Du passé faisons table rase…Fiodor

Publié le par danilette

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Au risque de passer, une fois encore, pour un vieux nostalgique, voire même un réactionnaire et, bien sûr, un affreux sioniste, je voudrais partager ici un texte qui me paraît important. Son auteur est un écrivain néerlandais d’origine juive. Il voit, dans la montée de l’antijudaïsme, un signe de l’effondrement de la culture européenne. Et, chose intéressante, il met ce phénomène en relation avec le rejet de plus en plus marqué des valeurs chrétiennes en Europe.
[...]

Ecoutons donc Léon De Winter(2).

La manifestation croissante de la judéophobie est un signe avant-coureur de la fin de la culture européenne
Quelque 140 000 Juifs vivaient aux Pays-Bas à la veille de la deuxième guerre mondiale. 108 000 d’entre eux, soit 74%, ne survivront pas à l’Holocauste. Entre le 15 juin 1942 et le 3 septembre 1944, 101 000 Juifs néerlandais ont été déportés par 98 transports ferroviaires via Westerbork vers les camps d’extermination à l’Est. Seule une poignée survivra aux camps de la mort. A l’exception de la Pologne, les Pays-Bas ont connu, proportionnellement, la mortalité la plus élevée parmi les Juifs européens.
(…)
Lors d’une foire du livre dans les années ’90, un présentateur de télévision ivre m’expliqua qu’il m’enviait. «Tu as toujours un sujet pour écrire», dit-il. «Tu as l’Holocauste, alors tu as toujours quelque chose. Tu as toujours un thème. Et moi, qu’est-ce que j’ai? Je voudrais bien aussi un morceau de cet holocauste…»
Jalousie
Je commençai à percevoir qu’il y avait quelque chose comme une «jalousie thématique». Que les Juifs aient été exterminés en masse, était aux yeux de certains quelque chose d’enviable. Les Juifs avaient visiblement une relation avec «La Pire Histoire». Il y avait des gens qui voulaient également cela, car cette donnait de la profondeur à la vie.
Mais les Juifs n’étaient pas seulement enviés du fait de leur relation unique avec «La Pire Histoire». Maintenant les Juifs étaient haïs parce qu’ils donnaient un sentiment de culpabilité aux non-Juifs. La tache honteuse la plus profonde de l’histoire européenne ne pouvait être supportée que si les Juifs s’abstenaient de reproches et d’accusations. S’ils donnaient l’impression d’avoir appris en silence les leçons des nazis – les Juifs devraient être, à la suite de ces tueries, des super-pacifistes, pensaient de nombreuses personnes – alors les Européens pourraient vivre détendus avec l’héritage de millions de morts. Mais les Juifs ne se tinrent pas tranquilles.
Des témoignages de survivants d’Auschwitz, comme Primo Levi et Gerhard Durlacher (mon beau-père) parurent. Des films furent tournés. Les Juifs continuèrent à rappeler à l’Europe ce qu’elle leur avait fait. Cela donna lieu à de l’opposition. On se mit en colère. Et le besoin de condamner la politique d’Israël et de désacraliser ainsi les Juifs devint plus urgent. Ce dernier sentiment se généralisa: ces Juifs se faisaient passer pour des saints, mais regardez ce qu’ils font aux Palestiniens.
L’Europe devint une fois encore obsédée par les Juifs. Cette fois par les Juifs israéliens. La tache honteuse pouvait ainsi être effacée. Les Juifs israéliens se comportaient comme des nazis – si cette idée pouvait se diffuser, la tache honteuse disparaissait d’elle-même. Car une conclusion devenait de plus en plus claire: l’Europe ne pardonnerait jamais Auschwitz aux Juifs.
La Thora, ou les cinq livres de Moïse qui forment le cœur du judaïsme, est un compte-rendu littéraire de la naissance du peuple juif et de ses relations avec Dieu. Dans ces textes, on a inventé le Dieu unique et on a de la sorte, selon le philosophe britannique George Steiner, «inventé la conscience». Depuis lors, l’humanité connaît une norme ultime de justice, de discipline, de lois et d’obligations, de commandements et d’interdits. Mais une grande partie de l’humanité brutale ne peut y satisfaire: la barre est trop haute. Les inventeurs de cette norme ultime, de l’idée antinaturelle d’humanité et de civilisation, de la protection du pauvre, du mendiant, de l’étranger, de la veuve et de l’orphelin, sont profondément exécrés, poursuit Steiner.
Le nazisme hitlérien était une révolte contre la conscience. Il voulait rétablir les lois de la nature et dès lors l’élément juif en Europe devait être détruit. Lire l'article en entier

 

Publié dans Shoa

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