IRAN : LA LETTRE À CARLA, Iran Resist

Publié le par danilette

Je suis comme de très nombreuses personnes sincères et de bonne volonté (y compris Carla Bruni et d'autres), remplie de compassion en pensant à la malheureuse Sakineh et à ses enfants. En consultant le site Iran-Résist, je viens de tomber sur cette lettre, je vous laisse juge, en allant voir d'autres articles, vous serez sans doute comme moi, très surpris de ce que vous y lirez, ce n'est pas du tout ce qu'on a l'habitude de lire dans les media.
J'y ai lu en particulier que l'attaque Stunext ne provient absolument pas des Israéliens et pleins d'autres infos décapantes sur lesquelles je ne sais pas trop quoi penser, n'étant pas suffisamment informée pour démêler le vrai du faux. J'attends les commentaires de lecteurs plus au fait de ce qui se passe en Iran et capables d'analyses pertinentes.


Lire l'article sur le site Iran Resist


La lettre à Carla

Washington sanctionne les mollahs afin de les forcer à devenir ses alliés pour déstabiliser la Chine et la Russie. Privés de devises par ces sanctions, l’économie iraniennes va très mal : les PME sont en faillite et les ouvriers sont licenciés par milliers [1]. Les mollahs ont également du mal à approvisionner les marchés intérieurs. Ils vont aux devants des pénuries qui pourraient les emporter. Pour éviter ces pénuries, ils ont commencé à réduire le pouvoir d’achat des Iraniens en gelant les salaires et libérant les prix. Tous les alliés du régime, miliciens et surtout les Bazaris, ont envie de quitter le navire pour ne pas être lynchés par le peuple quand le régime s’effondrera. Certains comme les jeunes bassidjis, chargés de la sécurité urbaine, ont déjà quitté le régime. Le régime fait son possible pour donner l’impression d’une unité pour endiguer cette implosion. Washington, qui veut préserver un régime islamique en Iran, est bien embêté car il veut éviter que son peuple soit au courant de ce qui se passe en Iran afin qu’il ne soutienne pas un changement de régime. Il a trouvé LA solution : une campagne pour sauver une femme condamnée à la lapidation : une victime pour détourner les regards d’un peuple en détresse. Téhéran qui ne veut pas non plus de ce soutien du peuple américain participe à l’opération via un soi-disant avocat de la victime qui se dit un exilé, mais ne dénonce rien des exactions du régime.

Des people ont été instrumentalisés pour cette campagne. Il y a une lettre par jour par une célébrité pour focaliser sans cesse l’attention générale sur une seule victime alors qu’un peuple attend et désespère. C’est révoltant car on veut briser l’espoir des Iraniens.

Parmi ces lettres, certaines sont écrites par des gens politiquement impliqués avec les mollahs ou avec les Américains, nous n’en parlerons pas car nous voulons plus de procès par ces pions dotés de moyens financiers très élevés, mais il y a dans le lot d’autres lettres écrites par des gens sincères. Parmi celles-ci, la lettre de Mme Carla Bruni-Sarkozy nous a interpellés car elle contient des éléments montrant sa sensibilité et sa sincérité, mais aussi son manque d’informations.

C’est pourquoi nous avons décidé d’interpeller à notre tour la première dame de France pour l’informer afin qu’elle puisse mettre son énergie et celle de son mari au service de la vérité et d’un peuple en détresse qui attend le soutien de l’Occident.

Madame Carla Bruni-Sarkozy a commencé sa lettre par une évocation émue de la douleur ressentie par Sakineh et par ceux qui assisteraient impuissants à sa mise à mort atroce par lapidation. Elle évoque par la suite d’« obscures raisons » qui motivent les juges avant de les appeler à se rappeler leur « héritage de la civilisation iranienne » pour abolir la peine de mort…

C’est là que nous arrêtons momentanément la citation car les mollahs ne sont pas les héritiers des valeurs de la civilisation iranienne et pour être plus exact, l’empire préislamique perse [2]. Les mollahs ne se voient pas comme tels et ont justement fait cette révolution pour effacer ces « méfaits de ces 2500 ans de monarchie » dont notamment les points forts ont été l’égalité des droits entre les hommes et les femmes et la tolérance religieuse envers tous les cultes. Mais ce qui est terrible est que ces gens-là tenus à un rôle politique restreint avant 1979 ont reçu les pleins pouvoirs car la France parmi d’autres Etats occidentaux les a aidés à prendre le pouvoir.

Vous vous souvenez sans doute Madame, qu’en 1978, un certain Khomeiny [3a vécu en France avec des privilèges accordés à un chef d’Etat. La France faisait les yeux doux au vieux mollah et sa cohorte de barbus peu avenants (financés par les Etats-Unis) car elle avait alors un problème avec le Chah d’Iran [4] : en 1973, ce dernier avait averti qu’il ne renouvellerait plus un contrat pétrolier très désavantageux qui liait son pays aux Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la Hollande et la France. Il était alors devenu l’homme à abattre. Pour légitimer un soutien hors du commun à ses pires adversaires, les mollahs, l’on avait écrit qu’il avait un profil de tortionnaire et fait plus de 100,000 prisonniers politiques,prisonniers imaginaires que l’on n’a pas retrouvés au lendemain de la révolution islamique. En revanche, celle-ci a immédiatement établi la charia en commençant son œuvre en brûlant vivantes des prostituées, puis elle a mis en place le viol systémique des milliers de femmes avant leur exécution et enfin les premières lapidations… Mais votre pays dont vous êtes fière n’a nullement condamné ces violations revendiquées des droits de l’homme car elle négociait son contrat pétrolier. Puis, ce régime a flétri la jeunesse iranienne en fixant la majorité pénale à 12 ans et demi pour les garçons et à 8 ans et demi pour les filles. Chaque année des milliers d’enfants sont envoyés en prison avec les grands. Pour les filles, la situation est plus grave car on peut les épouser à partir de 8 ans et demi. Chaque année plus de 100,00 fillettes sont victimes de cette forme de pédophilie dépénalisée facilitée par le mariage temporaire et la polygamie illimitée qui ont fait de l’Iran une destination pour le tourisme sexuel. Mais la France occupée à signer des contrats pétroliers à des prix très bas avec les mollahs n’a jamais condamné ces crimes ou les autres exactions des mollahs, pas même les assassinats politiques. Pour plaire aux mollahs, elle n’a pas été tendre avec la réputation des opposants et elle a surtout aimé et médiatisé des soi-disant experts [5] qui aident le régime à cacher cette réalité nauséabonde. La France a même fait pire : il y a quelques années, nous avions révélé le cas d’une fillette de 13 ans violée et condamnée à lapidation pour adultère : on se souvient que le Quai d’Orsay a démenti officiellement l’information pour ne pas nuire à la survie de son partenaire.

Aujourd’hui, la France parle d’un seul cas de lapidation alors que le pays entier brûle. Madame, vous pouvez sauver Sakineh, mais vous devez aussi sauver les Iraniens. Cela est dénué de risque pour vous. Le risque sera pris par mes compatriotes qui sont « à distance d’une goutte de sang de la liberté » comme le dit le chanteur engagé, Hatef. Les Iraniens sont prêts à verser cette goutte de sang, mais il faut que leur présence dans la rue obtienne le soutien de tous et que l’on ne répète pas l’expérience de l’été 2009 quand ils étaient desmillions dans la rue et que Obama et ses alliés dont votre époux leur avaient tourné le dos.

Dans votre lettre, vous appelez les mollahs à changer la loi pour aider les Iraniens « à tourner le dos à la barbarie ». Les Iraniens ne sont pas en cause. Depuis longtemps, ils ont tourné le dos à la barbarie, ils se sont même mis en danger pour le montrer, mais on ne les a pas soutenus.

On peut effacer ces erreurs. Madame, vous pouvez être à l’origine de ce changement car votre époux a certainement des obligations internationales [6] ou des engagements vis-à-vis de ses alliés américains qui l’empêche d’aller aussi loin qu’il le voudrait. C’est donc à vous de mener ce combat.

Pour cela, il faut parler le langage de la vérité : parler de ce peuple maltraité et révolté, de ce qu’il vit. Il faut cesser de donner de la publicité aux faux opposants promus par Washingtonou par les mollahs [7]. Il faut aussi couper les ponts avec des personnes comme Shirin Ebadi [8] qui se disent des défenseurs des droits de l’homme mais n’ont jamais dénoncé les viols des prisonnières, la pédophilie dépénalisée, la condition féminine, la condition des enfants, l’exécution des homosexuels et des convertis ou encore les assassinats du régime car elles ont soutenu la révolution islamique et cherchent encore à l’aider en appelant régulièrement les Occidentaux à négocier avec les mollahs. Il faut oublier ces leurres et aider les gens simples qui ont un désir simple : non pas la fin de la peine de mort, mais la fin d’un système de lois abjectes et la fin de ceux qui les appliquent. La France a participé à la mise en place de ces monstres. Elle peut aider les Iraniens à s’en défaire.

En 1979, un des hommes qui pour quelques barils a mis mon peuple en cage était le président de la république française, Valery Giscard d’Estaing. Il participe aujourd’hui à la campagne de Sakineh qui a pour but d’éloigner l’attention du peuple français des attentes du peuple iranien.

Madame, nous vous demandons de quitter cette coalition de faux défenseurs des libertés qui se focalisent sur une loi et non sur tout le système, sur une victime et non sur 70 millions de victimes en détresse.

Venez marcher aux côtés des Iraniens. C’est à vous de la faire car votre époux a des obligations internationales ou des engagements qui l’empêche d’aller aussi loin qu’il le voudrait. C’est à vous de mener ce combat. Vous en êtes capable. Vous avez les artistes avec vous. Aidez-nous. Aidez-nous. Aidez-nous. Un peuple vous attend.© WWW.IRAN-RESIST.ORG 

PS. Nous demandons à nos lecteurs de diffuser largement cette lettre, s’il le faut plusieurs fois par jour. Il faut l’imprimer et la signer pour l’envoyer par courrier à Carla. Aidez-nous. Aidez-nous. Aidez-nous. Un peuple vous attend.

Publié dans Iran

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