Israël, le droit de vaincre par Léon Rozenbaum

Publié le par danilette

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 En fin de compte, revient toujours le même schéma: dans le substrat de la pensée occidentale, et pour cent mille raisons inavouables, Israël n'aurait pas le droit de vaincre. 

Peu importe que soit reconnu, du bout des lèvres, le droit des Juifs à se défendre face à une agression, peu importe que tout le monde sache que tout le territoire israélien se trouve à la portée des missiles terroristes et que plus de 6500 soient tombés, du sud au nord, sur les villes et villages d'Israël depuis trois semaines, les ripostes israéliennes seraient toujours "disproportionnées".

Peu importe que tout le monde sache que c'est seulement grâce à une invention israélienne, le "dôme de fer", un système de défense active qui analyse à la vitesse de l'éclair la trajectoire des missiles et choisit de n'abattre en plein ciel que ceux qui vont frapper des zones habitées, épargnant ainsi des milliers de vies juives, la seule misère dont on doive s'indigner serait celle des agresseurs.

Le Peuple d'Israël revient de loin. Après mille ans de développement dans son pays, entre Méditerranée et Jourdain durant lesquelles s'est développée la civilisation hébraïque qui a donnée au monde la Bible et une conception exigeante de la morale fondée en dernière analyse sur l'unicité du genre humain et la non-relativité des valeurs, il a perdu en l'an 70, son indépendance politique sous les coups de l'armée romaine. 
Il a fallu dix neuf siècles d'un long exil et d'une dispersion sans précédent, parsemés de souffrances sans nom, pour que soit exaucé le vœu millénaire du retour à la souveraineté juive dans son pays, après un vote solennel de la Société des Nations après la première guerre mondiale et un vote de l'ONU après la seconde guerre mondiale et la Shoa.


En 66 ans, Israël, dans un effort incomparable a rassemblé une majorité de ses exils, et rebâti, sur un quasi-désert de taille très modeste, un pays performant dans les domaines scientifique, médical, de la création artistique, de l'agriculture, de la défense, de l'informatique, et de l'aide aux pays émergeants.


Lorsque le monde musulman sécrète des mouvements terroristes acharnés sans complexes à l'anéantissement des Juifs en général et de leur Etat souverain en particulier et ne se contente pas de paroles mais passe à l'acte violent, il devrait être considéré comme légitime par la conscience universelle, et par les Etats occidentaux en particulier, qu'Israël se défende, contre-attaque face à ses ennemis, et les vainque.
Or c'est le contraire qui se produit: Israël doit se battre "une main dans le dos" sous le contrôle sourcilleux d'un Occident qui s'arroge une posture morale qu'il n'a pas, pour transformer les victoires militaires d'Israël en défaites politiques qui engendrent des situations de plus en plus menaçantes pour lui.


Ceci est d'autant plus scandaleux en ces temps de "printemps arabe" où des centaines de milliers de victimes arabes meurent en Syrie, en Irak, en Lybie et ailleurs dans l'assourdissant silence de l'Occident. 
De fil en aiguille, on en vient, depuis Israël, à se poser de graves questions sur le positionnement réel de l'Occident. Derrière les protestations d'amitié pour Israël, qui ne sont pas rares en temps de calme, ne se dissimuleraient-ils pas de vieux démons médiévaux qui resurgiraient dès qu'Israël est acculé à se défendre? L'imagerie chrétienne des temps primitifs réapparaîtrait-elle dès que les Juifs portent les armes? 


Trop nombreux sont les Israéliens qui croient encore qu'Israël peut attendre une approche équitable de ses problèmes de la part des Occidentaux. Mais lorsque la question touche à la vie de ses citoyens, à son avenir collectif, il est impératif que l'Etat hébreu n'écoute que sa conscience, la voix de son peuple et n'hésite plus à porter le fer au cœur de l'ennemi pour le vaincre et éloigner durablement les dangers qui pèsent sur lui. Ce n'est pas seulement son droit, c'est son devoir historique.

Publié dans Léon Rozenbaum

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