Indignation ou incitation? Qu'arrive-t-il à M. Hessel qui dévoie son honneur passé ?Par Menahem Macina

Publié le par danilette

Avant son « opus maior » et best-seller, Indignez-vous ! (Pour une insurrection pacifique), 40 pages, 3 euros, éditions Indigènes, oct. 2010, Stéphane Hessel, né en 1917, n’aura publié que deux livres (uniquement autobiographiques) : Danse avec le siècle (autobiographie) Seuil, 1997, et Dix pas dans le nouveau siècle, Seuil, 2002 (1). En comparaison, Jean D’Ormesson, son presque contemporain (il est né en 1925), apparaît comme un auteur prolixe, avec 34 ouvrages publiés (2).

Quand on connaît les grandes lignes du passé de l’ex-déporté politique, auréolé de gloire et de respectabilité et amplifié aux dimensions d’une légende par des médias peu regardant en matière d’objectivité, on est tenté de s’interroger sur les raisons de ce long silence antécédent, et surtout de se demander quel a été l’événement déclencheur de cette soudaine « indignation », dont son opuscule a fait un produit de grande consommation.

Comme l’ont noté quelque trop rares critiques, qui ont su résister au tsunami d’adulation dont est l’objet ce grand taiseux, devenu soudain si prolixe dans les médias, il est tout de même étrange que ce presque centenaire, au passé si glorieux, prenne soudain feu pour la seule cause palestinienne, comme si d’elle dépendait le sort de la planète ou qu’elle constituait le comble de l’injustice et de l’horreur. Ce qui lui vaut ce jugement terrible d’un haut magistrat français (3) :

Au fond, cet homme sur lequel se seraient concentrées les vertus de vérité, de justice et d'équité n'est pas aussi exemplaire, aujourd'hui, qu'il l'était hier dans les épreuves et les honneurs qu'il a connus. Il a décidé de gommer toute une part de la réalité. Il s'épargne les embarras du choix et de la conscience en félicitant, par exemple, les Palestiniens d'avoir sauvegardé les droits des enfants à Gaza alors qu'ils s'en servaient parfois comme boucliers. Il est commode et facile de jouer au "juste" quand on ne tient jamais les deux bouts de la chaîne et qu'on a décidé, au nom de son camp, de n'appréhender l'Histoire et les drames du monde qu'avec un regard délibérement mutilé. S'il faut choisir, je préfère mille fois les affres d'un Finkielkraut aux suavités partisanes d'un Stéphane Hessel. L'un prend en charge le tout pour penser quand l'autre n'en saisit qu'une partie pour militer.

Réagissant à la phrase suivante : « Aujourd’hui, ma principale indignation concerne la Palestine, la bande de Gaza, la Cisjordanie », un autre critique commente (4) :

[…] attitude légitime et respectable, mais qui contient difficilement la colère haineuse qui altère son flegme poétique chaque fois que, dans un débat, il est question d’Israël. Faisant le décompte des pertes de l’opération « Plomb durci » qui a provoqué la mort de plus d’un millier de Gazaouis, il remarque qu’elle a fait« seulement » une cinquantaine de blessés du côté israélien, et on y sent l’ombre d’un regret, d’autant qu’il croit bon ajouter cette énormité : « Que des Juifs puissent perpétrer eux-mêmes des crimes de guerre, c’est insupportable ». Comme si quoi que ce soit, dans leur qualité, leur passé, leur souffrance, devait les préserver, les immuniser ou leur interdire de se comporter salement comme tous les hommes sous toutes les latitudes en tous temps, car toute guerre est une sale guerre. […] Imaginez mais ne cherchez pas, car cela n’y est pas. Vous n’y trouverez pas […] d’indignation sur la violation des droits de l’homme en Birmanie, en Chine, en Iran, en Corée du Nord, en Libye, en Tunisie et dans tant d’autres pays, car l’indignation de Stéphane Hessel est à géométrie variable. Manifestement, sa boussole intérieure s’est bloquée sur ce pays honni [Israël].

On suspectera, bien sûr, ces deux auteurs de parti pris tribal. Admettons. Mais ce qui ne souffre pas de discussion, parce qu’il s’agit d’un fait irréfutable et documenté, unique, sauf erreur, dans les annales du discours public d’un intellectuel (si tant est que M. Hessel en soit vraiment un), c’est d’entendre, de la bouche de ce patriarche que d’aucuns considèrent comme un maître à penser et un moraliste patenté, une brutale incitation à la haine d'un peuple, qui rappelle (tant pis si je me fais scalper pour avoir écrit cela !) les pires éructations antisémites nazies : « Israël, assassin ! Israël assassin! »


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Cliquer sur l'image pour atteindre la vidéo]

 

Que vous en semble ?

 

Notes

(1) Pour être honnête, il faut encore mentionner un recueil de 88 poèmes : Ô ma mémoire : la poésie, ma nécessité, Seuil, 2006 (rééd. 2010), un livre de conversations avec Jean-Michel HelvigCitoyen sans frontières, Fayard, 2008, et une préface à l’ouvrage de Robin Walter, "KZ Dora" Volume 1, Des ronds dans l'O, 2010, c’est peu, pour un homme de sa trempe.

(2) Source Wikipedia : L'Amour est un plaisir (1956) ; Du côté de chez Jean (1959) ; Un amour pour rien (1960) ; Au revoir et merci (1966) ; Les Illusions de la mer(1968) ; La Gloire de l'Empire (1971) ; Au plaisir de Dieu (1974) ; Le Vagabond qui passe sous une ombrelle trouée (1978) ; Dieu, sa vie, son œuvre (1981) ; Mon dernier rêve sera pour vous (1982) ; Jean qui grogne et Jean qui rit (1984) ; Le Vent du soir (1985) ; Tous les hommes en sont fous (1986) Le Bonheur à San Miniato (1987) ;Album Chateaubriand (1988) ; Garçon, de quoi écrire (avec François Sureau, 1989) ; Histoire du juif errant (1991) ; Tant que vous penserez à moi (entretien avec Emmanuel Berl, 1992) ; La fureur de lire la presse (17 octobre 1992) ; La Douane de mer (1994) ; Presque rien sur presque tout (1995) ; Casimir mène la grande vie(1997) ; Une autre histoire de la littérature française (tome I, 1997 et tome II, 1998) ; Le Rapport Gabriel (1999) ; Voyez comme on danse (2001) ; C'était bien (2003) ;Et toi, mon cœur, pourquoi bats-tu ? (2003) ; Une fête en larmes (2005) ; La Création du monde (2006) ; Odeur du temps (2007) ; Qu'ai-je donc fait ? (2008) ; L'enfant qui attendait un train (2009) ; Saveur du temps (2009) ; C'est une chose étrange à la fin que le monde (19 août 2010).

(3) Philippe Bilger, "Ne vous indignez pas !".

(4) Pierre Assouline"A-t-on le droit de ne pas s’indigner avec Stéphane Hessel ?".

 

© Menahem Macina

 

Mis en ligne le 05 janvier 2011, par Menahem Macina, sur le site France-Israël.org

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Marie 13/02/2012 15:27


A lire : http://www.atlantico.fr/decryptage/stephane-hessel-indignez-gilles-william-goldnadel-vieil-homme-m-indigne-livre-bobos-273714.html


http://www.atlantico.fr/decryptage/stephane-hessel-indigne-en-chef-pensee-conforme-gilles-william-goldnadel-268883.html

Denis 13/02/2012 15:01


Il y a un terrible problème de vocabulaire dans le dernier message et c'est un euphémisme car il y a aussi bien d'autres problèmes de style, grammaire, clarté, c'est illisible et le sens est
complètement hermétique...

Baptiste Milhorat 13/02/2012 00:25


Il y a un terrible problème de vocabulaire dans ce blog, la force d'un propos qui assigne le totalitarisme à être exclus de tout système de contrôle oligarchique est le plus fin des arguments que
puisse avoir quelqu'un qui appartient de fait à une structure sociale qu'il juge indignante parce qu'elle l'est. Un acte est une expérience en voie d'acquisition tant qu'il existe en droit. Je ne
suis pas classé juif, Stéphane Hessel l'est par tradition, je vois bien d'avantage de lâcheté dans les processus d'exclusion des roms du territoire français que l'appréhension des propos d'Hessel
mais si l'idéalisme est accusé d'être une liberté  il me semble que malheureusement les frontières sont les limites de la droiture et qu'autrement supprimmer aussi la liberté de penser de
quelqu'un par la négation de ses logiques primaires revient à le déshumaniser encore plus que si l'humanité souffrait seulement d'un handicap refutant sa faiblesse morale immanence de non action
par propriété culturelle. La malice d'un humain n'est pas pour moi à ignorer en tant que mentalité "toujours" et encore trop douteuse de sa propre liberté au service d'une peur "affranchie" du
contrôle de ses causes mais j'affirme plus sûrement pourtant que le courage n'est pas celui d'un dieu unique en certain et irréel en d'autre mais la preuve inconditionnelle qu'il existe en
chacune des vies humaine une force qui fait de la survie de son sens l'attribution même du sens de chaque vie à à tout les instants. L'Histoire qu'on oublie assez alors qu'on l'a vécue est
l'Histoire qui a pu être oubliée naturellement et culturellement. Il est certainement misérable que de violer la mémoire d'un être mais plus encore que de la stériliser par ce qu'en tout
processus la mort est la dernière sanction de l'identité qu'elle est moins qu'avant puis plus rien du tout d'identifiable (-au moins pour un moment)  je ne souhaiterais plus que dans le
meilleur des cas celle de tout pouvoir coupable de souffrance et de honte et non uniquement celle d'une expression plus joyeuse jugée pour pire que la souffrance elle même. L'intolérance existera
tant qu'on s'animera respécté-es et méprisé-es et sa disparition totale ne pourrait être la fin que toutes les souffrances exprimées ou gardées en secret.   

danilette 13/02/2012 14:49



Cher Batiste, pourriez-vous reformuler votre message, s'il vous plaît,  je n'ai rien compris...



la prison ruinee 12/02/2011 20:03



Après le grand succès d’ HESSEL, la sortie d’un petit livre, aux mêmes éditions Eet cette fois-ci d'une inconnue : LA PRISON RUINÉE par BRIGITTE BRAMI: 40 pages pour 2 euros 85.
Sylvie Crossman : Brigitte Brami, 46 ans, a passé cinq mois à la maison d’ arrêt des femmes à Fleury-Mérogis. Elle en rapporte ce petit chef d ouvre de pensée et d’ écriture, à contre-courant de
tout ce qui s écrit et se dit sur la prison aujourd’ hui, où la littérature retrouve sa force de vérité et d engagement.
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