Israël : La peine du 18 juin, Shraga Blum

Publié le par danilette

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Le 18 juin 2013 ne restera pas dans les annales israéliennes comme un jour de gloire. En chœur et en fanfare les trois principales chaînes israéliennes ont renoncé à leur programme habituel pour retransmettre la grande messe en l’honneur des 90 ans de Shimon Pérès en direct depuis Jérusalem. Jamais depuis 1948 un dirigeant israélien n’aura eu droit à un tel étalage de flatteries démesurées,  d’honneurs appuyés et bien-sûr d’encouragements vifs à poursuivre « son inlassable combat pour la paix » qui comme tout le monde le sait et le voit, est à portée de main pour autant qu’Israël veuille juste faire les « douloureuses concessions » attendues avec impatience par le monde entier.


Ce soir, mon cœur n’était pas avec le président dont les yeux s’illuminaient à la vue des danseurs  qui  rythmaient le chant « Give peace a chance », sous le sourire béat de Bill Clinton. Non, ce soir, mon cœur était avec les familles des plus de 1000 juifs assassinés sur « l’autel de la paix » soigneusement édifié pierre par pierre par ce même Shimon Pérès et son groupe de dangereux rêveurs lors des accords d’Oslo, à propos desquels il a encore redit sa fierté il y a quelques jours. Curieusement, les conséquences tragiques de ces Accords n’ont pas été mentionnées dans le film qui retraçait sa vie. Manque de temps sans doute.


Les familles des victimes n’étaient bien-sûr pas conviées à ce festival de flagornerie dans lequel se pressaient toute la jet-set et le gotha israéliens ainsi que les inévitables vedettes démocrates du showbiz américain venus tous chanter l’hymne à la gloire du pèlerin des « Deux Etats ». L’ancien premier ministre britannique, Tony Blair, qui a prononcé les paroles d’introduction, s’est purement lancé dans un discours politique qui donnait le ton de toute la soirée.


Même le « Haaretz »  titrait « Soirée de luxe, flatterie et biographie rafistolée », et ironisait sur le fait « que la télévision israélienne n’avait même pas eu l’excuse de celle de Corée du Nord qui, le pistolet sur la tempe, est obligée de célébrer le culte de ses dirigeants ». Yonit Lévy, la mythique présentatrice de la 2e chaîne, d’ordinaire grave et tragique, était pour la première fois joviale et tout sourire, qualifiant Pérès « d’israélien le plus populaire au monde ». Forcément. Tout comme le discours d’Obama devant les étudiants dans cette même salle, l’hommage à Shimon Pérès transpirait la volonté de tout ce que la gauche compte comme leviers et alliés de mettre en exergue « le bon Israélien » face au « réfractaire », celui qui refuse de marcher selon le diktat de la bien-pensance internationale.


Le 18 juin 1940, le général de Gaulle lançait son célèbre appel pour faire barrage à Hitler. Le 18 juin 2013, Israël fêtait celui qui dit oui au négationniste Abou Mazen qu’il appelle « mon ami ».


Triste soirée.

Par Shraga Blum


     

 

     

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