A propos de l'avant-poste Migron, analyse de Giulio Meotti

Publié le par danilette

Par Giulio Meotti

Adaptation française: Hanna pour Israël-Chroniques-En-Ligne

 

Chaque avant-poste est un rappel à la mémoire de ceux qui ont donné leur vie pour la terre qu’ils aiment.

 

 

La Cour suprême israélienne a ordonné le « démantèlement » d’une ville juive et ses habitants ont été arrachés de leurs foyers.

 

Mardi, la Cour a ordonné la destruction de Migron - à droite de l‘autoroute 60 - pour mars 2012. Migron a l'électricité, dispose de routes et d‘un réseau d‘évacuation des eaux usées; toutes ses caravanes sont entourées de pelouses et de parterres de fleurs parsemés de jouets d’enfants.

 

Il y a de cela quelques années les seuls signes de civilisation au sommet de cette colline désertique étaient une antenne de téléphone cellulaire et un hangar d'entretien. Les allégations selon lesquelles Migron est construite sur « des terres privées palestiniennes » ont été contestées pour des motifs juridiques, car cette terre était sous la juridiction du «Gardien des Biens des Absents », un organisme gouvernemental (fondé par son prédécesseur britannique) créé pour gérer les terres qui ont été « abandonnées, inhabitées et non réclamées ». Le tribunal a réclamé la terre qui était morcelée et allouée à divers destinataires par la Jordanie.

 

Lors de la première construction il y a de cela une décennie, Migron a obtenu le soutien de Tsahal et de nombreux organismes gouvernementaux en raison de son emplacement stratégique - surplombant l’autoroute 60. Nul ne s’y est opposé ! En 2002, les infrastructures et les bâtiments ont été homologués au plus haut niveaux, par le Bureau du Premier ministre et le Ministère de la Défense. Plus de 50 familles y vivent actuellement.

 

Quelques jours auparavant, Migron avait bénéficié de l’appui du Président de la Knesset, Reuven Rivlin, qui avait convié le gouvernement, lors d’une séance plénière, à autoriser la communauté.

 

La Paix Maintenant et d'autres ONG ont recensé les Arabes qui prétendaient posséder des terres dans la région de Migron et ont exprimé leurs soutiens à leurs stratégies juridiques. Mais leurs documents n’ont jamais été vérifiés.

 

Migron, c’est l'histoire des avant-postes juifs situés le long des points d'observation revendiqués par les militaires pour « des raisons de sécurité », dans les limites des terres privées saisies par Israël pour la construction de nouvelles rocades pour contourner les implantations, dans les vastes étendues de « terres domaniales » revendiquée par Israël après la Guerre des Six Jours, ou sur des terres privées achetées aux Palestiniens.

 

Si la propriété peut être contestée devant les tribunaux, le nombre de Juifs morts est malheureusement bien connu. En 2003, Raanan Gissin, un haut Conseiller aux gouvernements israéliens, a affirmé que presque tous les avant-postes étaient un dispositif de défense nécessaire et une réponse légitime aux centaines de citoyens juifs tués.

 

La mémoire de tous ceux qui payèrent de leur vie est presque partout dans les collines. L'avant-poste de Mitzpe Danny est nommée ainsi en mémoire de Danny Frei, qui a été tué par un terroriste en 1995.

 

Beit Haggai, dans les collines d'Hébron a été fondée par une poignée d'étudiants d’un établissement religieux juif et leurs familles en 1984. Ils ont simplement mis en place des résidences mobiles sur les sommets jumeaux de la colline, au sud d'Hébron, et ont nommé leur communauté avec un acronyme des noms des trois amis qui avaient été tués à Hébron en 1980. Il n'y a pas de clôture ou de mur autour de Beit Haggai. Dans la synagogue, les jeunes gens réservistes, parmi eux il y a de nombreux commandants, affichent leur confiance en soi. Leurs visages sévères respirent le calme intérieur. Il y a des livres de Psaume sur les tables, les armes sont à proximité.

 

Sara Klein vit dans l'avant-poste Hayovel près d’Eli. Elle est l'épouse de Roi Klein, qui s'est jeté sur une grenade pendant la guerre au Liban pour protéger ses soldats. Dans les dernières secondes de sa vie, Roi trouva la force de clamer le Shema Yisrael, la prière dite pour les victimes juives à travers les générations. Une plaque en pierre décrivant son héroïsme se situe à l'avant-poste Yovel, devant un parc construit avec les dons provenant des États-Unis.

 

A l’avant-poste, à part la famille Klein, s’y trouvait également la maison d’Avi Wolanski et de sa femme, Avital, qui était à un stade avancé de sa grossesse, lorsque tous deux ont été tués par un tireur palestinien alors que leur voiture approchait du village.

 

En-dessous d’Eli, on emprunte un étroit passage d’où un tireur d'élite arabe a éliminé dix Israéliens, un par un, avec un vieux fusil.

 

Maale Rehavam est appelée ainsi en mémoire du Ministre, Rehavam Zeevi, tué par des terroristes arabes.

 

Carmei Tsour a été nommé ainsi après qu’une mère et son enfant ont été abattus en 1996.

 

L'avant-poste d’Aryeh porte le nom d’une des victime de la famille Fogel d‘Itamar.

 

L’avant-poste de Yad Yair porte le nom de Yair Mendelson, qui a été tué au cours de la première Intifada.

 

Une semaine après que Meir Chai ait été abattu en décembre 2009, des centaines de résidents ont mis en place un nouvel avant-poste sur une colline surplombant le site où a eu lieu l'assassinat, et ont bâti un « Centre régional d’étude de la Torah » dédié à Chai.

 

Daniel Bin-Nun a construit un avant-poste de ses propres mains à la mémoire d'Harel, son frère qui a été tué.

 

Mitzpeh Shabo a été nommée ainsi après qu’une famille entière d’Itamar ait été abattue au cours de la deuxième Intifada.

 

Le Rabbin Netanel Ozeri et sa famille, comprenant cinq enfants, dégustaient le repas du Shabbat avec des amis dans leur maison sur la colline extérieure à Hébron, lorsqu‘il a été tué.

 

L’avant-poste de Rachelim a bénéficié du statut permanent après que Zvi Klein ait été tué en traversant une ville voisine arabe.

 

Havat Gilad est un avant-poste nommé ainsi après que Gilad Zar ait été abattu au travers du pare-brise de sa voiture. Gilad avait refusé de conduire avec un gilet pare-balles et avait refusé l'offre de l'armée lui proposant une voiture blindée, disant qu'il n'était pas juste qu’il puisse en bénéficier alors que d’autres Juifs pas.

 

David Druck a enterré son épouse Rachel immédiatement après la « conférence de paix » de Madrid (1991). Shevut Rachel, «le Retour de Rachel », est nommé ainsi après que cette jeune mère ait été assassinée par des terroristes. « Vous pouvez changer de maison », a fait remarqué David. « Une tombe, vous n’en changez pas ». Ceci est ma réponse aux tueurs ».

 

Quand Israël a démoli le bloc d’implantation de Yamit dans le Sinaï en 1982 suite à l’accord de paix avec l'Egypte, il n'y avait aucunes tombes à déplacer. Mais la relocalisation du cimetière du Gush Katif a été un des moments les plus difficile du « désengagement ». Les morts et les mémoriaux dans les avant-postes sont les testaments silencieux à la revendication juive sur la terre. Au sommet des collines, une tombe juive est plus éloquente qu’un recours en justice.

Contrat Creative Commons

Publié dans Giulio Meotti

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Cat Ola Hadacha 09/09/2011 15:09



Merci de tout coeur pour ton mot, oui je contribue occasionnellement sur les blogs d'Aschkel et Gad, mais je vais te pondre un petit topo sur cette malheuseuse affaire de Migron, ils ont
finalement été virés cette semaine, tu as vu...et 13 jeeps sabotées, 13, qui dit mieux? Bon je ne sais pas ce que tu en penses, mais si on commence à se tirer dans les pattes entre juifs,
on est mal !


Donc merci de m'honorer d'une semblable proposition, et permets moi de te redire ici tout le bien que je pense de cet excellent blog, bien documenté, varié dans les points de vue, bourré
d'articles stimulants et d'excellente facture! Une vraie mine d'or! Merci d'exister, et shabbat shalom.



danilette 09/09/2011 16:45



Merci beaucoup, j'attends ton article ! Shabbat Shalom !



Cat Ola Hadacha 31/08/2011 16:36



Yamit, le sud Liban, le Goush Katif...


Que d'erreurs! Nous devons cesser d'évacuer, cesser de livrer la terre juive à l'appétit insatiable de l'ogre islamiste. De toute façon, il veut tout. Il n'en aura jamais assez.


Constituons-nous immédiatement partie civile, engageons une action en justice pour Migron, et si cela ne suffit pas, plantons des milliers de tentes...à côté des caravanes des "colons": soutenons
nos frères juifs menacés d'expulsion, un Goush Katif, ça suffit.


Toutes les bonnes idées sont les bienvenues, il nous reste qq mois avant l'échéance, appelez-moi:


Cat Ola Hadacha 052 43 158 28



danilette 01/09/2011 23:16



Chère Cat, si tu as envie d'écrire quelque chose, mon blog t'est ouvert à moins que tu aies un autre endroit où poster (faceBouc, twiter, un blog que sais-je)