Darfour : le génocide continue, selon le Procureur de la CPI

Publié le par danilette

Darfour : le génocide continue, selon le Procureur de la CPI

Sur le site : http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=23929&Cr=Darfour&Cr1=

Luis Moreno-Ocampo, Procureur de la Cour pénale internationale.

9 décembre 2010 – Le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a réitéré jeudi les chefs d'accusation de l'actuel président du Soudan, Omar Al Bashir, sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pour crime contre l'humanité, crime de guerre et génocide et a rappelé que le Darfour « n'était pas seulement une crise humanitaire, mais une attaque systématique contre des populations civiles ».

 

« Il y a un génocide qui se déroule actuellement au Darfour. Comme mentionné dans mon rapport, des centaines de civils ont été tués ces six derniers mois, des centaines de milliers ont été déplacés de force et plus de deux millions de personnes déplacés souffrent d'une forme subtile de génocide : le génocide par le viol et la peur. Ce sont des armes silencieuses, en deca des radars des forces des Casques bleus et inarrêtables par les organisations humanitaires », a déclaré jeudi le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, devant les Etats membres du Conseil de sécurité.

 

« Ma responsabilité était d'enquêter de manière impartiale sur les pires crimes commis au Darfour et sur les affaires relatives aux personnes les plus responsables. Nous avons présenté nos preuves aux Juges. La Cour a lancé des mandats d'arrêts contre les dirigeants de la Milice /Janjanwids », a-t-il expliqué.

 

Pour Luis Moreno-Ocampo, le gouvernement du Soudan ne coopère pas avec la Cour. « Depuis 2005 les autorités soudanaises ont constamment promis de rendre justice, de créer les mécanismes juridiques tout en protégeant délibérément les responsables des crimes », a affirmé le Procureur de la CPI.

 

« Les charges contre le Président Al Bashir sont les crimes contre l'humanité, les crimes de guerre et génocide. Les mandats d'arrêts ne disparaitront pas. Le travail juridique est fait mais les crimes continuent. Le Président Al Bashir et ses militants ont déployé d'énormes efforts pour étouffer leurs crimes et détourner l'attention de la communauté internationale en annonçant de nouvelles stratégies et nouvelles actions en matière de justice », a-t-il ajouté.

 

La Cour a aussi enquêté sur les crimes commis par les forces rebelles contre les Casques bleus. Un procès devrait voir le jour bientôt, a indiqué le Procureur devant le Conseil de sécurité. Les Etats parties au Statut de Rome ont rempli leurs obligations, a estimé Luis Moreno-Ocampo en adoptant des « politiques sévères sur des contacts avec des individus poursuivis par la Cour ». Par exemple, le Président soudanais a été exclu du dernier Sommet de l'Union Européenne avec l'Afrique.

 

Selon le Procureur de la CPI, les organisations régionales telles que la Ligue Arabe et l'Union Africaine sont cruciales pour mettre un terme aux crimes, soulager la situation humanitaire et donner une stabilité au Soudan. « Un dialogue avec ces entités est crucial pour réaliser ces objectifs », a-t-il insisté.

 

« La mise en œuvre des décisions de la Cour relève de la responsabilité du gouvernement du Soudan et en dernier ressort du Conseil de sécurité », a-t-il conclu.


Lire aussi : http://laregledujeu.org/al-nour/2010/04/21/19/l%E2%80%99autre-genocide-au-darfour/

L’autre génocide au Darfour

ABDELWAHID AL-NOUr

Chers amis français,

Je vais aujourd’hui vous parler du Darfour (le pays des Four, en arabe), mon pays martyr, qui fut un vrai pays et le redeviendra peut-être, aux jours de la liberté, s’il survit à un double génocide. Le génocide physique et le génocide culturel. Car le second a pris la relève du premier.

Je suis né il y a un peu plus de quarante ans à Zalinjay, un petit village à l’ouest du Jebel Marra. Mon père, Mohamed Ahmed Al-Nour, était fermier et commerçant. Ma mère s’occupait de la ferme. J’ai seize frères et sœurs, qui vivent toujours dans ce réduit montagneux (il culmine à plus de 3.000 mètres) qui occupe le cinquième de la superficie du Darfour, le Darfour qui est aussi grand que la France. Au nord, c’est un vaste désert, frontalier de la Libye et du Tchad, parcouru par les nomades Zaghawa et les pasteurs Baggara. Au sud, c’est une savane, propice à l’agriculture de subsistance et qui produit également du coton et de la gomme arabique. Ou plutôt produisait. Parce que tout est ruiné,  la vie y est exsangue, du fait de la guerre et du génocide, qui entraina l’exode des populations survivantes, parquées désormais depuis plusieurs années dans d’innombrables camps. Lire la suite

Publié dans Afrique - Maghreb...

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