ITW de Philippe Karsenty du 20/5/2013

Publié le par danilette

Invité de la rédaction de RCJ (pour la 1ère fois il me semble), Philippe Karsenty commente le rapport du gouvernement israélien sur l’affaire Al Doura.

 

Ecouter l' interview du 20/05/2013 ici

Philippe Karsenty : Je suis satisfait du rapport israélien qui dit clairement les choses mais en revanche ce n’est pas l’aboutissement puisque l’aboutissement ce sera la reconnaissance par France2 et Charles Enderlin que le reportage de France2, qu’ils ont diffusé le 30 septembre 2000, était une pure et simple mise en scène. L’arrêt de la cour d’appel qui doit venir dans deux jours ne sera pas non plus conclusif sur cette affaire puisque ce n’est qu’une affaire de diffamation entre Charles Enderlin et moi ; ce n’est pas le reportage de France2 qui est en question, c’est une étape vers la révélation de la vérité, il faut comprendre que dans ce dossier, la justice a été un outil qui a permis, et contraint France2 à présenter tous les éléments dont il disposait et on a pu voir qu’ils n’avaient rien, c’est-à-dire qu’en plus de dix ans de débats, ils n’ont pas apporté une seule preuve de leur accusation initiale alors que nous, nous avons apporté des dizaines et des dizaines de contre-preuves qui prouvent la manipulation et la mise en scène.

 

Pour quelles raisons, parce que tout de même on attendait ce rapport du gouvernement israélien depuis de nombreuses années, ça fait treize ans maintenant, pour quelles raisons ça été si long à votre avis ?

 

Philippe Karsenty : il faut d’abord comprendre l’état d’esprit israélien dès le départ de l’affaire, ils ont voulu enterrer l’affaire pensant que ça ne serait qu’une petite image parmi tant d’autres. Quand on est allé les voir assez rapidement, il y a des gens qui sont allés les voir avant moi comme Nahum Shahaf ou comme le regretté Gérard Huber ou Stéphane Juffa qui ont essayé de réveiller les Israéliens pour leur dire « mais regardez, il y a un problème là-dessus », ils ont dit « on s’en fiche, c’est une image parmi tant d’autres ». Quand l’image a commencé à prendre beaucoup d’impact, quand on a vu par exemple Daniel Pearl égorgé pour venger la mort de Mohamed Al Dura, et tout un tas de places, de monuments, de rues, de timbres, à la mémoire de Mohamed Al Dura, l’histoire a pris de l’ampleur. Mais néanmoins en Israël personne ne voulait réouvrir le dossier parce que c’est quelque chose qui a causé beaucoup de tort à l’État d’Israël donc on ne voulait pas réouvrir. L’élément déclencheur de la réouverture du dossier, c’est Mohamed Merah

 

Du reste, la commission le dit dans le rapport, c’est l’affaire Merah qui a été décisive mais pour quelles raisons ce qui s’est passé avec Daniel Pearl n’a pas provoqué ce type de réaction ?

 

Philippe Karsenty : quand Daniel Pearl a été assassiné, on était en 2002, le fait qu’à l’époque on disait que c’était une mise en scène n’était même pas quelque chose de concevable. Je me souviens des conversations que j’avais avec certains officiels israéliens, même à Paris, qui une fois que j’avais tourné le dos, disaient : « n’écoutez pas Karsenty si, il est fou »...
suite à écouter

© Danilette

Publié dans France

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