La Rafle du Vel d'hiv, 16 et 17 juillet 42 : "Tout ce que vous pouvez imaginer sera en dessous de la vérité"

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Il y a 74 ans, a eu lieu en France la Rafle du Vel' d'hiv, on a beau savoir ce qui s'est passé ça reste théorique, le film "La Rafle" a eu l'immense mérite de donner à cet évènement épouvantable de l'histoire française, une dimension humaine et émotionnelle. Je crois que trop de gens ignorent encore cette spécificité bien française : les autorités françaises sont les seules à avoir séparé les enfants de leurs parents pour les déporter, y compris des bébés et tout-petits ! Les Nazis n'avaient pas prévu au départ de déporter les enfants de moins de 16 ans, la responsabilité en incombe à Pierre Laval.

Un témoin a écrit : "les enfants jusqu'à 14 ans ne sont pas partis, c'est-à-dire de 2 jusqu'à 14 ans. Ils sont restés au camp. Les pères, les mères, les enfants partent donc chacun à part, comme si on visait exprès de partager les familles. Les trois départs ont eu lieu les 2, 5 et 8 août. Il est impossible de vous décrire les conditions dans lesquelles ces déportations ont eu lieu. On a arraché les enfants aux mères et tout ce que vous pouvez imaginer à ce sujet sera en dessous de la vérité... Je dirai avec Bialik : « La vengeance du sang d'un petit enfant, le diable ne l'a pas encore inventée ».

Léo et Albert Schreiber ont  été  arrêtés  le  16  juillet 1942.Léo et Albert Schreiber ont  été  arrêtés  le  16  juillet 1942.

Léo et Albert Schreiber ont été arrêtés le 16 juillet 1942.

Léo a fait à son père, Jules, qui a survécu, le récit de ce qui s'est passé :

Pithiviers, le 11 août1942
Cher père, je vais te raconter tout ce qui nous est arrivé depuis notre départ. D'abord, les agents qui nous ont cherchés nous ont conduits à l'école Parmentier. Puis on nous a fait attendre pour aller dans un autobus qui devait nous conduire au Vélodrome d'Hiver où nous sommes restés 5 jours. Puis on nous a traînés jusqu'à la gare d'Austerlitz pour nous mettre dans un train de bestiaux (chevaux) qui devait nous emmener à Pithiviers (Loiret) où nous nous sommes couchés sur de la paille. Nous étions toujours dans ce camp pendant deux ou trois semaines quand un trouble se mit dans le camp : on prenait des gens pour les envoyer nous ne savons où. Nous savons seulement qu'on leur a donné pour 4 jours de vivres. Au 3ème départ, maman est partie aussi. Avant de partir, on a fouillé ces personnes et maman a donné 20 F qu'elle avait dans son porte-monnaie et elle m'avait laissé le reste d'argent qui était de 3 110 F. Donc maman est partie sans emmener un sou. Sa bague de brillants, elle l'avait cachée dans sa bouche, donc elle a pu l'emmener sans se faire chiper sa bague d'alliance, on la lui a laissé car ce jour-là, jeudi 6, on ne prenait pas les bagues d'alliance. Maintenant, cher père, je vais te dire aussi qu'elle avait sur elle du papier à lettres, on le lui a pris, c'est un signe qu'elle n'a pas le droit d'écrire. Albert, tout petit qu'il est, a pleuré quand on ne l'a pas laissé passer avec maman. Il s'était mis par terre dans la cour et pleurait amèrement...

Léo a pu écrire encore une carte à son père le 20 août 1942 :

Je n'ai pu t'écrire jusqu'à présent car nous avons été envoyés de Pithiviers à Drancy, et maman, tu dois déjà le savoir, a été déportée de Pithiviers je ne sais où. J'ai eu mon anniversaire ici à Drancy. Pour venir ici, nous avons voyagé dans des trains de bestiaux où nous étions très nombreux dans un wagon.
Leur mère, Mendia, avait été déportée par le convoi n° 16. Léo et Albert l'ont suivie deux semaines plus tard exactement par le convoi n° 22 du 21 août 1942.

Lucy Brauman avait 42 ans, elle a écrit dans une lettre envoyée du camp de Pithiviers :
"Vous avez lu à 16 ans « La case de l'Oncle Tom», vous avez pleuré en pensant à ces choses horribles, la séparation des familles, l'arrachement des mères aux enfants, la transplantation d'un milieu connu dans un milieu inconnu et en vous disant que c'était  une  chose  passée, que  vous  ne  verrez  jamais. Pour  moi, Andrée, j'ai  pleuré  d'horreur, de  haine contre les lâches qui ordonnent ces horreurs, contre les lâches aussi qui les font, qui les exécutent. Ces derniers sont des Français, les uns le font avec quelques sentiments de honte, mais certains, la minorité, emploie toujours cette même brutalité qui est de bon ton avec un peuple misérable et grouillant. Il faut, Andrée, que vous racontiez à tous : ces femmes véritables folles qui hurlent (elles ont raison, il n'y a que ça qui fasse comprendre) adieu à leur enfant de 4 ans, de 10 ans, de tous les âges qu'on leur arrache.
Vous avez entendu les mugissements des vaches qu'on sépare de leur veau et cela vous a percé  le  cœur. Hier, c'était  d'un  côté  les  cris, les  crises  nerveuses  des  enfants  réclamant  leur mère, de l'autre les mères bramant leur désespoir.

Anna Lichter , 15 ans, et son demi-frère  Edouard (Doudou) Alter , 7  ans Anna Lichter , 15 ans, et son demi-frère  Edouard (Doudou) Alter , 7  ans

Anna Lichter , 15 ans, et son demi-frère Edouard (Doudou) Alter , 7 ans

Lettre d'Anna Lichter à son oncle :

Mon petit tonton chéri,
J'ai reçu les deux colis qui m'ont fait un immense plaisir. À tout le monde, on enlève les conserves et les choses avec tickets, mais j'ai donné 100 F et 4 cigarettes à celui qui fouille.
Maintenant, tu sais il m'est arrivé un grand malheur : Bassia après avoir été bien malade est partie pour une destination inconnue et ma petite maman chérie est partie dimanche. Je suis désespérée, je ne fais que pleurer, je ne peux pas m'habituer à l'absence de maman.
Maintenant ce qui m'inquiète beaucoup, c'est qu'il y a un départ mercredi et j'ai peur d'en faire partie ; alors là mon malheur sera plus terrible encore si je dois laisser mon petit Doudou chéri.
Enfin j'espère qu'il y a encore un bon Dieu et qu'il fera à ce que je reste avec mon petit frère.
Si tu ne reçois plus d'autre lettre de moi après celle-ci, je t'en supplie, essaye de faire des démarches pour prendre Doudou à Paris. J'espère que tout de même je resterai avec lui car sinon je suis sûre de tomber malade ; déjà depuis que maman est partie, je ne tiens plus debout...

Odette Daltroff-Baticle, internée à Drancy, eut à s'occuper des enfants. Libérée en 1943, elle écrivit aussitôt ces notes :

Le Capitaine Vieu, sombre brute, met en prison un adorable petit garçon de 3 ans : échappant à la surveillance de sa mère, il jouait dans la cour. Le même jour, il me met en prison, ainsi que 15 compagnes, nous avions manifesté, l'ayant surpris en train de donner des coups de pieds dans le ventre d'un vieil interné. Nous assistons aux premières déportations ; crises de nerfs des femmes se jetant par les fenêtres du 4e étage.
Il fait terriblement chaud. On nous annonce l'arrivée de 3 000 enfants sans parents, reste de la rafle du 15 juillet du Vél' d'Hiv'. On les avait mis à Pithiviers. De là, on déporte d’abord les hommes puis les femmes ; celles-ci s'arrachent à leurs enfants qui ne veulent pas les quitter. Un gendarme me raconte que ce spectacle était affreux, déchirant ; ils séparent femmes et enfants à coups de crosse ; les femmes partent croyant que la Croix-Rouge pourra s'occuper de leurs enfants. En hâte, elles cousent sur leurs vêtements leurs nom et adresse.
Vers le 1er septembre, 1 000 enfants arrivent. On recrute parmi nous des femmes de bonne volonté pour s'occuper de ces enfants. Nous sommes munies de brassards et de laissez-passer signés par la gendarmerie, qui nous donnent droit de circuler dans le camp.
Des autobus arrivent. Nous sortons des petits êtres dans un état inimaginable. Une nuée d'insectes les environnent ainsi qu'une odeur terrible. Ils ont mis des jours et des nuits pour venir de Pithiviers, wagons plombés ; 90 par wagon avec une femme, qui, en général, a 2, 3, 4 gosses à elle dans le tas.
Ils ont de 15 mois à 13 ans, leur état de saleté est indescriptible, les 3/4 sont remplis de plaies suppurantes, impétigo. Il y aurait tant à faire pour eux. Mais nous ne disposons de rien, malgré le dévouement incomparable de notre chef de camp, le commandant Kohn. Immédiatement nous organisons des douches. Pour 1 000 enfants, nous disposons de 4 serviettes ! et encore avec difficulté. Par groupe, nous emmenons ces enfants aux douches. Une fois nus, ils sont encore plus effrayants. Ils sont tous d'une maigreur terrible et vraiment presque tous ont des plaies ; il va falloir essuyer les sains avec une serviette et les autres presque toujours avec la même toute souillée. Notre cœur se serre.
Autre drame : ils ont presque tous la dysenterie. Leur linge est souillé d'une manière incroyable et leur petit baluchon ne vaut guère mieux. Leurs mamans les avaient quittés avec leurs petites affaires bien en ordre, mais il y a de cela quelques semaines et, depuis, ils sont livrés à eux-mêmes. Dans le wagon, ils ont d'ailleurs mélangé leurs affaires. Des femmes de bonne volonté se mettent à laver leurs effets, presque sans savon, à l'eau froide ; à cette époque, il fait très chaud et cela sèche vite, mais ils sont 1 000.
Très vite nous nous rendons compte que tout ce que nous essayons de faire est inutile. Dès que nous remettons à ces petits des effets un peu propres, une heure après, ils sont sales. Les médecins les examinent à tour de bras. On leur administre du Charbon, on les barbouille tous de mercurochrome. On voudrait les mettre tous à l'infirmerie, c'est impossible : ils doivent repartir vers une destination inconnue.
Lâchement, nous leur avons dit qu'ils allaient retrouver leurs parents ; et pour cela ils supporteraient tout.
Jamais nous n'oublierons les visages de ces enfants ; sans cesse, ils défilent devant mes yeux. Ils sont graves, profonds et, ceci est extraordinaire dans ces petites figures, l'horreur des jours qu'ils traversent est stigmatisée en eux. Ils ont tout compris, comme des grands. Certains ont des petits frères ou sœurs et s'en occupent admirablement, ils ont compris leurs responsabilités.
Ils nous montrent ce qu'ils ont de plus précieux : la photo de leur père et de leur maman que celle-ci leur a donnée au moment de la séparation. À la hâte, les mères ont écrit une tendre dédicace. Nous avons toutes les larmes aux yeux ; nous imaginons cet instant tragique, l'immense douleur des mères.
Ces enfants savent que, comme les adultes, ils seront impitoyablement fouillés par les gens de la police aux Questions Juives. Entre eux, ils se demandent s'ils auront la chance de conserver un petit bracelet, une petite médaille, souvenir des temps heureux. Ils savent que ces bijoux n'ont pas grande valeur, mais ils connaissent la cupidité de leurs bourreaux. Une petite fille de 5 ans me dit : "N'est-ce-pas, Madame, ils ne me la prendront pas ma médaille, c'est pas de l'or."
Dans leurs petits vêtements, les mères ont cousu 1 ou 2 billets de 1 000 F et ce petit garçon de 6 ans nous demande : "Fais le gendarme pour voir si tu découvres mon argent."
Quelquefois, la vie reprend le dessus : comme des enfants, ils jouent ; ils ont des jeux à eux : ils jouent à la Fouille, à la Déportation. [...]

Avant le départ pour le grand voyage, on passait à la tonte les hommes et les enfants des deux sexes. Cette mesure est vexatoire et agit beaucoup sur le moral des individus, particulièrement chez les enfants. Un petit garçon pleurait à chaudes larmes. Il avait environ 5 ans. Il était ravissant, des cheveux blonds bouclés, qui n'avaient jamais connu les ciseaux. Il répétait qu'il ne voulait pas qu'on lui coupe les cheveux, sa maman en était si fière, et, puisqu'on lui promettait qu'il allait la retrouver, il fallait qu'elle retrouve son petit garçon intact.

Après le départ de ces 3 000 ou 4 000 enfants sans parents, il en restait 80 vraiment trop malades pour partir avec les autres ; mais on ne pouvait les garder plus longtemps. Nous leur préparons quelques vêtements. Ils ont de 2 à 12 ans. Comme les adultes, ils sont mis dans ces escaliers de départ innommables. On laissait parqués les 1 000 personnes choisies pour le prochain départ pendant 2 ou 3 jours, isolées du reste du camp. Hommes, femmes, enfants, sur de la paille souillée rapidement...Tous gisaient sur la paille mouillée, mourants, qu'on transporte sur des civières, aveugles, etc.
Une amie et moi devions, à partir de 3 h du matin, nous occuper de ces 80 enfants, les préparer au départ, les habiller... En rentrant dans ces chambrées, il y avait de quoi se trouver mal. Je trouvais mes enfants endormis, les petits déjà infectés avec leur dysenterie. Sans lumière, je commençais à les préparer ; je ne savais pas par quel bout commencer.Vers 5 h du matin, il fallait les descendre dans la cour, pour qu'ils soient prêts à monter dans les autobus de la STCRP qui menaient les déportés à la gare du Bourget.
Impossible de les faire descendre ; ils se mirent à hurler, une vraie révolte, ils ne voulaient pas bouger. L'instinct de la conservation. On ne les mènerait pas à l'abattoir aussi facilement. Cette scène était épouvantable ; je savais qu'il n'y avait rien à faire ; coûte que coûte, on les ferait partir. En bas, on s'énervait. Les enfants ne descendaient pas. J'essayais de les prendre un par un pour les faire descendre, ils étaient déchaînés, se débattaient, hurlaient. Les plus petits étaient incapables de porter leur petit paquet. Les gendarmes sont montés et ont bien su les faire descendre. Ce spectacle en ébranla tout de même quelques-uns.
Au moment du départ, on pointait chaque déporté. Sur les 80 gosses, environ 20 ne savaient pas leur nom. Tout doucement, nous avons essayé de leur faire dire leur nom ; sans résultat. À ce moment, surgit devant moi le maître de toutes ces destinées, le sous-off allemand Heinrichsohn, 22 ans, très élégant en culotte de cheval. Il venait à chaque départ assister à ce spectacle qui, visiblement, lui procurait une immense joie.
Je ne puis oublier la voix de ce petit garçon de 4 ans, qui répétait sans arrêt sur le même ton, avec une voix grave, une voix de basse incroyable dans ce petit corps : "Maman, je vais avoir peur, Maman, je vais avoir peur"...

Des enfants juifs déportés par le régime de Vichy
Des enfants juifs déportés par le régime de Vichy
Des enfants juifs déportés par le régime de Vichy
Des enfants juifs déportés par le régime de Vichy
Des enfants juifs déportés par le régime de Vichy
Des enfants juifs déportés par le régime de Vichy
Des enfants juifs déportés par le régime de Vichy
Des enfants juifs déportés par le régime de Vichy
Des enfants juifs déportés par le régime de Vichy
Des enfants juifs déportés par le régime de Vichy

Des enfants juifs déportés par le régime de Vichy

La famille Weiller, Margot, Doris leur  père  Léopold  et  leur  mère  Florence tous déportés. Cette famille juive n'aurait-elle pas pu pourtant passer pour une pure famille allemande ? Comme le bébé "pur aryen" de la propagande nazie qui en fait était juif...!

La famille Weiller, Margot, Doris leur père Léopold et leur mère Florence tous déportés. Cette famille juive n'aurait-elle pas pu pourtant passer pour une pure famille allemande ? Comme le bébé "pur aryen" de la propagande nazie qui en fait était juif...!

Les enfants de la rafle du Vel’d’Hiv’, en provenance des camps du Loiret, arrivent à la gare du Bourget-Drancy, le 15 août 1942. Les enfants se dirigent vers la baraque de la fouille, 15 août 1942. Estampes de Georges Horan, interné à Drancy, dans son ouvrage Drancy, suivi d'une photo d'enfants prise dans la cour de Drancy !
Les enfants de la rafle du Vel’d’Hiv’, en provenance des camps du Loiret, arrivent à la gare du Bourget-Drancy, le 15 août 1942. Les enfants se dirigent vers la baraque de la fouille, 15 août 1942. Estampes de Georges Horan, interné à Drancy, dans son ouvrage Drancy, suivi d'une photo d'enfants prise dans la cour de Drancy !Les enfants de la rafle du Vel’d’Hiv’, en provenance des camps du Loiret, arrivent à la gare du Bourget-Drancy, le 15 août 1942. Les enfants se dirigent vers la baraque de la fouille, 15 août 1942. Estampes de Georges Horan, interné à Drancy, dans son ouvrage Drancy, suivi d'une photo d'enfants prise dans la cour de Drancy !

Les enfants de la rafle du Vel’d’Hiv’, en provenance des camps du Loiret, arrivent à la gare du Bourget-Drancy, le 15 août 1942. Les enfants se dirigent vers la baraque de la fouille, 15 août 1942. Estampes de Georges Horan, interné à Drancy, dans son ouvrage Drancy, suivi d'une photo d'enfants prise dans la cour de Drancy !

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madeleine 21/07/2016 18:58

Après avoir livré 80.000 Juifs dont 11.000 enfants aux nazis, la France n'a pas retenu les leçons du passé et continue d'être collabo cette fois avec les islamistes, en particulier avec le Qatar qui l'"arrose" généreusement ainsi que l'Europe, en échange d'une politique anti-israélienne. Ayrault, le ministre des affaires étrangères qui rencontre, à sa demande, des terroristes du Hamas, Hollande initiateur de la Conférence de l'Unesco où se nie le lien entre Juifs et leur terre d'Israël ! La France, ignorante de l'honneur, de la dignité. Une ordure.