Affaire du quartier de la Oulpena, Yéochoua Sultan

Publié le par danilette

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06 Juin 2012 Yéochoua Sultan*

implantation

 

A titre de rappel, pour cette affaire qui accapare la une de tous les médias israéliens depuis une dizaine de jours et qui ne suscite par contre aucun intérêt auprès de la presse francophone, un habitant de Doura el Kara, en se fondant sur un ancien droit féodal ottoman

prorogé par la Jordanie, qui a renoncé à toute prétention de propriété en 1988 sur la Judée-Samarie, s'est rendu chez le terroriste Mahmoud Abbas de Ramallah et a prétendu que le terrain sur lequel se trouvent 5 immeubles du village de Bet-El lui appartiendrait.

Faisant fi du tribunal d'instance, la plainte a été déposée directement à la Cour suprême, qui s'est empressée de valider le document et d'exiger la destruction, au nom de la loi, des cinq immeubles où logent 30 familles avec leurs jeunes enfants, au profit d'un seul propriétaire terrien.

Il serait superflu de signaler que le revendicateur n'a jamais de près ou de loin habité ce terrain, pas plus qu'il ne l'a exploité ou loué.

A priori, rien d'effrayant à cela! Le Premier ministre lui-même n'est-il pas le chef du Likoud, qui prône le développement durable et l'expansion du peuple d'Israël enfin revenu sur sa terre après un long et terrible exil?

Ce ne serait certainement pas l'homme qui se mettrait à faire valoir une loi obsolète de pays qui ne sont plus là depuis belle lurette. Essayez donc de revendiquer une propriété dans la banlieue d'Oran, même avec des documents français authentiques!

Toujours a priori, le Premier ministre dispose du pouvoir d'annuler un tel acte de propriété, et de changer les terrains en propriété d'Etat. S'il se montre complaisant envers le revendicateur, il peut aussi lui attribuer un terrain de remplacement ou de l'argent.

En principe, l'Etat est là pour vous défendre.

Imaginez que vous habitiez aux Ulis ou à Aubervilliers, dans un HLM ou un appartement en copropriété, et qu'un personnage frappe un beau matin à votre porte, vous mette sous le nez un acte de propriété, et vous demande, ainsi qu'à tous vos voisins, de prendre vos cliques et vos claques, le terrain où a été bâti votre quartier n'étant autre que le domaine de son arrière-arrière-grand-père.

Un tel cauchemar serait peu probable, car la Révolution a compris que pour mettre en pratique tous les principes humains qu'elle défendait, il fallait commencer par abroger les prérogatives seigneuriales et elle a donc annuler les droits féodaux le 4 août, moins d'un mois après la prise de la Bastille.

En supposant que le terrain de Vélizy ou Juvisy ait échappé à la vigilance de la loi du 4 août, il serait impensable que le tribunal ou le gouvernement viennent vous chasser à coup de triques et vous jeter dehors.

C'est ce que se sont dits les habitants du quartier de la Oulpena, à Bet-El. Ces papiers sont faux, se sont-ils dits dans un premier temps, et même s'ils sont authentiques, ils sont caduques, ou alors on pourra trouver un arrangement, les autorités proposeront un échange.

Et puis, tout le monde voit bien qu'il n'a rien à faire de ce terrain, alors que les travaux de terrassement ont été entamés il y a plus de dix ans. Quoique perplexes, ils ont osé penser que tout allait s'arranger.

Mais il ne faut pas oublier que, politiquement, l'extrême-gauche n'ayant plus aucune chance d'être élue démocratiquement depuis que leur supercherie a été dévoilée au grand jour, les concessions n'ayant semé que la mort et la désolation au lieu d'apporter la tranquillité et "la fin de cent ans de guerre", elle s'est tournée vers le système juridique qu'elle a pris d'assaut, demandant des comptes au pouvoir désigné par le peuple.

D'ailleurs, les extrémistes de gauche ne parlent plus du tout de territoires contre la paix. La demande virulente et avide de destruction et d'expulsions de Juifs trop fidèles à l'idéal religieux et prophétique du rétablissement des Juifs sur leur terre en un Etat prospère, indépendant et jouissant d'une pleine sécurité pour leur goût, a été adressée au Parquet, qui s'est empressé à son tour de donner raison au droit Ottoman, au Fatah et à la Cour, en exigeant la destruction des maisons.

Face à ces développements, un projet de loi a été élaboré. Il stipule que toute construction sur un terrain non habité et non exploité, et surtout non revendiqué dans les quatre années qui suivent l'installation d'habitants, ne pourra faire l'objet d'aucune revendication ultérieure.

On aurait pu penser logiquement qu'un tel projet eût été promu par le Likoud, vue la ligne qu'il défend, et vues toutes les promesses à répétition de Netanyahou.

Or, il n'en est rien. Netanyahou s'y oppose farouchement, et après avoir laissé entendre qu'il laisserait aux ministres le droit d'approuver ou non le projet, il les a menacés de leur supprimer leur poste s'ils osent voter pour.

Les courageux démocrates qui ont affirmé dans un premier temps qu'ils soutiendraient le projet qui occupe ce mercredi 6 juin 2012 la séance plénière de la Knesset, à très peu d'exceptions près.

Mais comment s'y prend Netanyahou pour convaincre tous ceux qui sont fidèles à une idéologie et une ligne de conduite, et qui veulent défendre les droits humanitaires les plus élémentaires du peuple juif? En faisant encore une fois des promesses.

Il vient d'annoncer qu'il prendra la direction d'une commission spéciale pour la construction en Judée-Samarie, étant donné que tous les projets sont systématiquement bloqués par son alter ego Barak qu'il a sauvé de l'anéantissement politique en le nommant ministre de la Défense, qu'il a conservé quand il ne s'est plus retrouvé qu'à la tête d'un petit parti de cinq députés, et auquel il a évité momentanément la déconfiture totale en repoussant les élections.

De plus, il vient de promettre qu'en dehors non pas de la destruction mais du transfert des appartements qui seront "découpés avec une scie inédite venue de Hollande tout spécialement, et remontés sur un terrain appartenant à l'armée", il ferait construire 300 unités de logements en plus sur ce même terrain militaire.

De son côté, il joue celui qui n'a pas le choix, et qui doit se plier aux exigences de la Cour suprême, ne pouvant se placer au-dessus de la loi.

Mais quel crédit accorder aux promesses de Netanyahou, qui en dépit des idées qu'il défend très bien – il fallait voir le merveilleux discours qu'il a prononcé à la yéchiva de Mercaz HaRav le jour de la Réunification de Jérusalem, quand il ne parlait pas seulement au nom des Israéliens présents, mais aussi de quatre mille ans de générations qui n'ont cessé de porter leurs espoirs etc. etc. – fait exactement le contraire de ce qu'il promet?

Les dix mois de gel de la construction ont consisté en une politique restrictive sans précédent, aucun Premier ministre n'ayant jamais capitulé devant les exigences américaines en ce qui concerne Jérusalem.

Lui-même, lors de son précédent mandat, avait finalement permis la construction du quartier d'Har Homa, malgré les projecteurs hostiles braqués sur les travaux de terrassement, sans compter le développement intensif des quartiers de Pisgat Zéev et de Néwé Ya'acov qui, à la même époque, étaient passé inaperçu.

Même Olmert avait répondu au président américain de service qu'il ne pouvait pas empêcher la construction à Ma'alé Adoumim.

Le public réagit, une marche qui a commencé lundi sur le quartier de la Oulpena a rassemblé plus de mille personnes (une cinquantaine à 11h, heure officielle, la foule s'étant renforcée dans la demi-heure suivante). Elle a emprunté la route principale qui mène à Jérusalem et s'est arrêtée à Guivat Assaf, quartier juif qui n'a toujours pas obtenu d'autorisations officielles pour des constructions en dur.

Aujourd'hui, elle s'est poursuivie jusqu'à la Knesset, où les débats se sont faits moins houleux depuis le revirement des ministres qui devaient approuver la "loi des arrangements" ou au pire s'abstenir.

Une grève de la faim se tient depuis dix jours dans le quartier des ministères, à l'angle du boulevard Rabin et de la rue Zusman.

Elle a été initiée par un habitant d'Amona, près d'Ofra. Sa maison et huit autres avaient été détruites avec une violence inouïe voici six ans par le gouvernement Olmert.

Il a déclaré que cette destruction n'était que l'effet de la haine gratuite, neuf amas de poussières et de ruines se trouvant toujours à la place de ces maisons.

A Bet-El, un campement s'organise pour la résistance passive, en dépit des risques de violence policière qui ne seront hélas pas condamnées par la communauté internationale.

 

*Yeoshua Sultan est journaliste du site "Israel7".

Oulpena: les résultats du vote

Comme nous venons de vous l'indiquer, les tractations politiques du Premier ministre ont empêché l'entérinement de la loi destinée à sauver les cinq immeubles du quartier de la Oulpena. Elle a été rejetée par 69 voix contre 22.

Le ministre Edelstein, qui devait voter en faveur de la loi, s'est absenté après une promesse obtenue du Premier ministre, ainsi que le vice-ministre Ayoub Kara. Les ministres de Shass se sont absentés, de même qu'Ouzi Landau, Daniel Herskovits, Israël Katz, Silvan Shalom, et le vice-ministre Ya'acov Listman.

Publié dans Israël

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