L’étiquetage européen, Shmuel Trigano

Publié le par danilette

L’événement du jour est bien sûr l’étiquetage par l’Union Européenne des produits israéliens venant de Judée-Samarie, du Golan et de l’est de Jérusalem. Au vu des choix de la politique européenne dans d’autres arènes, cet étiquetage est un acte discriminatoire et hostile.
L’U.E. n’a en effet jamais étiqueté les produits de la partie de l’Etat chypriote envahi et occupé par l’armée turque depuis 1974, sur 38% de son territoire. Elle n’a jamais étiqueté les produits du Sahara occidental occupé par le Maroc sur 266 000 km2

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Bien au contraire, elle a passé des accords avec les puissances occupantes : le Maroc pour la pèche dans les eaux du pays occupé et la trouble Turquie d’Erdogan qui collabore avec l’Etat islamique et se transforme en régime dictatorial mais dont elle est l’alliée.

Ce ne sont là que des cas pouvant être comparés à la situation d’Israël. Sauf que, dans les territoires qu’Israël a concédé à l’Autorité palestinienne il n’y a jamais eu auparavant d’Etat palestinien mais des territoires annexés de la Jordanie, après l’avoir été par la couronne britannique et auparavant de l’Empire ottoman.

Le traitement d’Israël est donc unique en son genre. L’argument selon lequel l’Europe, en la matière, se soucie des droits de l’homme et de la paix est quant à lui plutôt comique à l’heure où tous les présidents européens se transforment en courtiers d’affaires faisant antichambre auprès de puissances totalitaires comme la Chine, l’Iran, l’Arabie Saoudite, le Qatar.

La motivation réelle, outre le cynisme politique qui, en morigénant Israël, vise à plaire à des commanditaires arabes, est bien plus profonde, bien plus grave. Elle a à voir avec les tréfonds les plus obscurs de l’Europe dans son rapport aux Juifs. Elle a aussi à voir avec la nature du pouvoir européen en train de s’ériger sur les décombres des Etats-nations.

Cet acte discriminatoire pourrait bien être le signe annonciateur d’une mise au ban progressive de l’Etat d’Israël dont la finalité vise à l’assigner mécaniquement à la condition politique inférieure et incertaine que le concert des nations prévoit objectivement pour lui, à savoir un Etat à la souveraineté limitée.

C’est bien ce qui se trame en effet dans les faits accomplis qu’il nous a été donné de voir ces derniers temps qui, en privilégiant les Palestiniens, ignorent Israël, pourtant puissance sans laquelle tous ces actes resteront vains, si ce n’est qu’ils accentueront l’agression de ses ennemis. Ainsi en est-il de la reconnaissance d’un Etat de Palestine par le parlement français, de l’entrée à l’UNESCO de l’Autorité palestinienne, de la résolution française au Conseil de sécurité en vue d’imposer des observateurs de l’ONU sur le Mont du Temple, de l’accueil prochain du président d’un Etat qui a pour objectif la destruction d’Israël, etc.

Dans tous ces cas de figures, l’Europe fait la sourde oreille au discours raciste et djihadiste de l’Autorité palestinienne, au discours génocidaire de l’Iran. Hier l’interview du président iranien par David Pujadas sur France 2 avait quelque chose de théatral : on y est passé sans transition de l’affirmation que l’Etat d’Israël n’a pas d’existence légitime à la vente des Airbus. On fait déjà comme si Israël n’existait pas et qu’il n’était pas un Etat souverain. Comme si on se préparait à accepter tranquillement son éradication par ses ennemis.

Et pourtant, le problème n’est pas uniquement l’Europe. C’est aussi celui d’une partie du monde juif, happé dans une spirale d’autodestruction suicidaire. Le hasard a voulu qu’en même temps que ces nouvelles, je reçoive l’article du directeur d’un magazine Israélien de gauche dans lequel il se proclame sioniste pour adresser sept remerciements à l’Europe pour avoir mis en place cet étiquetage. C’est dans cette faille intérieure et la guerre qu’une partie des Israéliens mène contre d’autres Israéliens dans l’arène internationale que l’Union européenne trouve son inspiration.

L’étiquetage européen, Shmuel Trigano

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