, je suis sujet français. Algérien. Je suis gardien à l’École de l’Alliance israélite. J’ai tout vu. Quand ils sont entrés à l’école, ils ont dit : « Abraham est de nos amis, il ne faut pas le tuer, mais seulement lui couper les mains. » Je m’étais enfui sur le toit. « Abraham! criaient-ils, où es-tu ? Tu es notre ami, nous ne voulons que te couper une main ! »
Je les connaissais tous. Tous étaient de bons camarades. J’ai pu me sauver.
Et le grand rabbin Ismaël Cohen ? Trois mois auparavant, me promenant dans le ghetto de Safed, j’avais rendu visite au vieillard. Depuis dix ans, il n’avait plus touché de son pied le raide escalier de son nid de pierres. Quatre-vingt-quatre ans d’âge, une fière tête, un fameux savant du Talmud. Ils l’ont égorgé aussi !
Je repris le chemin de sa maison. Je gravis l’escalier. La porte n’était plus fermée. Sur le divan où naguère il était assis pour me recevoir, des loques ensanglantées traînaient. Une mare de sang séché, comme une glace vue de dos qui se serait brisée là, tachait le carrelage. Au mur, l’empreinte de ses doigts sanglants.
–Monsieur le grand rabbin, lui avais-je dit, à cette même  place, permettez que mon ami Rouquayrol fasse un croquis de vous.
–Chers visiteurs, avait-il répondu, la foi de Moïse le défend, mais Ismaël Cohen ne voit plus clair, il n’en saura certainement rien ! Et il nous avait tendu sa main blanche. Sa main est là, aujourd’hui, sur le mur, toute rouge !
C’est ce que l’on appelle un mouvement national !

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Le très modéré Grand mufti de Jérusalem Amin Al Husseini grand-oncle de la non moins modérée Leila Shahid, adulée par nombre d'intellectuels et hommes politiques français !

Le très modéré Grand mufti de Jérusalem Amin Al Husseini grand-oncle de la non moins modérée Leila Shahid, adulée par nombre d'intellectuels et hommes politiques français !

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Cobut Stéphan 26/04/2016 15:31

C ' est atroce toute ces cruautés ; et cela continue encore de nos jours avec la complicité de l' occident ; c'est unbe honte .

lesselbaum Viviane 01/03/2016 18:56

Albert Londres est un grand humaniste. En 1920, il fut interpellé par la grande souffrance des Juifs de Pologne, de Tchécoslovaquie et de Hongrie.Ce regard porté sur les Juifs des pays de l'Est,attira les sarcasmes des antisémites qui le traitèrent de Juif ce qui, pour ce noble cœur le prit pour un compliment. Le 16 mai il est porté disparu dans l'incendie d'un paquebot.Il faut lire et relire son poème : "La terre promise". Ce même amour d'Israël et des Juifs nous le retrouvons dans le livre de Pearl Buck: Pivoine. "Le juif errant est arrivé" d'Albert Londres est souvent réédité en livre de poche.
Le poème:"La terre promise" est visible sur Google.
Viviane Scemama Lesselbaum

Soleil2 23/10/2015 16:01

Diffusez largement autour de vous cet article avant qu'il ne soit trop tard!!!. Envoyez-le à nos politiciens aveugles qui nous préparent des lendemains effroyables!!!

Soleil2 23/10/2015 16:00

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Soleil2 23/10/2015 15:58

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Soleil2 23/10/2015 15:28

Diffusez largement autour de vous cet article. Envoyez-le à nos politiciens aveugles qui nous préparent des lendemains effroyables.

danilette 23/10/2015 16:02

Je compte sur vous également pour aider à sa diffusion

Michel 22/10/2015 19:20

Tout le monde devrait lire ces lignes du très grand reporter comme il n'en existe plus aujourd'hui, Albert Londres !
"nous ne voulons que te couper une main", c'est encore pire aujourd'hui avec l'hypocrisie des nations du monde complices !

Marcoroz 22/10/2015 09:02

Rien n'a changé. Albert Londres aurait pu écrire la même chose aujourd'hui.

danilette 22/10/2015 19:22

Comme ça manque de n'avoir aucun reporter journaliste écrivain de son envergure et avec sa qualité d'écriture !