Traduction du discours important du Président Trump concernant l'Iran par Jean-Pierre Bensimon

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L'Iran est revenu en tête de l'actualité à la suite du refus du président Trump de certifier la bonne exécution de l'accord nucléaire du 15 juillet 2015. Le discours prononcé à cette occasion est sans doute le plus pertinent entendu à la Maison Blanche depuis deux décennies. Alors que le président américain appelait à la collaboration des Occidentaux, l'Union européenne a adopté des positions négatives qui engagent lourdement l'avenir de la paix, en Europe y compris. Il méritait pour cela d'être mis à la disposition du public français pour une étude sur pièces. (JPB)
 
 
Mes chers concitoyens américains : en tant que Président des États-Unis, mon devoir le plus impératif est d’assurer la sécurité du peuple américain.
 
L'histoire a montré que plus on néglige une menace, plus elle s’aggrave. C'est pour cette raison que dès ma prise de fonctions, j'ai ordonné une révision intégrale de notre politique vis-à-vis du régime voyou en place en Iran. Cette révision est désormais accomplie.
 
Aujourd'hui, je suis en mesure de vous présenter notre stratégie, en même temps que plusieurs décisions majeures que nous allons prendre pour déjouer les entreprises hostiles du régime iranien et pour nous assurer qu’il n'obtiendra jamais, et je souligne jamais, un armement nucléaire.
 
Notre politique est fondée sur une évaluation lucide de la dictature iranienne, de son soutien au terrorisme et de ses agressions incessantes au Moyen-Orient et dans le monde entier.
L'Iran est contrôlé par un régime fanatique qui a pris le pouvoir en 1979. Il oblige un peuple fier à se soumettre à sa férule extrémiste. Ce régime radical s'est emparé des richesses de l'une des nations les plus anciennes et les plus dynamiques, répandant la mort, la destruction et le chaos sur toute la planète.
 
Cela a commencé en 1979, quand le régime iranien a fait intrusion illégalement dans l'ambassade américaine à Téhéran et retenu plus de 60 Américains en otage pendant les 444 jours de la crise ainsi ouverte. Le Hezbollah, un groupe terroriste soutenu par ce pays, a fait exploser des bombes à deux reprises dans notre ambassade au Liban, une première fois en 1983 et à nouveau en 1984. Un autre attentat à la bombe, inspiré par l'Iran a coûté la vie à 241 américains, des membres d'unités d’active, dans leur cantonnement de Beyrouth en 1983.
 
En 1996, le régime a pris l'initiative d'une nouvelle attaque à la bombe contre l'armée américaine présente en Arabie Saoudite, tuant 19 Américains de sang-froid.
 
Des groupes à la main de l'Iran ont entraîné des combattants, impliqués par la suite dans l'attentat contre les ambassades américaines au Kenya, en Tanzanie, et deux ans plus tard, tuant 224 personnes et en blessant plus de 4000 autres.
 
Le régime a donné refuge à de hauts responsables terroristes à la suite des attentats du 11 septembre, dont le fils d’Oussama Ben laden lui-même. En Irak et en Afghanistan les groupes au service de l'Iran ont tué des centaines de militaires américains.
 
Les actions agressives de la dictature iranienne ont continué jusqu'à aujourd'hui. Ce régime reste le premier État sponsor du terrorisme. Il  fournit  son aide à Al Qaïda, aux Talibans, au Hezbollah, au Hamas et à d'autres réseaux terroristes encore. Il développe, implante et répand des missiles qui menacent les troupes américaines et celles de nos alliés. Il harcèle les navires américains, menaçant la liberté de navigation dans le Golfe arabique et dans la Mer Rouge. Il emprisonne des Américains sous de fausses accusations. Et il lance des cyberattaques contre nos infrastructures critiques, notre système financier et notre appareil militaire.
 
Les États-Unis sont loin d'être la seule cible des campagnes longues et sanglantes lancées par la dictature iranienne. Le régime oppresse violemment ses propres citoyens ; il a tiré sur des étudiants qui manifestaient sans armes dans les rues, au cours de la Révolution Verte.
Ce régime a alimenté des violences ethniques en Irak et des guerres civiles odieuses au Yémen et en Syrie. En Syrie le régime iranien a appuyé les atrocités de Bachar al Assad et il a fermé les yeux sur son utilisation d'armes chimiques contre des citoyens sans défense. Parmi eux, beaucoup, beaucoup d'enfants.
 
Étant donné le caractère meurtrier du régime, hier comme aujourd’hui, nous ne devons pas prendre à la légère ses sinistres projets d’avenir. Un régime dont les deux slogans favoris sont « Mort à l'Amérique » et « Mort à Israël ».
 
En prenant la mesure de la gravité de la situation, les États-Unis et le Conseil de Sécurité des Nations unies ont cherché depuis de nombreuses années  à interrompre la marche de l'Iran vers l'arme nucléaire, grace à tout une gamme de sanctions économiques sévères.
 
Mais la précédente administration a abandonné ces sanctions alors que l'effondrement total du régime iranien était imminent. Elle a passé en 2015 un accord nucléaire profondément controversé avec lui. Cet accord est connu comme le Plan d'action conjoint global ou JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action).
 
Comme je l'ai dit à plusieurs reprises, l'accord iranien est l'un des pires arrangements, l’une des transactions les plus bancales, que les États-Unis aient jamais passés. La perspective biaisée qui sous-tend cet accord a été à l’origine de terribles accords commerciaux passés dans le même esprit pendant des années, au prix de plusieurs millions d'emplois sacrifiés dans notre pays au bénéfice d'autres pays. Il nous faut des négociateurs aptes à  représentater avec infiniment plus de solidité les intérêts de l'Amérique.
 
L'accord nucléaire a fourni à la dictature iranienne une planche de salut politique et économique, répondant à des besoins urgents liés à l'intense pression intérieure provoquée par le régime de sanctions. Il a aussi donné au régime iranien un ballon d'oxygène financier immédiat, plus de 100 milliards de dollars que son gouvernement a pu utiliser pour financer le terrorisme.
 
Le régime a aussi reçu des États-Unis une dotation massive en espèces de 1,7 milliards de dollars, dont une grande partie a été acheminée physiquement par avion en Iran. Imaginez le spectacle de ces montagnes de billets jetées aux mains des Iraniens qui attendaient l'argent à l'aéroport. Je me demande où tout cet argent est allé.
 
Le pire, c'est que l'accord a permis à l'Iran de poursuivre le développement de certains éléments de son programme nucléaire. Et plus important, dans quelques années, quand les plus importantes restrictions seront levées, l'Iran pourra procéder à une percée rapide vers les armes nucléaires. En d'autres termes, nous avons échangé des inspections incertaines contre un simple ralentissement de la marche de l'Iran vers les armes nucléaires.
 
Quel est le but d’un accord de cette nature, si ce n’est au mieux d’obtenir un bref délai avant que l’Iran ne dispose de capacités nucléaires ? En tant que Président des États-Unis, je considère que c'est inacceptable. Les autres pays calculent des durées de l'ordre de 100 ans, pas seulement des reports de quelques années.
 
Du point de vue des États-Unis, l'aspect le plus déplaisant  de l'accord, c'est que tout cet argent a été versé d'avance, ce qui est sans précédent. Il aurait fallu des versements en fin d’exécution, en fonction de la conformité de l’action avec les dispositions prévues. Mais ce qui est fait est fait, et c'est pour cela que nous en sommes là.
 
Le régime iranien a commis de multiples violations de l'accord. Par exemple, en deux occasions différentes, il a dépassé la limite fixée à 130 tonnes métriques pour l’eau lourde. Jusque récemment, le régime iranien n'a pas répondu à nos interrogations sur ses opérations concernant les centrifugeuses de technologie avancée.
 
Le régime iranien a aussi joué l'intimidation avec les inspecteurs internationaux, récusant leur pleine autorité sur les inspections, telle que l'accord la prévoit.
 
Les responsables iraniens et leurs chefs militaires ont affirmé à plusieurs reprises qu'ils ne permettraient pas l'inspection des sites militaires, même si la communauté internationale soupçonne certains d'entre eux de contribuer au programme clandestin d'armement atomique de l'Iran.
 
Par ailleurs, de nombreux spécialistes pensent que l'Iran collabore avec la Corée du Nord. Je vais donner l'ordre à nos agences de renseignements de procéder à une analyse minutieuse et d’étendre leurs investigations au-delà de ce que nous avons déjà obtenu.
Selon ses propres termes, l'accord iranien était supposé contribuer à « la paix et la sécurité régionale et internationale. » Cependant, alors que les États-Unis exécutent leurs obligations, le régime iranien continue d'alimenter les conflits, le terrorisme, et les troubles au Moyen-Orient et au-delà. Ce qui est important, c'est que l'Iran ne se conforme pas à l'esprit de l'accord.
 
Ainsi aujourd'hui, en prenant en compte la menace croissante posée par l'Iran, et après des consultations intensives avec nos alliés, j'annonce la mise en place d'une nouvelle stratégie pour traiter les divers agissements destructifs de l'Iran.
 
D’abord, nous travaillons avec nos alliés pour mettre en échec les activités déstabilisatrices du régime et son soutien à des groupes terroristes supplétifs dans la région.
En second, nous allons mettre en place des sanctions additionnelles contre le régime pour l'empêcher de financer le terrorisme.
 
En troisième, nous traiterons la question de la prolifération des missiles et des armements imputable au régime, menaçant ainsi ses voisins, le commerce international, et la liberté de navigation.
 
Et enfin, nous lui interdirons toutes les voies d’accès aboutissant à l'arme nucléaire.
Aujourd'hui, j'annonce aussi plusieurs décisions majeures de mon administration, en application de cette stratégie.
 
La mise en oeuvre de notre stratégie commence par des sanctions qui auraient dû être prises depuis longtemps contre le Corps des Gardes de la Révolution islamique d'Iran. Les Gardes de la Révolution sont une force terroriste corrompue et une milice au service personnel du Guide Suprême iranien. Ils se sont annexé une grande partie de l'économie iranienne et ils ont mis la main sur d'importantes dotations d'origine religieuse pour financer le terrorisme et la guerre à l'étranger. À ce titre, ils ont armé le dictateur syrien, ils ont fourni à leurs supplétifs et à leurs partenaires des missiles et des armes pour attaquer les civils dans la région. Ils ont même ourdi un complot pour faire exploser des bombes dans un restaurant populaire, ici même, à Washington.
 
J'ai autorisé le Département du Trésor à mettre sous sanctions la totalité du corps des Gardes de la Révolution islamique pour son soutien au terrorisme. Elles seront applicables à ses responsables, à ses agents et à ses partenaires. Je lance un appel pressant à nos alliés pour qu'ils se joignent à nous en adoptant des mesures fortes pour enrayer le comportement toujours dangereux et déstabilisateur de ce pays. Il faut y inclure des sanctions qui dépassent le périmètre de l'accord nucléaire pour cibler le programme de missiles balistiques, le soutien au terrorisme et toutes les activités destructrices qui sont innombrables.
 
Venons-en enfin à la question préoccupante du programme nucléaire de l'Iran. Depuis la signature de l'accord nucléaire, les graves agressions du régime n'ont fait que se multiplier. Dans le même temps, il a bénéficié d'une levée massive de sanctions et il a poursuivi le développement de son programme de missiles. L'Iran a aussi passé des contrats d'affaires lucratifs grâce à certaines dispositions de l'accord.
 
En 2015, quand l'accord a été finalisé, le Congrès a voté une loi, la Loi de Suivi de l’Accord Nucléaire (Iran Nuclear Agreement Review Act), pour s'assurer de faire entendre sa voix concernant cet accord. Entre autres conditions, la loi de suivi prévoit que le Président ou son représentant certifie que la suspension des sanctions prévues par l'accord est «appropriée et proportionnelle» à l’exécution des obligations par l'autre partie, et aux mesures complémentaires arrêtées par l'Iran pour mettre un terme à son programme nucléaire illicite. Sur la base du bilan factuel que j'ai présenté, j'annonce aujourd'hui que je ne peux ni ne veux attribuer cette certification.
 
Nous ne voulons pas continuer à suivre une voie sans issue qui nous mènerait probablement à plus de violence, à plus de terrorisme, et à la menace réelle d'une percée nucléaire de l'Iran.
 
C'est pourquoi j'ai demandé à mon administration de travailler en collaboration étroite avec le Congrès et avec nos alliés nous pour remédier aux insuffisances nombreuses et graves de l'accord, de façon que le régime iranien ne puisse jamais menacer le monde avec des armes nucléaires. Ce travail porte aussi sur les clauses finales de l'accord. En à peine quelques années elles annuleraient les principales restrictions imposées au programme nucléaire iranien.
 
Une prise en compte insuffisante et un silence presque total sur les programmes de missiles de l'Iran sont l’une des lacunes de l'accord. Le Congrès a déjà commencé à travailler sur ce problème. Les responsables clé de la Chambre des Représentants et du Sénat sont en train de rédiger des textes permettant d'amender la loi sur le Suivi de l'Accord Nucléaire pour renforcer les dispositions interdisant à l'Iran de développer un missile intercontinental et qui rendraient permanentes, en droit américain, toutes les restrictions imposées aux activités nucléaires iraniennes. Très important. Je soutiens ces initiatives.
 
Cependant, si nous ne sommes pas capables de trouver une solution en travaillant avec le Congrès et nos alliés, l'accord sera dénoncé. Il est sous surveillance permanente et notre participation peut être interrompue à tout moment par mes soins, en tant que Président.
 
Comme nous l'avons vu avec la Corée du Nord, plus on ignore une menace, plus cette menace s'aggrave. C'est pourquoi nous sommes déterminés à ce que le principal sponsor du terrorisme dans le monde n'obtienne jamais des armes nucléaires.
 
Dans ce combat, nous sommes totalement solidaires de la victime qui a subi les souffrances des plus durables du fait du régime iranien, à savoir son propre peuple. Les citoyens d'Iran ont payé d’un prix élevé la violence et l’extrémisme de leurs dirigeants. Le peuple iranien est fondé à juste raison, de s'enorgueillir de son histoire, de sa culture, de sa civilisation et de sa coopération avec ses voisins.
 
Nous espérons que ces nouvelles mesures dirigées contre la dictature iranienne contraindront son gouvernement à revoir ses pratiques terroristes, exercées aux dépens de son peuple.
 
Nous espérons que nos actions d'aujourd'hui contribueront à la paix dans l'avenir, à la stabilité et à la prospérité au Moyen-Orient, un avenir où des nations souveraines se respecteront et respecteront leurs propres citoyens.
 
Nous prions pour un avenir ou de jeunes enfants, américains et iraniens, musulmans, chrétiens et juifs, pourront grandir dans un monde débarrassé de la violence, de la haine, et du terrorisme.
 
Et en attendant la venue de ces jours bénis,  nous devons faire notre devoir pour préserver l'Amérique.
 
Merci, que Dieu vous bénisse, et que Dieu bénisse l'Amérique.
 
Merci.
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Date : le 13 octobre 2017, prononcé à la Maison Blanche
 
Traduction : Jean-pierre Bensimon
 
 

Publié dans Jean-Pierre Bensimon, USA, Iran

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Commenter cet article

Lydia 22/10/2017 12:01

C'est un beau discours ! Dommage que si peu de medias l'aient diffusé. Ceux qui en ont parlé l'ont fait en le caricaturant et le moquant honteusement comme un "affront" à l'Iran...

danilette's 22/10/2017 15:25

C'est bien vrai !