Des Palestiniens contre les Israéliens qui soutiennent leur cause, Khaled Abou Toameh

Publié le par danilette

 זיכרונות מאתמול: חברי המשלחת הישראלית עולים על ניידות המשטרה הפלסטינית ומפונים מרמאללה. האם יש דרך להתנתק מהקיצונים? Les pacifistes israéliens évacués de Ramallah credit : nrg.co.il

Palestinians vs. Pro-Palestinian Israelis by Khaled Abu Toameh

Des activistes israéliens, militants pour la paix qui se sont rendus à Ramallah récemment ont été forcés de quitter la ville, protégés par la police palestinienne.

 

Les pacifistes israéliens ont été escortés hors de Ramallah dans des fourgons de police après que des manifestants palestiniens aient attaqué l'hôtel où se déroulait « un colloque pour la paix » entre Israéliens et Palestiniens.

 

Le colloque de Ramallah avait été organisé par l'ONG, Minds of Peace, lien, lien, [esprits de paix] dont l'objectif est de planter des racines de paix en plus d'actions diplomatiques publiques.

 

Alors que le colloque de Ramallah devait durer deux jours durant lesquels Israéliens et Palestiniens devaient parler de paix et de coexistence, dès son ouverture à l'hôtel City Inn de Ramallah, des dizaines d'activistes palestiniens sont arrivées sur les lieux scandant des slogans contre la présence des Israéliens à Ramallah.

 

Les manifestants palestiniens ont essayé de rentrer de force tout en criant : « dehors, dehors les Israéliens ! », « la Palestine est arabe de la mer jusqu'au Jourdain ! », « cette terre n'est pas à vendre ! ».

 

Les policiers palestiniens dépêchés sur les lieux ont été incapables d'empêcher les manifestants d'endommager les fenêtres et les portes, alors qu'ils lançaient des pierres contre l'hôtel (voir extrait vidéo).

 

Des activistes ont également accroché une grande affiche devant l'hôtel où il était écrit : « la normalisation avec Israël est un acte de trahison ».

 

Les organisateurs ont finalement été forcés de clore ce colloque est de faire évacuer rapidement les Israéliens hors de Ramallah, par souci pour leur sécurité. [NDT : un petit rappel link, linklink link,  linklink parmi d'autres, de ce que risquent des Israéliens entrant dans les zones controlées par l'AP et bien sûr l'inverse n'est pas vrai]

 

Après une brève conversation avec le commandant de la police, Ibrahim  Enbawai, un des participants palestinien au colloque a déclaré : « La situation à l'extérieur est très tendue et nous sommes contraints d'arrêter, il y a des centaines de personnes à l'extérieur et la police nous demande de mettre fin à cette rencontre ».

 

Le lendemain, le 9 janvier, les militants pacifistes israéliens et palestiniens ont essayé de se rencontrer à Jérusalem, dans l'hôtel arabe Ambassador, mais là aussi ils ont été confrontés à des dizaines d'activistes palestiniens, opposés à toute normalisation (voir la vidéo) et ils ont été contraints de quitter l'hôtel de manière tout à fait humiliante. [NDT: pourquoi alors ne pas avoir choisi un hôtel israélien ?]

 

Amal Obaidi, une des activistes a déclaré qu'elle était opposée à ce colloque de paix parce qu'il représentait « une politique de reddition et de normalisation avec l'occupation israélienne ». Elle a ajouté : « nous rejetons toute réunion de normalisation, Jérusalem est une ville arabe et elle le restera ».

 

Ce n'est pas la première fois que des Arabes palestiniens expriment leur opposition à des rencontres entre Israéliens et Palestiniens. Les activistes opposés à la normalisation ont réussi à faire annuler de nombreuses autres réunions, surtout celles qui sont organisées dans des villes sous le contrôle de l'Autorité palestinienne.

 

C'est ainsi que les militants pacifistes israéliens et palestiniens ont été contraints de tenir leurs réunions dans des lieux secrets ou bien dans des pays étrangers.

 

Il y a un certain nombre d'éléments dérangeants dans ce refus de toute normalisation.

 

Premièrement, ces activistes s'opposent aux Israéliens qui pourtant soutiennent ouvertement leur cause, des Israéliens qui s'opposent même complètement à la politique de l'actuel gouvernement israélien. En d'autres termes, les Palestiniens crachent au visage de ces Israéliens qui soutiennent leurs exigences et mettent leur vie en danger en entrant à Ramallah pour parler de paix.

 

Deuxièmement, la plupart de ces activistes qui protestent contre de telles réunions sont affiliés, d'une manière ou d'une autre avec cette même Autorité palestinienne engagée officiellement dans des négociations de paix avec Israël, sous les auspices du Secrétaire d'État américain John Kerry. Pourquoi donc ces opposants anti-normalisation ne manifestent-ils pas contre les dirigeants de l'Autorité palestinienne à Ramallah ? Ils ont probablement peur d'être arrêtés ou harcelés par les Forces de sécurité palestiniennes. Sans compter que la plupart de ces activistes sont fonctionnaires de l'Autorité palestinienne et craignent de perdre leurs salaires.

 

Troisièmement, certains journalistes palestiniens jouent un rôle troublant en organisant et plus tard en rapportant ces rencontres israélo-palestiniennes. Les activistes qui ont empêché le déroulement du colloque de paix à Ramallah et Jérusalem ont déclaré qu'ils avaient été avertis par des journalistes palestiniens qui leur avaient demandé d'agir contre ces réunions.

 

Quatrièmement, pas un seul responsable palestinien n'a daigné condamner ces agressions contre les pacifistes israéliens et palestiniens. Les dirigeants de l'Autorité palestinienne déclarent pourtant qu'ils sont en faveur de ces réunions, ils le déclarent en anglais, pas en arabe. Et bien on attend encore qu'ils condamnent ces actions et ces menaces.

 

Si un groupe d'une quinzaine d'Israéliens et d'une quinzaine de Palestiniens sont incapables de pouvoir parler de paix, alors qu'arrivera-t-il quand le président Mahmoud Abas signera un accord de paix avec Israël ? Devra-t-il lui aussi être escorté hors de Ramallah sous protection policière pour avoir osé parler de paix avec Israël ?

Adapté par http://danilette.over-blog.com/

Publié dans Khaled Abu Toameh

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