Alexandre del Valle analyse 20 ans de "jihad juridique"

Publié le par danilette

Tensions sur le droit au blasphème : voit-on assez le méthodique jihad juridique engagé depuis plus de 20 ans ?    
 alexandre-del-valle-copie-1.JPG photo prise sur http://blog.alexandredelvalle.com/ 
 
Analyse en deux parties, extraits de la 2ème partie : 

[...] Les principaux Etats partisans de la pénalisation de l’islamophobie au sein de l’OCI sont les plus christianophobes ou les plus intolérants : Arabie saoudite, Soudan, Pakistan ou Turquie (candidate à l’entrée dans l’UE mais niant toujours le génocide d’un million et demi de chrétiens arméniens et araméens...) Rappelons qu’à l’intérieur de l’OCI et du Conseil de Droits de l’Homme de l’ONU (CDH), le plus virulent promoteur de la pénalisation de l’islamophobie, le Pakistan, persécute officiellement ses minorités à travers un Code pénal qui condamne à mort les "blasphémateurs" ou les prosélytes chrétiens qui "insultent l’islam". [...]
Même "deux poids, deux mesures" au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, où l’"islamophobie" de l’Occident est officiellement condamnée, alors que les persécutions des chrétiens et des autres minorités au Pakistan, en Arabie saoudite, au Soudan, au Nigeria ou en Egypte sont systématiquement niées avec la complicité des pays occidentaux qui n’interviennent dans ces instances que pour sanctionner les pays (en général pro-Russes et pro-Chinois ou pro-Iraniens) qui menacent leurs intérêts stratégiques et pétroliers, et qui épargnent toujours les monarchies esclavagistes sunnites "alliées" du Golfe ou du Pakistan qui persécutent les chrétiens et les chiites... [...]
Le "Processus d’Istanbul"à l’assaut de la liberté d’expression
[...] Cette "Conférence d’Istanbul" appelait à interdire toute critique de l’islam sous le prétexte de combattre "l’intolérance contre les religions". Elle permit de faire avancer de façon nouvelle la notion de "diffamation des religions" appliquée aux Droits de l’homme.[...]
Or ce concept très dangereux, qui nous ramène à l’actualité des caricatures de Mahomet et du film anti-islam, repose sur une formidable inversion des responsabilités : il ne rend pas les fanatiques responsables des violences mais les caricaturistes eux-mêmes, accusés de "provoquer" les réactions violentes des islamistes, simples "conséquences" de l’islamophobie, d’où l’impératif de la punir légalement. [...]  
Les démocraties du monde entier doivent refuser toute forme de limitation ou de pénalisation du droit d’expression, y compris celui de critiquer les religions, même les plus "susceptibles". Car certains principes universels ne sont ni négociables ni "adaptables" en fonction des cultures religieuses, ou alors il faudrait admettre le sacrifice humain, l’esclavagisme ou l’infériorité des sous-castes sous prétexte qu’ils sont permis dans certaines religions. Il convient donc de retourner contre les fanatiques les mêmes armes redoutables qu’ils utilisent pour accabler les démocraties laïques, en rappelant notamment que nombre de pays de l’OCI persécutent ou tuent les non-musulmans, les musulmans libéraux et les incroyants en toute impunité. Les démocraties occidentales, de culture judéo-chrétienne, doivent agir elles-aussi au sein des Nations unies afin de dénoncer l’accusation-miroir de l’OCI qui reproche "l’islamophobie" de l’Occident mais cautionne la christianophobie islamique légitimée par les "lois anti-blasphème" ou "anti-prosélytisme".
La triste réalité est que l’islamisme radical antioccidental, tel que conçu et diffusé jusque dans les banlieues européennes par les prédicateurs salafistes formés dans des pays soi-disant "alliés"(Pakistan, Arabie saoudite, etc), est le système de haine globale le plus combattif et efficace, l’idéologie totalitaire antisémite et christianophobe la plus en vogue. Partout, ce "fascisme vert" anti-occidental progresse grâce à la peur qu’il suscite et à la violence qu’il déploie. Et ceci doit hélas beaucoup aux médias occidentaux qui font plus d’audimat avec les barbus fanatiques qu’avec des musulmans libéraux... Or, d’évidence, les premières victimes de ce "fascisme religieux" sont les minorités et les musulmans modérés, qui vivent sous la menace et la terreur permanentes. [...]

Publié dans Terrorisme - Djihad

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