Démocratie en Afrique du Nord ? Christian Lambert

Publié le par danilette

Je mets en ligne cet article qui présente un point de vue pessimiste et dont je ne partage pas complètement les arguments (en particulier sur l'intervention en Libye car peut-on laisser des populations civiles se faire massacrer ainsi ? Il y aurait plus de 7000 morts !) Je rappelle que les estimations de l'opération israélienne à Gaza sont de 1400 tués, estimation faites d'après le mouvement terroriste Hamas, sans aucune vérification possible (à peu près comme si des chiffres donnés par les Talibans afghans étaient pris à la lettre) Le Hamas a fini par reconnître avec 2 ans de retard qu'il y avait bien eu 800 combattants du Hamas qui avaient été tués, ce qui laisserait 600 civils (évidemment de trop) qui ont en grande majorité servis de boucliers humains pour protéger les combattants. Où sont les manifestations d'Arabes et sympathisants en France et en Europe ? Pourquoi ne descendent-ils pas dans la rue pour crier "Kadhafi nazi, assassin, buveur de sang etc." Qui me donnera une réponse ?

La démocratie en Afrique du Nord :anarchie, guerre, tuerie, vols, pillage et émigration !

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Lambert Christian, ancien ambassadeur de France - mercredi 16 mars 2011

Voilà donc nos dirigeants démocratiques et droits-de-l’hommistes qui, sautant comme des cabris, saluent en chantant l’instauration de la démocratie chez les populations musulmanes d’Afrique du Nord. Les « horribles » dictatures s’étant enfin effondrées – avec lesquelles, il n’y a pas si longtemps, on faisait de si bonnes affaires –, on va aider la démocratie à faire ses premiers pas dans la lumière de l’islam ! Demain, la Tunisie, l’Égypte, la Libye, plus tard, l’Algérie et le Maroc seront comme les cantons suisses, admirables de démocratie, de paix et de richesse !

Comment peut-on être aussi ignorant de la réalité ? La révolte arabe, c’est la totale anarchie si l’on excepte, et encore de façon relative, l’Égypte où l’armée est toujours là, s’adaptant à la situation chaotique plutôt que l’améliorant, avec de bons musulmans néo-démocrates qui, comme par le passé, continuent à tuer les coptes chrétiens.

En Tunisie, tout est à refaire. Depuis la fuite de Ben Ali, on en est déjà au 3e gouvernement. Au sud, il n’y a plus de police, « l’ordre » serait assuré par des détenus de droit commun tous remis en liberté. Partout, de nombreux bâtiments ont été incendiés. Le secteur touristique, l’une des principales sources de revenu du pays, a disparu et 100 000 Tunisiens qui travaillaient en Libye sont venus grossir le nombre des chômeurs. Déjà 50 partis « démocratiques » se sont formés pour les prochaines élections qui auront lieu évidemment dans le désordre et qui seront aussitôt contestées. 

En Égypte, les perspectives sont les mêmes. Simplifions. Il n’y a que la loi islamique pour rétablir et faire accepter l’ordre. Dans la moins mauvaise hypothèse, les nouveaux régimes seront analogues à celui de l’actuelle Turquie. Dans la plus mauvaise, ce sera une théocratie. Il faudrait enfin comprendre que ces populations arabes en étaient, avant la colonisation européenne, encore au temps de Mahomet et qu’il est illusoire de leur imposer un système politique que l’Europe chrétienne a mis des siècles à élaborer et à accepter. Il faudrait aussi savoir que cette révolte est faite par une minorité de jeunes relativement privilégiés, étudiants, intellectuels, mais que 80 % de la population nord-africaine est constituée de paysans et de petits boutiquiers dont les trois quarts sont illettrés et dont la seule référence est l’islam.

En Libye, l’évolution actuelle a eu tout naturellement pour aboutissement la guerre tribale – la Libye compte 140 tribus et clans familiaux – avec avions, blindés, artillerie, achetés en Occident et en URSS, grâce aux milliards du pétrole. Et voici que l’on discute d’un projet d’intervention militaire occidentale qui aurait pour résultat assuré de souder en 24 heures tous les Arabes et musulmans du monde contre l’Occident avec, en pratique, le prolongement de la guerre afghane sur la rive sud de la Méditerranée, provoquant la fermeture du canal de Suez et, au Proche-Orient, des détroits d’Ormuz et de Bab-el Mandeb, une nouvelle guerre entre Arabes et Israël et une crise économique désastreuse dans le monde entier. Ce n’est pas sûr, mais c’est possible.

Pour commencer, on parle beaucoup ces jours-ci de l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne, mais une telle opération implique un acte de guerre important consistant à détruire par des bombardements aériens intensifs la défense anti-aérienne et les aéroports de Khadafi. Si l’Onu et la Ligue arabe y sont favorables, qu’un pays musulman, l’Arabie saoudite, le Maroc, ou un autre, procède à l’opération, mais surtout pas les Occidentaux ! Si la France prenait l’initiative d’une action militaire en Libye, comme on l’entend dire ces jours-ci, ce serait évidemment une grave erreur qui pourrait coûter très cher.Espérons que l’Allemagne notamment calmera l’aventurisme du chef de l’État français !

En tout cas, ce qui est sûr, c’est que cet immense désordre nord-africain provoque et provoquera un mouvement migratoire qui pourrait être gigantesque. 8 000 Tunisiens sont déjà arrivés à Lampedusa, beaucoup d’entre eux ayant déjà gagné la France. 8 000 autres d’origines diverses à Malte. De Libye, le potentiel d’immigrants est évalué à 300 000 dans les prochains mois. La Libye employait 2 millions d’expatriés de toutes origines qui se retrouvent sans emploi. L’Europe étant si proche, où l’on entre finalement comme on veut, c’est là, bien sûr, qu’il faut s’établir. Un machin, que l’on, appelle, je crois, Frontex, basé à Varsovie, est chargé de surveiller les frontières de l’Europe. C’est une organisation totalement impuissante. Ce qu’il faut savoir, en outre, en ce très important domaine, c’est que d’Agadir au Maroc à Port-Saïd en Égypte, vivent ou survivent 170 millions d’habitants, dont 50 % ont moins de 30 ans, le plus souvent sans emploi. Ils ont un espoir, je devrais dire une idée fixe : émigrer en Europe. 10 % de 170 millions, cela fait 17 millions qui finiront par émigrer, quels que soient les régimes qui s’instaureront en Afrique du Nord. Les conséquences pourraient en être dramatiques pour l’Europe de l’Ouest et surtout pour la France. On ne peut exclure aussi que Khadafi finisse par se maintenir comme Gbagbo en Côte d’Ivoire, pourtant unanimement condamné par la « communauté internationale » impuissante dont il se moque éperdument. Les « services » américains pensent que Khadafi l’emportera, soutenu discrètement par la Russie, la Chine, l’Algérie et l’Iran.

Je note par ailleurs que nos démocrates européens font assaut de générosité pour aider la « démocratie » maghrébine et faire de l’humanitaire. L’Espagne dont les finances sont pires que celles de la France promet 300 millions d’euros à la Tunisie. Mais pourquoi l’Arabie saoudite dont les revenus pétroliers sont estimés à 360 milliards de dollars par an ne ferait-elle pas un geste en faveur de ses coreligionnaires ? Pourquoi serait-ce toujours le contribuable chrétien qui aiderait les musulmans ?

Un interlocuteur me disait, il y a peu, que la révolte arabe était due aux télévisions européennes que peuvent capter les populations d’Afrique du Nord, du moins celles qui ont de l’électricité. Et si l’inverse se produisait ? Si les 30 ou 40 millions de musulmans déjà présents en Europe prenaient exemple sur la révolte arabe et, par exemple à la suite d’un incident grave qui peut survenir à tout instant, se mettaient à prendre la revanche tant attendue, que feraient nos démocrates droits-de-l’hommistes et tiers-mondistes ?

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Hannibal 03/06/2011 19:47



Les arabes séoudiens ne dépenseront jamais un centime pour l' Afrique du Nord.


La raison est toute simple, les arabes séoudiens considèrent que les africains du nord ne sont pas de vrais arabes de sang et que de ce fait la solidarité n' a pas à avoir lieu.


Les seules dépenses que fait l' arabie séoudite consiste à construire des mosquées les unes plus grandes que les autres.