Belgique, capitale du djihadisme européen par Soeren Kern

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Incompétence d'Etat ?

Au cours des 24 derniers mois, la Belgique a été liée à cinq attaques djihadistes. En mai 2014, un djihadiste a attaqué le musée juif de Bruxelles. En août 2015, un djihadiste lié à Molenbeek a attaqué le train Thalys Amsterdam-Paris. En janvier 2015, la police belge a opéré une descente contre un réseau de djihadistes à Verviers en Belgique. En novembre 2015, il est apparu que deux des huit djihadistes qui ont attaqué Paris résidaient à Bruxelles. Le 18 mars 2016, la police a arrêté Salah Abdeslam, un ressortissant belge, né en France, d'origine marocaine. Le 22 mars de cette année, les djihadistes ont attaqué Bruxelles.

Après les attentats de novembre 2015 à Paris, le premier ministre belge Charles Michel a déclaré : « il y a presque toujours un lien avec Molenbeek. Le problème est gigantesque. En sus de la prévention, nous devrions mettre davantage l'accent sur la répression.

Le ministre de l'Intérieur Jambon a ajouté :

« Nous ne contrôlons pas la situation à Molenbeek. Nous allons redoubler d'efforts. Françoise Schepmans, maire de Molenbeek demande de l'aide et le chef de la police locale est prêt à coopérer. Nous devons unir nos forces et nettoyer chaque centimètre carré de terrain, il y a urgence »

Les dernières attaques à Bruxelles indiquent clairement que le gouvernement belge n'a toujours pas le contrôle de la situation.

Un responsable de la lutte anti-terroriste belge a déclaré que, en raison de la petite taille de l'administration belge et du grand nombre d'investigations en cours, chaque inspecteur de police et chaque fonctionnaire attaché au renseignement militaire travaille sur des enquêtes liées au djihadisme international. Il a ajouté :

« Nous n'avons pas les effectifs pour traiter autre chose et, à franchement parler, nous ne disposons de l'infrastructure nécessaire pour enquêter correctement, surveiller des centaines de personnes suspectées de terrorisme, sans parler des centaines de dossiers et enquêtes qui demeurent pendantes. Nous vivons une situation impossible et, très franchement, la situation est grave ».

Un responsable du renseignement américain aurait déclaré que travailler avec les services de sécurité belges, revenait à travailler avec des enfants.

« Cela fait une bonne vingtaine d'années que les djihadistes infiltrent le territoire de l'Union Européenne. Et ils s'en aperçoivent maintenant. A chaque contact avec eux, chaque fois que nos enquêteurs ont eu besoin de leur collaboration, nous avons eu le sentiment de parler – pardonnez la crudité de mes mots – avec des enfants. Ils n'anticipent rien, ils ne savent pas ce qui se passe. Ils sont dans un déni généralisé. Ils sont terrifiés à l'idée de reconnaître que leur pays a été pris d'assaut ».

En Novembre 2015, le New York Times a publié une analyse acerbe de l'incompétence belge. Ainsi, un mois avant les attentats de Paris, le maire de Molenbeek Schepmans a eu entre les mains une liste avec les noms et adresses de 80 djihadistes vivant dans sa commune. La liste comprenait le nom des deux frères qui se sont illustrés le 13 novembre 2015 à Paris.

Selon le NYTimes, Schepmans a déclaré : « qu'aurais-je du faire de cette liste ? Ce n'est pas mon travail de traquer les terroristes. C'est la responsabilité de la police fédérale ». Le journal ajoute : « la police fédérale belge relève du ministre de l'intérieur Jan Jambon, un nationaliste flamand sceptique sur le droit de la Belgique – divisée entre francophones, néerlandophones et germanophones – à subsister en tant qu'Etat ».

 

Belgian soldiers and police officers on patrol Tuesday in central Brussels. Credit Benoit Tessier/Reuters

Belgian soldiers and police officers on patrol Tuesday in central Brussels. Credit Benoit Tessier/Reuters

Publié dans Terrorisme - Djihad

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