Campagne contre "l'abattage rituel" III : étourdissement et souffrance animale

Publié le par danilette

La shehita et la limitation de la souffrance de l’animal

La shehita ayant été le mode d’abattage le plus contesté en Europe, elle a eu le privilège d’être le plus étudié par les scientifiques d’Europe, d’Amérique et d’Israël depuis un siècle.

 

L’abattage après étourdissement (non rituel), couramment utilisé en France, et la souffrance de l’animal

Les modes d’abattage couramment utilisés en France (autres que la  shehita) et préconisés par la réglementation impliquent un étourdissement de l’animal avant l’incision. Les réglementations française et européenne autorisent plusieurs modes d’étourdissement :

  • L’étourdissement des bovins au pistolet à tige perforante. En raison des cadences d’abattage à la chaîne, cette technique est loin d’être aisée, et que les échecs sont fréquents. Si par accident seul le cortex moteur est détruit, il y aura paralysie sans insensibilisation, c’est à dire que l’animal percevra tout, souffrira, sera conscient, mais ne pourra pas bouger. Pour éviter les contractions de l’animal - contractions en général d’origine réflexe, dangereuses pour le personnel, on enfonce ensuite un jonc (aiguille) dans le canal rachidien, pour détruire les centres nerveux.
     
  • L’électroanesthésie, surtout utilisée pour les moutons, consiste en la réalisation d’une "analgésie" par application d’un fort courant électrique à l’animal. Si le temps d’application du courant est insuffisant, il crée au contraire une souffrance chez l’animal. Un autre risque est celui de la curarisation par l’électricité, l’animal pouvant alors apparaître inconscient alors qu’il ne l’est pas. Ce mode d’étourdissement provoque un stress important chez l’animal, qui se traduit par un éclatement important des vaisseaux sanguins. Ce procédé est souvent évité avec des animaux à viande blanche, car les tâches de sang dûes à cet éclatement des vaisseaux sont visibles même après cuisson, ce qui est peu apprécié par le consommateur.
     
  • Pour tenter d’améliorer l’insensibilisation, des procédés de gazage des animaux sont parfois utilisés. Les porcs sont parfois insensibilisés par un coup de massue ou de pioche pour défoncer la boîte crânienne. Pour ces modes d’étourdissement de l’abattage non rituel, la perte de conscience n’est donc pas clairement établie. En effet, paralysie et perte  de conscience ne vont pas de pair. Ces considérations amenaient le Professeur Ruckebusch à écrire en 1977 que sur la base de critères neurovégétatifs, il est intéressant de constater que les procédés les plus courants d’abattage ne sont pas nécessairement les plus inoffensifs pour l’animal.

 

La shehita et l’hygiène de la viande

Une étude comparative entre l’abattage avec étourdissement au pistolet à tige perforante et la shehita  a été menée à l’abattoir de Dublin, en mesurant la quantité de sang restant dans le muscle. Les résultats montrent que la saignée lors de la  shehita est bien supérieure à la saignée avec étourdissement préalable, ce qui favorise une meilleure hygiène de la viande. Ces aspects hygiéniques résultant de la shehita doivent être considérés uniquement comme  un avantage supplémentaire, l’essentiel étant de réduire la souffrance de l’animal. Bien entendu, pour le Juif croyant, ce n’est pas le simple fait du hasard.

Conclusion

La shehita est parfois associée à l’image d’un procédé barbare, voire d’un acte gratuit, faisant souffrir les animaux au nom d’un fanatisme religieux. La Suisse et la Suède ont même interdit l’abattage rituel. Cette image provient d’une méconnaissance totale des principes et des implications de la shehita, qui sont à l’opposé de ces accusations. Les mesures effectuées par de très nombreux Professeurs de Physiologie animale de différents pays arrivent toutes à la conclusion qu’il y a absence de signes de souffrance lors de la  shehita, du fait d’une perte de conscience quasi-immédiate. D’après certains auteurs, la  shehita serait même le meilleur procédé, les techniques  d’étourdissement généralement utilisées pouvant êtretrès traumatisantes. Toute controverse quant à la violence de la saignée ou aux mouvements réflexes de l’animal pouvant survenir lors de la shehita n’a aucune base scientifique.

Pour les Juifs, si ses besoins physiologiques amènent l’homme à consommer de la viande, cette consommation est soumise à des règles très strictes, qui lui rappellent que la nature ne lui a pas été donnée sans condition, et qu’il en est le gardien (Genèse 1, 29). La mise à mort de l’animal ne peut se faire que par la  shehita, dont la codification précise est sous-tendue par les notions fondamentales de respect de l’animal et de nécessité de limiter sa souffrance

Lire l'article en entier sur http://www.col.fr/IMG/pdf/animal.pdf


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Thérèse 22/02/2012 23:07


Danilette, j'en déduis que vous soutenez l'abattage rituel ? Ne trouvez-vous pas cela très cruel malgré tous les arguments avancés ?

danilette 22/02/2012 23:50



Je trouve que toute mise à mort d'animaux dans les abattoirs tels qu'ils fonctionnent est une souffrance cruelle pour les bêtes. Moi-même, je suis quasi-végétarienne ne mangeant que très peu de
viande mais le débat sur la Chrita, l'abattage juif est complètement faussé par celui sur l'abattage musulman et je tenais à ces quelques infos qui donnent à réfléchir. Si un jour on arrive à
fabriquer un steak à partir de cellules souches, je serai la première à m'en réjouir (je n'en mangerai pas pour autant je crois)...