"C’est aux Juifs, bien avant les Romains, que l’on doit les assises du droit moderne". Elie Faure, par Arnold Lagémi

Publié le par danilette

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Le texte qui va suivre devrait retenir toute votre attention. Il est d’Elie Faure, célèbre historien de l’art et maître d’André Malraux qui, dans cet article publié en 1932, renverse une « idée reçue. »  Le droit moderne est bien l’œuvre des Juifs, avant que les Romains ne s’en saisissent et lui donnent la couleur latine. Elie Faure fut, par ailleurs, le disciple du grand philosophe juif Henri Bergson.

« Bien avant Rome qui ne devait apparaître que plus d’un siècle après la première Thora, et, à une plus grande profondeur que Rome, LES JUIFS FONDENT LES ASSISES DU DROIT MODERNE jusquedans ce qu’une telle anticipation pouvait avoir, il y a trois mille ans de plus imprévu.La Thora n’est pas un Code    (*) soit, mais tous les éléments du Code le plus actuel, et le plus fortement assis sur la réalité social, y figurent à leur place et dans la mesure exacte où ils peuvent sauvegarder les droits de tous les vivants.


 

On a vraiment peine à concevoir qu’il fut possible, dès ces âges lointains, et à des nomades d’hier éperdus d’angoisse et de joie à l’idée de posséder enfin quelque coin de terre pierreuse où pussent pousser la vigne et le blé, quelques huttes de terre sèche où la famille pût dormir pêle mêle avec les bestiaux et les moutons, de prévoir et de vouloir  un si rigoureux équilibre entre l’intérêt social et l’intérêt individuel. Tout y témoigne d’une surprenante intuition de la psychologie de l’homme considéré dans ses rapports avec ses semblables et d’une sagesse intéressée dont il n’est pas possible – même à une civilisation communiste- d’améliorer les décisions.

Tout est prévu, le droit des parents, mais aussi le droit des enfants, le droit des hommes, mais aussi le droit des femmes, le droit des riches mais aussi le droit des pauvres, le droit des princes mais aussi le droit des sujets, le droit des maîtres mais aussi le droit des serviteurs, le droit des citoyens mais aussi le droit des métèques et chose plus admirable encore, non seulement le droit des innocents, mais aussi le droit des coupables, c’est-à-dire, l’examen des circonstances qui les entraînèrent  à faillir.Tout y est envisagé, l’infamie du faux témoignage, et la supériorité du jugement libre sur l’entraînement de l’opinion.

 

 

La législation du travail, de l’accident, la nécessité du repos périodique, tout y est saisi d’avance, comme siIsraël entrevoyait les géhennes sociales que réservait à l’homme la mécanisation inéluctable des organismes collectifs dans le plus lointain avenir.

Elie Faure : Découverte de l’Archipel, p 66, Paris, Nouvelle Revue Critique 1932 Ed Regain Monte Carlo

Publié dans Arnold Lagémi

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