Campagne contre "l'abattage rituel" II, réponse de Shmuel Trigano en février 2011

Publié le par danilette

De l’enfant Al Doura aux animaux : toujours le meurtre « rituel », Shmuel Trigano

La campagne actuelle contre « l’abattage rituel » (une expression inventée au départ pour désigner l’abattage selon la cacheroute) a incontestablement des relents antisémites, même si il se pourrait bien que la chose reste inconsciente à ses initiateurs. Elle est manifestement dirigée contre l’islam mais elle prend le judaïsme en otage, pour démontrer son équité (un coup à gauche, un coup à droite) et donc l’absence de racisme dans son intention. Le problème que pose l’insertion de l’islam dans la République a été tellement refoulé et dévoyé par le politquement correct qu’il revient en masse à la façon d’un retour du refoulé, dans lequel les pires choses se mèlent dans la confusion. Ce qui ne peut s’exprimer légitimement revient sur scène dans l’excès et la stridence mais en se fixant sur des objets secondaires (Burka, etc).

 

Que nous dit cette campagne sinon que les Juifs ont un rapport trouble avec le sang ? Le vieux mythe médiéval du « meurtre rituel » accusait les Juifs de sacrifier un enfant pour fabriquer les matsot de Pessah avec son sang. Dans cette dernière décennie nous avons vu ressurgir dans le monde musulman et dans la presse européenne cet imaginaire hideux et pousse au crime, insistant sur la propension des Juifs à tuer des enfants. La thématique du sang est ici très importante. Ajoutée à celle de l’enfant, elle suggère la cruauté infinie. La mort simulée de l’enfant Al Dura, mise en scène par France 2 au début de la dite « deuxième intifada », est devenu le drapeau et l’emblème du monde arabo-islamique. On en a vu les effets dans nombre de caricatures de journeaux européens. Le mot « rituel » dans l’abattage rituel a une très importante signification, de ce point de vue, comme si les Juifs avaient un rite religieux d’exécution d’un être vivant, l’animal en l’occurence, versant son sang. 

On a l’impression que les initiateurs de cette campagne ne mangent jamais de bifsteack! Contrairement à ce qu’ils croient, le judaïsme partage l’horreur qu’inspire sur le fait que l’être humain est un carnivore (ce que la Genèse considère comme une concession à l’humanité post-diluvienne, alors que dans le jardin d’Eden l’homme, dans sa vocation, consomme des végétaux), mais contrairement aux acteurs de cette campagne, au lieu de dénier la violence qu’implique l’acte de se nourrir, il l’assume pour la cantonner dans un champ limité (les animaux permis) et selon des règles obligatoires et restrictives (nul ne peut égorger lui même un animal comme celà se fait dans toutes les campagnes du monde). Le fait d’étourdir un animal pour l’abattre ne change rien au fait qu’on le tue pour le manger. C’est là un relent de la culture « sanitized », « hygiénique » des peuples fatigués de Scandinavie. C’est comme préférer la piqure léthale à la guillotine pour exécuter un condamné à mort. C’est la même violence et la même mise à mort, sauf qu’elle protège le narcissisme et le besoin de pureté des exécutants. 

Il faut être honnête sur le plan de la morale. Si vous mangez de la viande, vous devez intégrer dans votre conscience que vous mangez de la chair d’un animal vivant que vous avez abattu. Sinon n’en mangez plus !

L’étourdissement qui d’après les spécialistes est loin d’être toujours efficace est aussi un « rituel », celui de l’abattage d’un être vivant. La régle de la cacherout se donne cependant des motivations morales en rapport avec l’animal : éviter sa souffrance en provoquant le vidage subit de tout son sang qui précipite sa mort. Le judaïsme a horreur du sang mais il reconnaît sa réalité, de la même façon que sa morale reconnaît l’existence de la violence pour mieux la juguler à l’inverse d’autres religions qui la dénient pour l’ignorer, ce qui ne la supprime pas. Loin de là. Il inscrit même dans sa doctrine de la loi fondamentale de l’humanité, les « lois de Noé », l’interdiction d’arracher un membre à un animal vivant.

La question de l’abattage musulman et des règles du Hallal, n’est pas notre problème. Certaines modalités publiques de la fête de l’Aïd, par exemple, où les particuliers ont à pratiquer le sacrifice d’un mouton, ne se rencontrent en aucune façon dans les pratiques juives. Je voudrais dire à ce propos que la décision du consistoire d’apposer sur les produits cachers la mention « hallal –cacher » est profondément troublante. Outre la faute politique qu’elle constitue, elle est aussi un facteur d’égarement religieux et symbolique.


 

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Publié dans Shmuel Trigano

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Desterel 14/03/2012 14:26


Si les propos révélés dans cette video se confirment http://www.youtube.com/watch?v=bLUsnUpmKLA&feature=player_embedded

c'est une interdiction totale et en urgence de toute la filière de l'abattage rituel (hallal ET casher) qu'il faut mettre en place le plus tôt possible. 100 enfants qui meurent par an depuis la
dérogation de 2004, c'est le plus gros scandale sanitaire du siècle et certainement des procès contre les responsables politiques qui ont permis cela ne vont pas tarder à tomber.
l'abattage rituel est échec et mat.

danilette 14/03/2012 14:51



Je l'ai lu hier, c'est vrai que l'abattage musulman pose un problème d'hygiène parce que les animaux ont l'oesophage tranché, ce qui fait couler le contenu de l'estomac, etc. et contamine
certaines parties de la viande dont on fait des steaks hachés. Ce n'est absolument pas le cas de l'abattage cacher, le "Chohet" doit suivre des règles
extrêmement rigoureuses, l'oesophage n'est pas touché. De plus les règles sanitaires de la cacherout sont les plus strictes de toutes les filières de viande. Le problème c'est
qu'il est possible que des bêtes écartées par le "Chohet" juif pour non conformité soient admises dans la filière normale, mais cela ne concerne pas la contamination par E-coli. Il y a de toutes
façons, je l'admets des problèmes à régler. Je n'ai pas eu le temps de regarder votre vidéo, je le ferai ce soir...