Le Directeur général d'Al-Arabiya critique les intellectuels et les médias arabes pour leur attitude envers Kadhafi

Publié le par danilette

                                                            

Le Directeur général d'Al-Arabiya : où était toute cette critique sévère d'Al-Qadhafi pendant les 40 ans de son règne tyrannique  ?

http://www.memri.org/report/en/0/0/0/0/0/0/5048.htm

Dans un article dans le quotidien Al-Sharq Al-Awsat, le Directeur général de la chaine TV Al-Arabiya, Abd Al-Rahman Al-Rashed, a critiqué les intellectuels et les médias arabes pour leur attitude envers Muammar Al-Qadhafi. Il a dit que, dans le passé, bien que le monde était en général unanime dans sa dénonciation d'Al-Qadhafi, les médias et les intellectuels arabes en faisaient l'éloge. Alors, quand le vent a tourné contre lui après 40 ans de tyrannie et de démence, tous ses anciens fans ont soudain changé de ton et ont commencé à le maudire. Al-Rashed soutient que ce renversement d'opinion n'a rien d'un comportement louable, c'est tout simplement de l'hypocrisie.   

Voici des extraits de l'article : 

Al-Qadhafi "a été Présenté comme le "Leader des Arabes", "comme la voix de leur conscience" et comme "un homme sage avec des positions courageuses".

"Le président tunisien déposé Zine El-Abidine Ben Ali avait lui, des partisans et des gens qui le critiquaient de même que Moubarak

Mais pour Muammar Al-Qadhafi, qui sera bientôt le président déchu de Libye, il y avait un consensus sans précédent dans le monde entier ... quant au caractère négatif de sa personnalité et de ses actes. Cependant, les Arabes n'ont jamais rien dit contre lui. Il a été présenté comme le "leader des Arabes" et comme "la voix de leur conscience" et comme un "homme sage avec des positions courageuses". Aujourd'hui, toute ces aberrations ont disparu mais elles ont été remplacées par un flot d'injures contre l'homme et ses actions.
Nous tous avons le droit de nous demander : où étaient ces déclarations courageuses contre Al-Qadhafi depuis 40 ans durant lesquels ses crimes et sa démence s'étalaient au grand jour? Pourquoi tout le monde s'est tu, partout dans le monde arabe, dans tous les cercles médiatiques et culturels ?

La vérité est que peu de gens ont osé dire un mot contre Al-Kadhafi, car il était connu comme un fou qui n'hésitait pas à poursuivre et tuer tous ceux qui le critiquaient. Pendant des décennies, il a créé un climat de terreur autour de lui. Seulement une poignée de dirigeants de la région, parmi lesquels le président irakien Saddam Hussein, peuvent lui être comparé dans leur tyrannie et leur brutalité envers les médias et les intellectuels.Toutefoissi les médias, les artistes et les poètes se sont abstenus de critiquer des dirigeants brutaux par crainte pour leur vie, il y a une question importante à poser, à savoir, quelle a été la motivation de ceux qui faisaient l'éloge de ces dirigeantsécrivaient des poèmes en leurs honneurs, assistaient à des rassemblements de soutien à leurs régimes, et ont écrit des tonnes de louanges sur leurs héroïsme ?

"En vérité, il n'y a pas de justification convaincante pour toutes les louanges adressées à cet homme [Al-Kadhafi], que le monde considérait unanimement comme un criminel, et qui gouvernait son peuple avec une main de fer ... 
Maintenant, nous voyons tous ses anciens fans se précipiter pour le maudire et exprimer des critiques audacieuses contre lui mais nous sommes tous conscients que l'homme a atteint la fin de sa carrière, il y a une semaine. 
Quelle est la valeur d'une fatwa ordonnant de le tuer si elle arrive seulement aujourd'hui, après 40 ans de considération chaleureuse ? Quelle est la valeur de toute cette agressivité envers lui, quand il s'agit des mêmes personnes qui jadis le couvraient d'éloges et en faisaient un Héros arabe et un emblème de stabilité ?

"Ce n'est rien s'autre que de l'hypocrisie, il n'y a donc aucune raison d'être fiers de ce revirement radical. Planter un couteau dans le dos de quelqu'un qui est moribond n'est pas un acte courageux. Ceci est très différent d'une situation d'authentique controverse sur un régime. Par exemple, dans le cas de Moubarak, pendant les années de son règne, il était un personnage controversé, et il y avait ceux qui le critiquaient ouvertement dans les rues du Caire ... Mais dans le cas d'Al-Kadhafi, certains de ceux qui le critiquent avec le plus de virulence aujourd'hui sont des gens qui mangeaient à sa table quand il était au pouvoir". 


In an article in the daily Al-Sharq Al-Awsat, the director-general of Al-Arabiya TV, 'Abd Al-Rahman Al-Rashed, criticized the Arab intellectuals and media for their attitude towards Mu'ammar Al-Qadhafi. He said that, in the past, though the world at large was unanimous in its denouncement of Al-Qadhafi, the Arab media and intellectuals consistently praised him. Then, when the tides turned against him after 40 years of tyranny and lunacy, all his former fans suddenly changed their tune and started to curse him. Rashed argued that this reversal was not laudable behavior, but merely hypocrisy.   

The following are excerpts from the article:

Al-Qadhafi "was Presented as the Leader of the Arabs and as the Bold [Voice of] Their Conscience, and as a Wise Man with Courageous Positions"

"The deposed Tunisian president Zine El-'Abidine Ben 'Ali had his supporters and his critics, and the same goes for the deposed Egyptian president Hosni Mubarak. But when it comes to Mu'ammar Al-Qadhafi, soon to be the deposed president of Libya, there was an unprecedented consensus throughout the world... as to the negative character of his personality and deeds. [However,] despite this... [the Arabs] rarely spoke against him. He was presented as the leader of the Arabs and as the bold [voice of] their conscience, and as a wise man with courageous positions. [Today,] all this nonsense has disappeared, [to be replaced by] a stream of invective against the man and his actions. We all have the right to ask: where were these courageous declarations against [Al-Qadhafi] in the past 40 years, during which his crimes and lunacy [were clearly evident]? Why did everyone hold his tongue, throughout the Arab world, in all the media and cultural circles?

"There is No Convincing Justification for the Praise that was Heaped Upon this Man"

"The truth is that few dared to say a word against Al-Qadhafi because he was known as a lunatic who would not hesitate to pursue and kill anyone who criticized him. For decades he created a climate of terror [around him]. [Only] a few other leaders in the region, among them the late Iraqi president Saddam Hussein, [matched him] in their tyranny and brutality towards the media and intellectuals. [However,] if the media, artists and poets refrained from criticizing the brutal leaders out of fear for their lives, there is [still] an important question to be asked, [namely,] what was the motivation of those who praised [these leaders], wrote poems in their honor, attended rallies in support of their regimes, and wrote reams in praise of their heroism?

"The truth is that there is no convincing justification for the praise that was heaped upon this man [Al-Qadhafi], whom the world unanimously regarded as a criminal, and who ruled his people with an iron fist... Now we see [all his erstwhile fans] rushing to curse him and to express bold opinions against him, [though] we all realize the man reached the end [of his career] about a week ago. What is the value of a fatwa [permitting] to kill him, if it comes [only] today, after 40 years of warm [regard for him]? What is the value of all this aggression towards him, when it comes from the same people who once praised him and called him an Arab hero and an emblem of steadfastness?

"This is [nothing but] hypocrisy, [so] there is no reason to be proud of this radical reversal. It is no courageous act to stick a knife in the back of someone who is as good as dead. This is very different from [a situation where there is genuine] controversy over a certain figure or regime. [For example], in the case of Mubarak, throughout the years of his rule he was a controversial figure, and there were those who criticized him openly in the streets of Cairo... [But in the case of Al-Qadhafi], some of his loudest critics today are people who ate at his table when he was in power."

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