Conversation avec un ami arabe, Guy Millière

Publié le par danilette

© Metula News Agency

Je rentre d’un voyage en Israël. Comme tous les voyages que j’effectue en Israël, celui-ci a été beaucoup trop bref. Entre conférences et rendez-vous à Jérusalem et Tel-Aviv, je n’ai pas même eu le temps de me rendre à Métula, en Haute Galilée. Ce sera pour un prochain voyage, car je reviendrai.

 

Il est, je l’ai dit au commencement de chaque conférence que j’ai prononcée, deux pays sur la terre où je me sens bien, Israël et les Etats-Unis. Et, je l’ai dit aussi, si je me sens bien en Israël et aux Etats-Unis, c’est pour des raisons très précises : ce sont deux pays fondés sur des idéaux et sur des valeurs éthiques, qui sont aussi mes idéaux et mes valeurs éthiques.

 

Israël est imprégné de tout ce qui fait le judaïsme, sans lequel l’humanité serait incomparablement plus pauvre et plus stérile. Parce qu’en Europe, les idéaux et les valeurs éthiques sont en plein reflux, l’anti-américanisme se porte comme un charme, et l’antisémitisme, repeint aux couleurs de l’ « antisionisme », se porte lui-même comme un charme.

 

Dans un livre important consacré à Israël, George Gilder parle de « test » : ceux qui détestent Israël sont imprégnés de ressentiment et d’hostilité envers la vérité et la liberté, ceux qui aiment Israël sont imprégnés d’un esprit de réussite et d’un amour de la vérité et de la liberté. Je me situe résolument dans la deuxième catégorie.

 

Lors de ce voyage, j’ai, comme chaque fois, eu de multiples conversations. Si je ne me suis pas rendu en Haute Galilée, je suis allé en Judée-Samarie, où j’ai visité des villages juifs, dont l’existence est pleinement légitime. Comme l’a dit Benyamin Netanyahu dans son dernier discours à l’ONU, une présence juive en Judée relève de l’évidence logique, et c’est le fait d’imaginer une Judée Judenrein qui est monstrueux.

 

Comme chaque fois, je me suis rendu dans la vieille ville de Jérusalem et au Kotel [Mur des lamentations]. Comme chaque fois, j’ai songé au caractère inepte de l’idée même de redivision de Jérusalem. Que ceux qui se sont réjouis de la chute du Mur de Berlin et de celle du totalitarisme soviétique envisagent de diviser Jérusalem, et d’en confier une moitié à une entité totalitaire dont les dirigeants historiques ont été formés à l’école soviétique, me semble révélateur, chez eux, d’une monstruosité morale et d’une inconséquence intellectuelle dont ils n’ont même pas conscience.

 

Je me suis rendu aussi à l’American Colony, un hôtel luxueux où se retrouvent les journalistes occidentaux, et qui a longtemps servi de lieu d’hébergement des conférences de presse de l’OLP. Je devais y retrouver un homme pour lequel je nourris estime et amitié, et dont je lis les textes depuis de nombreuses années : Khaled Abu Toameh.

 

J’accorde une importance particulière à sa parole, car il appartient à une catégorie qui semble parfois en voie de disparition : les intellectuels honnêtes.

 

Khaled écrit aujourd’hui pour le Jerusalem Post. Il a été proche du « mouvement palestinien ». Il a vu à qui il avait affaire, quels mensonges on lui demandait d’endosser, à quelles impostures on l’incitait à participer. Il a réfléchi. Il est passé de l’autre côté du miroir.

 

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Abu Toameh, courageux, lucide et honnête

 

Ce qu’il dit devrait avoir davantage d’écho et devrait donner à réfléchir à tous ceux qui se prétendent adeptes de la cause palestinienne et qui ne savent pas de quoi ils parlent. Ses paroles rejoignent clairement ce que David Horowitz et moi-même écrivons dans le livre Comment le peuple palestinien fut inventé.

 

Khaled se définit lui-même aujourd’hui comme Israélien, arabe, musulman, palestinien. Et il tient à ce que les mots soient placés dans cet ordre. Israël, dit-il, lui a donné la liberté de parler et d’écrire, la démocratie, le respect des principes du droit, et il est citoyen Israélien, empli de gratitude pour ce qu’Israël lui apporte chaque jour.

 

Il est arabe, et les Arabes israéliens, ajoute-t-il, jouissent de ce dont il jouit lui-même et dont aucune autre population arabe ne jouit sur la terre. Il est musulman, et se définit lui-même comme un musulman modéré et ouvert, reconnaissant qu’une bonne part de l’islam est porteuse de blocages, et que l’islam radical se répand dans la région de manière délétère et ravageuse. Il est palestinien, au sens où il est né sur cette terre, mais il s’empresse d’ajouter que les Juifs sont eux aussi palestiniens, et qu’il ne se reconnaît en rien dans les mouvements dits palestiniens, qui incarnent une imposture.

 

Les dirigeants palestiniens qui se trouvent à la tête de l’Autorité Palestinienne, dit-il, sont des chefs de bande maffieux, totalement corrompus, menteurs, sans scrupules, criminels.

 

Ils savent pertinemment qu’il n’y a pas de peuple palestinien. Ils prennent en otage des populations arabes, qui, sans cela, seraient jordaniennes ou résidentes israéliennes, et qui, aujourd’hui, sont dans une situation insupportable, pétries d’une haine qui les conduit vers l’impasse.

 

Khaled me dit que les Occidentaux, plutôt que de financer à grands frais l’Autorité Palestinienne, devraient se débarrasser de celle-ci, et donner aux Arabes l’opportunité de penser et d’agir par eux-mêmes 

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