Eddie Rosner, le jazzman du Goulag et autres jazzmen en URSS

Publié le par danilette

"Etre Juif et jouer une musique de nègres à Berlin en 1933, c'était vraiment
 une mauvaise situation. Même quand vous vous appelliez Adolf"
(Adolf Ignatievitch Rosner dit Eddie Rosner)

Il n'était pas bon d'être juif et jouer du jazz à Berlin en 1933, ni à Moscou en 1946...

Valentin Parnakh 

 Portrait de Valentin Parnakh

 

masterandmargarita   jazzmen-russes

 Le jazz est né en Union soviétique grâce à un homme, petit et roux, le poète, musicien et chorégraphe juif Valentin Parnakh (1891-1951). En 1922, il arrive en Union soviétique après un séjour de six ans à Paris avec, en poche, son portrait croqué par Picasso et l'amitié de Cocteau et d'Appolinaire. Il rapporta aussi des instruments, entre autres certaines percussions, dont Moscou ignorait tout. Ni musicien ni compositeur, mais danseur, Parnakh était d'abord un amateur de jazz qui s'empressa de fonder un groupe, le Jazz-band excentrique Valentin Parnakh.

Le jazz commença à devenir populaire dans les années 1930, d'abord avec l'ensemble qui accompagnait le célèbre acteur et chanteur juif Leonid Outesov. Cet ensemble de Léonid Outiosov(1895-1982) avec le trompettiste juif Yakov Skomorovski (1889-1955) de Leningrad devint l'un des plus célèbres orchestre de jazz d'Union soviétique de cette période. Il a joué les mélodies du compositeur juif Isaak Dounaïevski dans des films comme "Le Cirque".


Le régime soviétique se méfiait du jazz. Non seulement parce qu'il venait des États-Unis, mais aussi parce que l'improvisation est l'un des éléments essentiels du jazz. Le jazz était un symbole de liberté artistique et d'expression individuelle, et il était difficile à contrôler. 
C'est ainsi que le régime a décidé de le canaliser en créant l'Orchestre national de jazz de l'URSS (ainsi que d'autres orchestres régionaux). Le nom de l'orchestre était le Gosdjaz. La direction artistique était assuré par le compositeur juif Matveï Blanter (1903-1990), et la direction musicale par le chef d'orchestre Viktor Knouchevitski (1906-1972). Le Gosdjaz devait ajouter une dimension symphonique à la musique de jazz vulgaire occidentale. 

Malgré leur nom, ni le jazz band Valentin Parnakh ni le Gosdjaz, ni les autres groupes connus tels que ceux d'Eddie Rosner (1910-1976) ou d'Alexander Tsfasman (1906-1971) ne peuvent être considérés comme des orchestres de jazz pur. Leur répertoire était plutôt celui d'un big band qui jouait des fox-trots, tangos, dixieland, swing et d'autres rythmes de danse. 

Alexander Tsfasman comme Oleg Lundstre, qui forma son orchestre de jazz en 1934 et bien d'autres, ont joué au chat et à la souris avec les autorités, rusant avec les censeurs, disposant des leurres de musique folklorique au milieu des airs de jazz. Mais ce n'était pas seulement des leurres. Le jazz russe y forgea une part de son identité comme il le fit aussi en ne coupant jamais tout à fait les ponts avec les musiciens et les compositeurs dits classiques.

En 1947, Staline lance une vaste purge anti-cosmopolitaine et anti-juive qui a duré jusqu'en 1952. Le message central était que la culture occidentale était dégénérée. Les citoyens soviétiques n'avaient absolument rien à apprendre de l'Occident. Les musiciens devinrent des «agents ennemis», des «cosmopolites» ne songeant qu'à saboter de l'intérieur la société soviétique.

Dans les années 70, l'Union soviétique a eu son heure de gloire avec un groupe de jazz libre connu dans le monde entier, le Trio Ganelin, qui a existé de 1970 à 1987, lorsque le chef d'orchestre juif Viatcheslav Ganelin a émigré en Israël.

  


Voici une histoire exceptionnelle, celle du grand musicien de Jazz, Adolf Ignatievitch Rosner dit Eddie Rosner. Le film de Pierre Henri Salfati, "Le jazzman du Goulag", était programmé sur Arte fin février, il est possible de le revoir sur http://www.myskreen.com

 

 

Eddy Rosner with his family. 1940s  Eddy Rosner in 1946           

Sa biographie d'après ipr-media-group

Eddy Rosner est né à Berlin en 1910 dans une famille juive modeste, immigrée de Pologne, il est le dernier né de six enfants. Dès l'âge de 5 ans, il est remarqué pour ses talents musicaux extraordinaires et est considéré comme un enfant prodige. Sa mère, qui joue du piano, encourage et développe ses capacités. Il suit une formation musicale au violon et piano, d'abord au Conservatoire Stern à Berlin, puis à la Grande Ecole de la Musique (chez Carl Flesh).

A 16 ans il joue déjà avec différents petits orchestres de danse  qui se forment en nombre dans le Berlin des années 20 et très vite il sacrifie à la nouvelle mode du jazz et abandonne le violon et le piano pour se consacrer exclusivement à la trompette qu'il jouera toute sa vie.

A 18 ans, au début de l'année 1929, lors d'une session musicale du group Mitja Nikisch avec les Weintraubs Syncopators, qui à cette époque, étaient déjà très connus, il fait la connaissance du leader Stephan Weintraub qui l'intègre aussitôt dans son orchestre. Weintraub, qui est de plus de 10 ans son aîné, devient son conseiller et protecteur. Entre 1929 et 1934 l'orchestre donne d'innombrables concerts  en Allemagne et presque dans tous les pays européens.  Plusieurs films sont tournés avec les musiciens, dont  « Der blaue Engel » (L'Ange bleu) avec Marlène Dietrich. 

Un grand nombre de disques sont enregistrés et les concerts sont diffusés à la radio. 1934, lors d'une visite dans une boîte de jazz à Bruxelles, Rosner rencontre Louis Armstrong.  Il impressionne tellement le grand musicien que celui-ci lui offre sa photo avec la dédicace « To the white Louis Armstrong from the black Ady Rosner ». Il semble que cette rencontre stimula Rosner dans son désir de créer sa propre formation de jazz. Il quitte la troupe de Weinlaub et se rend ( il ne peut plus entrer en Allemagne) en Pologne, où on lui offre cette occasion. Aujourd'hui Rosner est reconnu comme le fondateur du jazz polonais, puisque son jazz-band était le premier dans ce pays.

De Pologne, l'Orchestre Ady Rosner  part pour des tournées en France (Côte d'Azur, Montpellier et puis, en 1938 - Paris, Salle Pleyel avec Maurice Chevalier), Danemark, Lettonie et autres pays. À Paris l'orchestre enregistre dix titres chez Columbia, dont un n'a malheureusement  jamais été publié.

De retour à Varsovie en 1939, il rencontre Ruth, la fille de l'actrice et Directrice du Théâtre Juif - Ida Kaminski (En 1966 le film « Das Geschäft in der Hauptstrasse », dans lequel Ida Kaminski était l'actrice principale, reçut un Oscar). Ida refuse qu'ils se marient (selon le livre de Ruth Kaminski « I don't want to be brave anymore »).

En septembre 1939 les nazis envahissent et détruisent Varsovie. Rosner, qui parle l'Allemand, rend possible la fuite de la famille Kaminski et la sauve d'une mort certaine dans le Ghetto. A pied et dans des circonstances périlleuses ils traversent la Pologne vers l'Est (Bialystok) avec le reste du jadis fameux Orchestre Ady Rosner. Ils tombent alors sous la protection de l'Armée russe. Là Rosner reçoit des papiers d'identité sur lesquels il fait inscrire Ruth comme son épouse. Ils continuent jusqu'à Lemberg (Lwow) où la formation se produit au bar « Bagatelle ». Avec ses rythmes jusqu'à là inconnus des Russes et ses intermèdes drolatiques l'Orchestre devient l'événement marquant de la ville.

Après avoir assisté à un de ses concerts l'amateur passionné de jazz, Pantelejmon Ponomarenko,  premier secrétaire du parti communiste de la République Socialiste Soviétique de Belorussie, prend la formation (et Rosner) sous son « aile ». Grâce à cette protection personnelle et au soutien financier permanent, Rosner crée - dans la tradition du Big Band - le premier Orchestre Public du Jazz de  la BSSR. Entre 1940 et 1945 il est le musicien et le compositeur le plus connu et le mieux payé de toute l'Union Soviétique. Il réside au « Moskva », l'hôtel renommé  de Moscou dans lequel il occupe un étage entier. Les nombreuses tournées qu'il fait dans ce pays immense traversé à bord d'un train personnel, les concerts donnés sur le front, les émissions de radio et le grand nombre de disques enregistrés, construisent sa popularité légendaire.

Le Maréchal Rokossovski le décore de la Médaille du Courage. Bientôt il n'y aura pas un seul des 300 millions de citoyens soviétiques qui ne connaissent au moins son nom. Ses chansons et compositions deviennent des mélodies intemporelles.

En été 1941 Staline ordonne que tout l'orchestre joue pour lui seul dans une salle de concert à Sotschi. Staline est satisfait de la performance ; l'orchestre survit ...

En 1946, après la fin de la guerre et le début de la guerre froide la situation change soudainement et dramatiquement pour Rosner. Déclaré « ennemi de classe », attaqué et traité de « musicien décadent et capitaliste » dans les journaux, Rosner essaie de quitter l'Union Soviétique avec Ruth et sa première fille ... sans avoir demandé la permission requise. Ida Kaminski a déjà regagné légalement la Pologne avec son mari et son fils. Ruth reste avec Rosner en arrière ... En automne 1946 ils sont arrêtés à Moscou. Pendant 11 mois Rosner est incarcéré en isolement dans la prison redoutée de la Lubjanka ; sa compagne est elle, déportée au Kazakhstan. Sous la torture il fait des aveux forcés, ce qui lui sauve la vie. Au lieu d'être exécuté comme « traître à la patrie » et « ennemi du peuple », il est déporté en octobre 1947 à Chabarowsk, puis est déplacé à Tchukotka, et à la fin d'automne 1949 il est finalement transféré à Magadan, la capitale du GOULAG. Son amnistie est prononcée le 12 juin 1954, un an après la mort de Staline mais il ne sera réhabilité qu'en 2000.

 Même au Goulag Rosner continue de travailler. Le général Derewjanko - « tsar et dieu » de Dalstroi (camp de travail) à Kolyma - désire être diverti : le Groupe des Artistes et Musiciens du Camp (Cultbrigade) dirigé jusque là par Marina Prokofieva-Bojko est repris en main par Rosner en personne - le Jazz Orchestre du Goulag est né.  Partitions écrites la nuit, répétitions de l'orchestre le jour, concerts dans le Club militaire WSO du camp de Magadan le soir, tournées éreintantes sur « La Trace »... 

5 ans de collaboration artistique et sentimentale avec Marina dont naîtra leur fille Irina en 1953,  sont la base d'une amitié profonde qui durera même après leur séparation en 1955.                                                                                              

Après sa libération du camp,  Rosner retourne à Moscou. De nouveau Ponomarenko, à présent Ministre de la culture, le soutient et fin 1954 / début 1955 Rosner crée un  Big Band « d'Etat », Estraden Orchestre, qui en peu de temps conquière la reconnaissance du public et devient un des meilleurs orchestres nationaux. L'orchestre joue comme un organisme vivant et harmonieux, dont on reconnaît immédiatement le talent d'arrangeur et de chef d'orchestre de Rosner. Toutefois, son répertoire doit s'adapter au goût soviétique que la censure communiste lui impose. Néanmoins l'orchestre joue - à partir d'un programme officiellement permis - des pièces renommées dans le monde entier (voir notre album) classifiées sous le nom général de « Blues ». 

La Russie doit à Rosner qui « fait école » toute une génération de musiciens et chanteurs renommés. Pourtant il est sans cesse sous surveillance. Même les tournées dans les pays socialistes voisins, ou il est pourtant bien connu,  lui sont interdites. Cette tension constante le pousse à rechercher des contacts avec sa famille des USA et du Brésil.

Cependant  il est autorisé à voyager en 1968 à titre privé pour assister au mariage de sa première fille en Pologne. Puis il se rend en Tchécoslovaquie où la ville de Prague le distingue en l'inscrivant dans le Livre d'Honneur de la ville et lui remet une trompette gravée d'une dédicace du Gouvernement. 

Grâce à la requête de sa sœur qui vit aux Etats Unis remise au Président Nixon en voyage d'Etat  en Russie en 1972, l'incroyable se produit : Rosner est autorisé à émigrer aux Etats Unis ! En janvier 1973 Rosner quitte l'Union Soviétique  après 33 ans d'exil. Rosner est accompagnée de son épouse Gali, qu'il avait épousée en 1957 et qui partage sa vie depuis. Après un court séjour aux USA il s'installe définitivement dans sa ville natale Berlin.
Quelques mois après sa fille Irina et la fille de Gali, Valentina, l'y rejoignent. 

Le 8 août 1976 Rosner décède d'une crise cardiaque à Berlin - pauvre et complètement inconnu en Allemagne et en Russie rejeté dans l'oubli. Jusqu'à 1994 son nom ne fut plus mentionné, sa musique plus jouée et les bandes magnétiques de ses enregistrements originaux  « disparus ».... 


Son histoire d'après lejarsjasejazz

Eddy Rosner, né à Berlin en 1910, mort à Berlin en 1976, jouait de la trompette. Il en jouait si bien qu’après un concours de trompette, Louis Armstrong lui dédicaça sa photographie en ces termes : «  Au Louis Armstrong blanc, l’Eddie Rosner noir ».

En 1933, à Berlin, être Juif et Jazzman revient à signer son arrêt de mort deux fois. Django Reinhardt, Gitan et Jazzman , survécut à l’Ocupation grâce à la protection de Jean Cocteau. Eddie Rosner, entre la mort et l’exil, choisit l’exil. Son erreur fut de ne pas partir dans la bonne direction. Vers l’Ouest, il aurait pu rejoindre Londres puis New York. Il partit vers l’Est, la Pologne et Varsovie.

Pourquoi une telle erreur d’orientation? Par amour. L’amour fou pour une Juive polonaise, fille de la reine du théâtre yiddish. A Varsovie, Eddie survit. En 1939, Staline et Hitler se mettent d’accord pour se partager l’Europe de l’Est. Premières victimes : les Polonais, envahis par l’Armée Rouge à l’Est et la Wermacht à l’Ouest. Blague polonaise : «  Dieu  a fait une sale blague à la Pologne. Il l’a mise juste au milieu entre l’Allemagne et la Russie ». Amoureux fou de sa Polonaise, Eddie Rosner passe à l’Est déguisé dans un uniforme allemand. Fait prisonnier par l’Armée Rouge, il se fait reconnaître.

La chance lui sourit enfin. Le Premier Secrétaire du Parti Communiste de Biélorussie est un fou de Jazz et possède tous les albums de l’orchestre d’Eddy  Rosner. Il demande à Eddy de créer l’Orchestre de Jazz de l’Armée Rouge. Il lui confie un train, des instruments, des uniformes et l’envoie faire la tournée des troupes pour soutenir leur moral avec du Swing.

Comment Eddy Rosner constitua t-il son orchestre ? Avec d’autres rescapés de la barbarie nazie, le plus souvent juifs, le plus souvent musiciens de formation classique. Des violonistes devinrent saxophonistes, passèrent de Gustav Malher à Duke Elington. Nécessité fait loi.

Voici comment l’un des musiciens de l’orchestre raconte son passage à l’Est. Arrêté par la Wermacht, un officier allemand ordonne à un soldat d’aller l’abattre d’une balle dans la tête au coin d’un bois. C’est ce que les historiens appellent aujourd’hui «  La Shoah par balles ». Le soldat et le musicien s’en vont dans la forêt. En chemin, le musicien siffle un air de Schoenberg. Pour siffler du Schoenberg, il faut être musicien. Le soldat intrigué, lui demande : «  Mais c’est du Schoenberg ! Comment connais tu cette musique ?».  «  Je la jouais comme premier violon au Wiener Philarmoniker » lui répond le musicien. «  Moi aussi, je jouais du violon au Wiener avant la guerre ! «  Le soldat regarde le musicien, le reconnaît et lui dit : «  Ecoute mon gars, je ne peux pas descendre un ancien collègue du Wiener. Tu vois le bois là bas ? Les Russes y sont. Je te laisse partir, je vais tirer un coup de feu en l’air. Personne n’ira vérifier que tu es mort. Bonne chance. » Et c’est ainsi que le musicien eut la vie sauve, passa à l’Est et rejoignit l’orchestre de Jazz de l’Armée Rouge dirigé par Eddie Rosner.

Pendant toute la grande guerre patriotique (expression russe) de 1941 à 1945, l’orchestre  d’Eddie Rosner, dans son train spécial, joua pour les troupes de l’Armée Rouge, des réservistes de ‘Extrême Orient au front de l’Ouest face à la Wermacht. Un jour, à Bakou, Crimée l’orchestre donna un concert devant une salle vide. Ordre du Parti. Après le concert, Eddie apprit qu’il avait joué devant Staline, seul, caché dans l’ombre de la salle.

En juin 1945, triomphe de l’Orchestre qui joue sur la Place Rouge, à Moscou, devant Staline, le Comité central du Parti communiste de l’Union Soviétique et l’Armée Rouge pour fêter la victoire.

Après guerre, Staline se rappelle qu’Eddie Rosner est un Juif Allemand né de parents polonais. Cela fait au moins trois raisons de l’envoyer au Goulag. Une seule était déjà de trop. Eddie Rosner se retrouve en Sibérie, dans l’Archipel du Goulag, comme l’a décrit Soljenitsyne. Il n’y se retrouve pas tout seul. D‘autres musiciens de l’orchestre s’y retrouvent aussi, eux aussi Juifs allemands, polonais bref suspects par naissance et par essence pour Staline et ses sbires.

Une fois au Goulag, Eddie Rosner crée un orchestre. Il persuade son chef de camp de lui fournir des instruments. Eddie trouve les musiciens et réussit à faire tourner l’orchestre dans divers camps de Sibérie, toujours pour soutenir le moral des troupes. De cette manière, Eddie et ses amis survivent. Staline meurt en 1953, Krouychev lance la déstalinisation. Eddie Rosner et ses musiciens sont libérés. L’orchestre se reforme, joue, enregistre, tourne mais seulement en URSS.

Eddie Rosner né à Berlin, veut y retourner, dans une Allemagne républicaine et fédérale. Avec la décrispation kroutchevienne, les contacts avec l’Ouest se multiplient. Louis Armstrong, Duke Ellington, Benny Goodmanviennent en URSS, jouent avec Eddie Rosner et lui proposent de venir jouer en Amérique avec eux . Leurs impresarios envoient des courriers officiels proposant des contrats, des concerts, des engagements. L’URSS reste l’URSS et Eddie Rosner y reste enfermé, dans la plus grande prison du monde.

En 1973, enfin, Eddie Rosner arrive à Berlin Ouest. Le gouvernement soviétique lui retire sa nationalité et lui bloque ses comptes. Eddie a fait fortune en URSS avec ses albums et ses concerts. Il est à l’Ouest mais son argent est à l’Est. A Berlin Ouest, Eddie est pauvre, vieux, oublié. Il écrit au gouvernement de Bonn pour demander une indemnité comme victime de la Guerre. La lettre lui octroyant des indemnités est arrivée dans sa boîte aux lettres à Berlin le lendemain de sa mort.

L’histoire d’Eddie Rosner est racontée dans son autobiographie et un documentaire. Les deux sont passionnants. Des extraits de la musique d’Eddie Rosner sont disponibles ici. Eddie Rosner, de par ses voyages, dans l’immensité terrestre de l’Empire russe, rencontra des cultures caucasiennes, orientales et s’en inspira dans sa musique. Sa version en big band du Caravan de Duke Ellington est absolument unique. Elle vous donne l’impression de voyager à dos de chameau (deux bosses) dans le désert de Gobi.

  
Sources : 

Publié dans Musique

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Wholly Cats ( swing band) 02/05/2013 08:26


Jeudi 23 mai 2013 à 20h30 à l'Espace Rachi - Guy de Rothchild,


hommage à Eddie Rosner le « Jazzman du goulag »


La soirée débutera par un concert swing des Wholly Cats, où six instrumentistes et une chanteuse auront le plaisir de vous enchanter avec des morceaux et arrangements inédits. Le concert sera
suivi par la projection du documentaire sur la vie d'Eddie Rosner,« le jazzman du goulag ».

En présence de
Natalia Sazonova, auteur du livre sur Eddie Rosner « Red Jazz ».
Irina Prokofieva-Rosner, fille cadette de Eddie Rosner (sous réserve).

Cet événement a été initié par Anima & Cie, association accompagnatrice de projets culturels novateurs en partenariat avec le Centre d’art et de culture - Espace Rachi - Guy de
Rothschild.

Espace Rachi - Guy de Rothschild : 39 rue Broca, 75005 Paris
Tarif : 22€ (Concert + projection).
Réservations au 01 43 31 93 60 ou sur www.culture-juive.org/
M° Censier-Daubenton (ligne 7) - Bus 21, 27, 47, 91,83 - Parking place des Patriarches

Première partie : Concert des Wholly Cats
Créés en 2007 sous la houlette d'Alexandre Litwak, les Wholly Cats se situent dans la droite ligne des petites formations des années trente et quarante. N'hésitant pas à reprendre et à
transformer des arrangements de big band pour les jouer sous cette forme plus légère.
« Swing » et « bonnes harmonies » sont les deux mots d'ordre de cet orchestre. Reprenant ainsi à leur compte la devise du big band de Jimmie Lunceford : « T'aint what you do, it's the way that
you do it ! » (Ce qui compte ce n'est pas ce que vous faites, mais comment vous le faites !)

Deuxième partie : Projection du « Jazzman du goulag »
Ce film a obtenu l’International Emmy Award du Meilleur Documentaire sur les Arts, New York 2000. Nominné au 7 d’or, France 2000. Golden Gate Award, Festival International du Film de San
Francisco, 2000. Czech Crystal du Meilleur Documentaire, Festival Golden Prague 2000.