ITW de Mustapha Krim, président de l’Eglise protestante d’Algérie par La Dépêche de Kabylie

Publié le par danilette

Bouabdellah Ghlamallah, 76 ans, est le ministre des Affaires Religieuses de l'Algérie depuis plus de treize ans, c'est lui qui a été à l'origine de la loi algérienne de mars 2006 punissant de 2 à 5 ans de prison et 5 à 10 000 euros d'amendes l'évangélisation. La loi vise celui qui « incite, contraint ou utilise des moyens de séduction tendant à convertir un musulman à une autre religion ». Les mêmes sanctions sont prévues contre toute personne qui « fabrique, entrepose, ou distribue des documents imprimés ou métrages audio-visuels ou tout autre support ou moyen, qui visent à ébranler la foi musulmane ». Cela ne l'a pas empêché d'être présent en France pour l'inauguration de la Grande mosquée de Tours. Il a également inauguré les mosquées de  Torcy Toulouse,  Istres et Fourquières les LensBouabdellah Ghlamallah a aussi assimilé l’évangélisation au « terrorisme » lien


http://www.depechedekabylie.com/evenement/96087-nous-voulons-pas-religion-detat.html
« Nous ne voulons pas de religion d’Etat »

Mustapha Krim est président de l’Eglise protestante d’Algérie visée récemment par un arrêté d’interdiction pris par le wali de la wilaya de Bejaia. En plus de cette contingence, l’interview déroule le sombre quotidien fait aux protestants d’Algérie et à tous les cultes minoritaires. Des questions que les artisans du chantier en cours de réformes tous azimut ne peuvent qu’utilement écouter

Entretien réalisé par Boualem Slimani et Mohamed Bessa :

La Dépêche de Kabylie : Les autorités de la wilaya de Béjaïa viennent d’ordonner, conformément à un arrêté du wali datant du 08 mai courant, la fermeture définitive de toutes les églises protestantes de la wilaya. Que vous reproche-t-on 
Mustapha Krim : Je dirai, à ma connaissance, rien de particulier. Ils veulent fermer d’une manière définitive nos communautés ! C’est ce que stipule l’arrêté. Pour quelle raison ? On nous dit que nous ne sommes pas en règle avec le décret de 06/03 de 2006. Donc, pour nous, c’est du n’importe quoi dans la mesure où ce décret, dès qu’il est paru, nous y sommes conformés. Nous avons cherché à savoir et finalement nous nous rendons compte que c’est de la diversion, on nous fait tourner en rond. On nous oriente vers le ministère des Affaires religieuses qui, lui, nous oriente vers le ministère de l’Intérieur et, ce dernier, ne nous reçoit pas. En avril de l’an dernier, nous y avons rencontré un fonctionnaire à qui nous avons montré nos documents, et il nous a dit : « je ne vois rien d’irrégulier là-dedans, faites votre Assemblée générale, vous me ramenez le PV de l’AG ordinaire et puis je vous mettrais des cachets pour les quatre prochaines années ». Deux mois après, nous étions repassés, après notre Assemblée générale, et curieusement ce fonctionnaire avait démissionné et plus personne ne voulait nous recevoir. On nous a demandé tout simplement d’envoyer notre PV par la poste, parce qu’ils ne veulent pas nous donner de reçu. J’estime que c’est vraiment se moquer de la République, c’est-à-dire que, quand on n’est pas capable de délivrer un accusé de réception pour un document, ça veut dire que l’on ne respecte pas soi-même la loi.

Dans le communiqué que l’EPA a rendu public, le 22 mai dernier, vous avez parlé d’ « acharnement sur les églises protestantes en Algérie ». Qu’entendez-vous par cela ?
L’acharnement est une réalité. A chaque fois que nous bougeons le petit doigt, on est derrière nous. Même au niveau de la surveillance. Par exemple, on a toujours des agents de sécurité dans le cadre de nos cultes. Bon, nous n’avons rien contre cela dans la mesure où s’ils sont là pour entendre la Parole tant mieux, mais nous savons très bien que derrière notre dos, il y a un tas de rapports qui se font. Alors, à chaque fois que nous avons un invité, pour peu qu’il soit un invité étranger, d’Europe ou d’Egypte, il faut qu’on se charge à leur donner toutes les précisions sur son identité…etc. Finalement, après une concertation dans notre conseil, nous nous sommes rendu compte que la plupart des gens pour lesquels nous avons transmis des renseignements précis, font l’objet d’un refus systématique de visas d’entrée en Algérie. Donc, apparemment, on cherche à nous isoler de nos confrères et des protestants d’outre-mer. 

Selon les autorités du pays, l’ordonnance 06/03 de 2006 a été conçue pour règlementer l’exercice du culte autre que musulman. Après six ans de sa promulgation, vous attendez toujours la régularisation de votre situation. Pourquoi ce retard ?

Bon, pour ce qui est de l’origine de cette loi de 2006, en fait c’est une loi qui a été mise au point en Egypte. C’est une loi « made in Egypte » qui a été établie par rapport aux problèmes qui existent au Moyen Orient. Là-bas, ce n’est pas une petite minorité de chrétiens mais c’est le quart de la population. Donc, ils ont leurs propres problèmes. Là-bas ,les églises sont historiques avec leurs propres traditions. Chez nous, il y a des églises dynamiques, protestantes en propre. Donc, les autorités algériennes travaillent en conformité avec les autres pays Arabes. Ils nous ont ramené cela chez nous parce que , soit disant, il y avait un vide juridique par rapport aux chrétiens algériens. Ce qui est d’une certaine façon vrai : par exemple, il y a un Code de la famille pour les musulmans, et il n’y a rien de prévu pour les chrétiens. En tant que chrétiens, nous sommes quand même libres de donner les prénoms que nous voulons à nos enfants, et jusqu’à preuve du contraire ce n’est pas possible. On nous met devant des impossibilités. Dans certaines mairies comme à Tizi Ouzou, ils sont vraiment intransigeants. Ils exigent des certificats de Baptêmes et même avec cela , parfois ils refusent. Nous, nous ne voulons pas de chariâa, de religion d’Etat, c’est contraire à nos principes. Maintenant, pourquoi cette loi a été promulguée ? Si je me souviens bien il y avait que Louiza Hanoune qui s’était abstenu au Parlement, et il parait que tous les partis politiques ont laissé passer cette loi comme une lettre à la poste sans protester et sans rien faire. Donc, la situation est critique, ils islamisent, ils islamisent, et ils accusent les autres de ce qu’ils font eux-mêmes. On nous accuse d’évangéliser, que je sache, nous n’avons pas de clochers dans tous les coins de rues, nous n’avons pas les moyens audio-visuels qu’ils ont, c’est-à-dire la télé et la radio. On n’a jamais accepté de nous donner la parole, tout simplement. En somme, cette loi de 2006 est un instrument pour taper sur les chrétiens et s’en servir à chaque fois que l’on veut faire diversion… 

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Publié dans Terrorisme - Djihad

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