Israël perd un ami Vaclav Havel

Publié le par danilette

Je me souviens de la visite de Vaclav Havel en Israël en 1990, je me trouvais au musée Beth Hatefutsot où une réception avait été organisée, je n'oublie pas l'orchestre qui avait joué successivement l'hymne tchèque puis l'hymne israélien pratiquement identique excepté le tempo différent, inspirés tous deux de La Moldau, du compositeur juif tchèque Smetana...

J'ai retrouvé un article de l'époque :link

"En avril, le président tchécoslovaque Vaclav Havel a fait une visite d'état en Israël. Havel est le premier chef d'état des pays de l'Europe de l'Est à visiter l'Israël; il a été accueilli avec de nombreuses marques d'honneur et une grande cordialité. Dans le courant des trois jours passés en Israël, l'hôte s'est vu conféré le titre de docteur honoris causa en philosophie par l'Université hébraïque de Jérusalem.
Havel salua également un congrès de plus de 4'000 personnes organisé par des Israélites de souche tchèque. Pour clôturer son voyage en Israël, Havel a visité un kibboutz portant le nom d'un autre président célèbre tchèque, «Kfar Masrik». Selon les articles de journaux, Havel a «été presque étouffé» par les marques de reconnaissance et de sympathie des habitants du kibboutz. Z. L."

 


Vaclav Havel - la biographie

 
http://old.radio.cz/fr/article/36245
Vaclav Havel aimait dire que sa vie était faite d'un grand nombre de paradoxes. Une autre façon, peut-être, de constater, qu'un destin hors du commun a été réservé à une personnalité extraordinaire, brave et ferme face à tous les défis que la vie puisse apporter. Un esprit fin, un intellectuel brillant et, à la fois, un être sensible et vulnérable... Vaclav Havel, Président de la République tchèque.
Vaclav Havel travaillant dans une brasserie - 1975, photo: CTKVaclav Havel travaillant dans une brasserie - 1975, photo: CTK
Issue d'une riche famille d'entrepreneurs dans le bâtiment, de Prague, Vaclav Havel a connu une enfance harmonieuse dans un milieu cultivé. Tout change après le putch communiste de 1948. Il ne peut pas étudier comme il le souhaite. En 1961, il entre au théâtre, Na Zabradli, comme accessoiriste, pour lequel il écrit ses premières pièces, influencées par le théâtre de l'asburde. Il écrit pour des revues artistiques, devient président du Club des écrivains indépendants... L'écrasement du Printemps de Prague par l'armée soviétique et ses alliées, en 1968, et la normalisation qui s'en suit, obligent Vaclav Havel à quitter le champ de la culture officielle. Réfugié, la plupart du temps, dans sa maison de campagne, il écrit ses célèbres essais. Il s'engage dans l'opposition anticommuniste, il est l'un des promoteurs de la fameuse Charte 77, grand mouvement de dissidents tchécoslovaques. Il est mis en prison, à plusieurs reprises, où il passe, au total, près de cinq ans.
En novembre 1989, Vaclav Havel devient la principale figure de la Révolution de velours. Quelques semaines plus tard, l'impossible devient réalité : il est élu Président de la Tchécoslovaquie. Après l'éclatement de la fédération tchécoslovaque, en janvier 1993, il devient le premier Président de la République tchèque pour être réélu, en janvier 1998. Son mandat de cinq ans expire le 2 février 2003.
Vaclav Havel avec sa première femme, OlgaVaclav Havel avec sa première femme, Olga
Jusqu'à la fin de son mandat, Vaclav Havel a jouit d'une cote élevée auprès de l'opinion publique tchèque, bien que celle-ci ait un peu baissé par rapport à ce qu'elle était dans les années postrévolutionnaires, marquées par l'euphorie générale. C'est naturel... Côté privé, Vaclav Havel a été marié deux fois. Il vit avec sa seconde femme, Dagmar, ancienne comédienne très populaire, qu'il a épousée après la mort, en 1996, de sa première femme, Olga. Celle qu'il a immortalisée dans ses célèbres Lettres à Olga.
Vaclav Havel avec sa seconde femme, Dagmar, photo: CTKVaclav Havel avec sa seconde femme, Dagmar, photo: CTK
Au cours des dernières années, Vaclav Havel, qui souffrait de nombreux problèmes de santé graves, a subi plusieurs interventions chirurgicales et compliquées. Indomptable, il a semblé, pourtant, toujours oublier ses problèmes de santé rapidement en se lançant, avec un élan nouveau, dans des activités professionnelles... Dès qu'il aura quitté définitivement le Château, il compte se consacrer, de nouveau, à écriture. Il ne veut pas pour autant entièrement renoncer à d'éventuelles activités publiques. 

Vaclav Havel, notre ami, Luc Rosenzweig

http://www.fmradiosjuives.com/vaclav-havel-notre-ami

Avec Vaclav Havel, le peuple juif et l’Etat d’Israël perdent un ami qui ne leur a jamais manqué. Le premier président de la Tchécoslovaquie libérée du joug communiste avait renoué avec la tradition de son pays, dont les livraisons d’armes entre 1946 et 1948 permirent au Yishouv, puis à Israël de se défendre contre ses agresseurs. Soumise à la domination soviétique, la Tchécoslovaquie officielle s’était alignée sur les positions pro-arabes de Moscou.  Mais, à la différence d’autres pays de l’Est, cet antisionisme officiel ne trouvait aucun écho dans une société imperméable à l’antisémitisme.

Au sein de l’Union européenne, la République tchèque s’est toujours montrée soucieuse de défendre une approche équilibrée dans le conflit proche-oriental. Son actuel ministre des affaires étrangères, le prince Schwartzenberg, s’efforce aujourd’hui de faire valoir, dans les enceintes internationales, qu’Israël n’est pas le principal coupable de tous les maux du Proche et Moyen orient. Ce n’est pas toujours facile, mais cet ancien conseiller de Vaclav Havel, issu d’une haute lignée aristocratique de l’empire austro-hongrois, porte la mémoire des ravages de l’antisémitisme dans l’histoire du siècle dernier.
Vaclav Havel, qui savait ce que la culture de son pays devait à tous ces Juifs qui ont œuvré à Prague et dans d’autres cités de Bohème-Moravie, était intransigeant face aux antisémites, les anciens comme les nouveaux. La communauté juive tchèque ne compte aujourd’hui que quelques milliers de membres, alors qu’elle fut, avant la Shoah, l’une des plus prospère et brillante d’Europe centrale.
Aujourd’hui, Prague est une destination touristique très prisée des Israéliens, et des Juifs du monde entier, qui sont nombreux à suivre dans la ville les traces du Maharal, ou aller se recueillir dans la synagogue vieille nouvelle, la plus ancienne d’Europe conservée jusqu’à nos jours. Désormais, leur itinéraire devra prévoir un instant de recueillement sur la tombe de Vaclav Havel.

Publié dans Israël, Tikoun Olam

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