Egypte : grande confusion

Publié le par danilette

   Mohammed Morsi                                                   Ahmed Shafiq

 


AP — Ahmed Shafiq, dernier Premier ministre de l'ancien président Hosni Moubarak, a remporté l'élection présidentielle en Egypte, a réaffirmé mardi son équipe de campagne.

 

Les Frères musulmans ont revendiqué la veille la victoire de leur candidat Mohammed Morsi, même si les résultats officiels du second tour organisé samedi et dimanche ne seront proclamés que le 21 juin.

La confrérie islamiste a effectué son propre décompte, à partir de chiffres en provenance de plus de 10.000 bureaux de vote dans tout le pays. Mohammed Morsi obtient selon les Frères musulmans 51,8% des suffrages, contre 48,1% à Ahmed Shafiq. Son équipe de campagne a aussitôt contesté ces résultats, accusant Mohammed Morsi de tenter d'"usurper" la présidence.

Les chiffres des Frères musulmans sont "faux" et Ahmed Shafiq, considéré par ses détracteurs comme le candidat des militaires, "est le prochain président d'Egypte", a déclaré mardi son porte-parole, Ahmed Sarhan. M. Shafiq, a-t-il ajouté, devance de quelque 500.000 voix Mohammed Morsi et a recueilli 51,5% des voix. AP 


 

AFP — Les appels à manifester ont été lancés par des organisations de jeunes militants pro-démocratie et la confrérie islamiste. Le rassemblement est prévu dans l'après-midi et des cortèges doivent se diriger vers le siège du Parlement, tout proche. Le Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir en Égypte depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011, a annoncé lundi sa volonté de remettre les clés de l'exécutif au futur président avant la fin du mois, tout en gardant pour lui le pouvoir législatif et en contrôlant d'autres verrous institutionnels au nom de «l'équilibre des pouvoirs».

Ces nouvelles dispositions, vivement contestées par les Frères musulmans et les partis de la mouvance «révolutionnaire», qui les ont assimilées à «un coup d’État», sont contenues dans une «Déclaration constitutionnelle complémentaire» publiée dimanche soir par le CSFA. Les prérogatives législatives, assumées par le CSFA après le départ de M. Moubarak, avaient été transférées un an plus tard au Parlement issu des urnes. Mais la chambre des députés, dominée par les Frères musulmans, a été dissoute samedi au motif d'irrégularités dans le mode de scrutin.

«Les Frères et l'armée se préparent à la bataille du Parlement», écrit mardi le quotidien libéralal Wafd. Le bras de fer entre les deux parties intervient à deux jours de l'annonce officielle des résultats de la présidentielle égyptienne, qui a profondément divisé le pays et fait redouter de nouvelles tensions. Le candidat des Frères musulmans, Mohammed Morsi, a revendiqué lundi la victoire à cette élection. Mais le camp de son rival Ahmad Chafiq, ultime Premier ministre de Hosni Moubarak, a assuré qu'il était en tête dans les résultats provisoires du scrutin qui s'est achevé dimanche soir, en accusant les islamistes de chercher à «voler» la présidence.

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