Audition d'un témoin dans l'Affaire des Moines de Tibéhirine

Publié le par danilette

Repris du site ECHO DU PAYS, lire l'analyse de Nobeline sur le site

http://echodupays.kazeo.com/ACTUALITE-POLITIQUE-II/LA-FRANCE-TOUJOURS-COMPLICE-DE-L-ALGERIE,a2065269.html


1) Article de France-Soir : 
Moines de Tibéhirine - Un témoin clé accuse l’armée algérienne

La recherche de la vérité ignore les frontières. Ce matin, le juge antiterroriste Marc Trévidic s’envole vers Amsterdam. Où un protocole spécial a été établi en secret avec les autorités néerlandaises. L’objectif : entendre enfin l’ex-militaire algérien Abdelkader Tigha. Un témoin clé dans une enquête longtemps muselée par la raison d’Etat. Plus d’une centaine de questions ont été préalablement envoyées aux Pays-Bas. Le juge Trévidic les posera au témoin. C’est un magistrat néerlandais qui fera office de traducteur.

« Si Tigha parle et confirme en détail ce qu’il dit savoir, avoir vu et entendu, alors ce sera un élément crucial vers la piste d’une implication directe des autorités algériennes », explique Me Patrick Beaudoin, avocat des parties civiles, qui n’a eu de cesse de multiplier les demandes officielles d’audition depuis l’ouverture de l’enquête.

Car l’ex-adjudant de la Direction du renseignement et de la sécurité (DRS) algérien est un témoin unique en son genre. Il désigne avec force détails l’armée et le pouvoir algériens comme étant les commanditaires de l’enlèvement, le 26 mars 1996, des sept moines trappistes, séquestrés pendant deux mois avant d’être décapités. Selon sa version, les militaires y ont participé directement, aux fins de monter une opération de manipulation des Groupes islamiques armés (GIA) qui a mal tourné et abouti au massacre des sept religieux de Tibéhirine. L’homme ne parle pas en l’air. Il était un agent opérationnel du centre de renseignement et de recherche de Blida, une ville située au nord de l’Algérie. Là où tout s’est décidé, là où il dit avoir vu passer les ordres, puis les moines le soir de leur enlèvement, et même les terroristes des GIA infiltrés par le pouvoir venir « récupérer » ceux qu’on ne reverra jamais vivants.

En 1999, Abdelkader Tigha décide de déserter. Et d’emporter, dans un grand périple rocambolesque, les secrets qu’il détient. Il passe en Tunisie, puis gagne la Syrie, où il prend contact avec l’ambassade de France. Le marché proposé est clair : il révèle tout ce qu’il sait sur l’affaire des moines, le fonctionnement des GIA et du renseignement algérien. En échange, il réclame la protection et l’asile politique à la France. lire la suite

2) Uncovering Algeria's civil war article de Aljazeera

Traduit de l'anglais avec la collaboration de Google

La contestation du récit dominant sur la guerre civile brutale de l'Algérie n'a jamais été une tâche facile. Mais une enquête dans l’exécution des sept moines français, au milieu du conflit, fournit une occasion rare de creuser plus loin dans les allégations que les services secrets du pays ont délibérément favorisés [pour justifier] la descente dans la violence.

Les frères Christian, Luc, Christophe, Michel, Célestin, Paul et Bruno ont été enlevés par un groupe d'hommes armés dans leur monastère Cistercien de Tibéhirine, en Algérie, dans la nuit du 26 au 27 mars 1996. Deux mois plus tard, ils étaient morts. Seules leurs têtes ont été trouvées.

La version des autorités tant françaises qu'algériennes est que le Groupe Islamiste Armé (GIA), un groupe auquel on attribue les actes les plus violents des années 1990, les a décapités dans un acte de représailles contre la France qui n’a pas accepté leurs exigences.

Une deuxième théorie a connu un regain en 2009, après que François Buchwalter, général français à la retraite, ait révélé publiquement sa version accablante des événements : l'armée algérienne aurait tué les moines de Tibéhirine, par erreur, pendant un raid lancé sur le camp des ravisseurs.

[les militaires algériens], pour faire croire que le GIA était responsable des morts, se sont débarrassés des corps, qui étaient transpercés par des balles d'un trop gros calibre pour être attribuées aux armes des insurgés. Buchwalter accuse les autorités françaises, d’avoir été complices de cette dissimulation.

La troisième théorie étant que le GIA a effectivement pris les moines en otage, qu’ils ont été tués par l'armée algérienne, mais que le GIA était un outil créé par les services secrets algériens pour inverser l’opinion [qui était favorable au FIS, en Algérie] - tant en Algérie que parmi ses alliés Occidentaux - contre l'Islam politique.

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Source : Al Jazeera


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