J’ai choisi la dissidence, Guy Millière

Publié le par danilette

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Ce qui m’a, au fil du temps, éloigné de la gauche, est la découverte de sa complicité dans de multiples crimes contre l’humanité. Au temps où l’Union Soviétique était debout, peu de voix s’élevaient, dans la gauche occidentale, pour dénoncer le totalitarisme né des idées de Lénine : sous Staline, les condamnations étaient rares, et sous ses successeurs, il était de bon ton de critique le « stalinisme », uniquement le stalinisme.

 

 J’ai connu des adeptes de la Révolution culturelle chinoise et du maoïsme, des admirateurs de Trotski, qui fut à la tête de l’Armée rouge, en des temps où elle assassinait déjà allègrement. J’ai connu des admirateurs de Fidel Castro et de Che Guevara, et, d’ailleurs, je vois toujours des jeunes gens porter des T-shirts à l’effigie de cet homme, qui fut l’exécuteur des basses œuvres du régime castriste commençant. J’ai vu des gens enthousiastes à la vision de la chute de Saigon et à celle de Phnom Penh, qui ont mis du temps à comprendre l’exode des boat people et le génocide élaboré par Pol Pot.

 

 Je vois aujourd’hui les mêmes gens, ou leurs descendants, montrer leur indifférence pour les Tibétains ou pour les Kurdes, massacrés par la Turquie ; pour les Africains noirs assassinés par centaines en Libye, et pour les Coptes assassinés en Egypte, eux qui se sont réjouis de la chute de Kadhafi et de celle de Moubarak. Et je les vois surtout soutenir un peuple : le peuple palestinien.

 

Il est normal, je le sais, qu’ils soutiennent ce peuple : il a été fabriqué dans les officines du KGB et dans celles du colonel Nasser, tout exprès pour qu’ils le soutiennent.

 

Je pourrais juste me demander s’ils ne se rendent pas compte du tout qu’ils contribuent à recycler l’antisémitisme, qu’en traitant Israël comme ils le font, ils le traitent, selon l’expression souvent citée d’Alan Dershowitz, comme le « Juif parmi les Etats » : Etat traité comme les Juifs l’étaient en Europe au temps d’Auschwitz.

 

Je pourrais me demander s’ils ne se rendent pas compte, qu’en acceptant, ou en entérinant des opérations de boycott, parfois actives, contre des produits israéliens, ils se conduisent comme les SA nazis au temps du Troisième Reich.

 

Je pourrais me demander si, en soutenant l’Autorité Palestinienne, qui ne cache pas ses intentions d’épuration ethnique inspirées du nazisme, ils ne discernent pas qu’ils sont en contradiction avec leur horreur proclamée de l’épuration ethnique.

 

Je pourrais me demander s’ils ne se rendent pas du tout compte, qu’en soutenant l’Autorité Palestinienne, ils soutiennent une entité totalitaire, imprégnée d’idées terroristes et génocidaires, lavant le cerveau des êtres humains qui sont sa proie, pour les transformer en bombes humaines et en animaux sacrificiels destinés à tuer des Juifs.

 

Je pourrais me demander si, en s’inquiétant du blocus de Gaza, ils ne sont pas conscients de se faire les compagnons de route d’un mouvement abject appelé le Hamas.

 

En réalité, je ne me demande rien du tout, et j’utilise simplement une figure de style.

 

Je ne puis penser que j’ai affaire à des inconscients, qui, systématiquement, depuis des décennies, feraient les mêmes erreurs.

 

Je ne puis penser que des gens qui, de génération en génération, se font complices de crimes contre l’humanité, ne savent pas ce qu’ils font.

 

Je pense que la gauche a été sciemment complice des crimes soviétiques, chinois, cubains, vietnamiens, cambodgiens et de mille autres crimes.

 

Je pense que la gauche est, aujourd’hui, sciemment complice des assassinats d’Africains noirs en Libye, de l’élimination des Coptes en Egypte et, plus largement, des chrétiens au Proche-Orient, comme elle est sciemment complice de l’élimination des Tibétains et des Kurdes.

 

Je pense que ses membres savent ce qu’ils font en contribuant à la haine d’Israël, à l’idolâtrie du « peuple palestinien », aux crimes de l’Autorité Palestinienne et à ceux du Hamas.

 

Je pense que la gauche est totalitaire en son essence, qu’elle est porteuse d’une haine de la liberté individuelle et de la civilisation occidentale née des valeurs juives et chrétiennes.

 

Je pense qu’elle pardonne tout ou presque à l’islamisme aujourd’hui, comme elle a tout pardonné au nationalisme arabe et au communisme, parce qu’elle voit dans l’islamisme un ennemi de la civilisation occidentale, comme elle a vu, dans le nationalisme arabe et dans le communisme sous ses diverses formes, des ennemis de la société occidentale.

 

Et je n’oublie pas que le national-socialisme était une forme de socialisme, tout comme le fascisme. Dans le programme du Parti National Socialiste des « Travailleurs Allemands », on trouve tous les points figurant à la fin du Manifeste du Parti Communiste de Marx et Engels, et définis comme nécessaires à l’édification d’une société socialiste. Hitler ne fait que leur ajouter une dimension antisémite.

 

Aujourd’hui, la gauche rajoute une dimension « antisioniste », ce qui est très différent, bien sûr…

 

Pour ce qui me concerne, je reste attaché à la liberté individuelle, aux idées de droit naturel de l’être humain, à l’idée de libre contrat et de libre-échange. Je suis un libéral classique, un conservateur au sens qu’Edmund Burke et Leo Strauss ont donné à ce mot, et je fais mon travail d’intellectuel, en respectant les valeurs auxquelles je suis attaché.

 

Cela fait que je ne suis pas de gauche, non. Je ne suis pas de ce qu’on appelle la droite en France, pas de ce qu’on appelle le centre, l’extrême gauche ou l’extrême droite. Je fais mon travail. Je dénonce ce qui doit l’être. En écrivant un livre sur ma propre vie, j’en suis arrivé à un titre : « Dissident ». J’assume ce titre.

 

Et en dissident, j’essaie de dire la vérité. En ayant publié Comment le peuple palestinien fut inventé [1], c’est ce que je fais. Et j’aurais pu dédier ce livre à tous les membres de la gauche : savez-vous comment le peuple palestinien fut inventé ? Savez-vous pourquoi ? Savez-vous ce que vous faites ? Oui, vous en êtes conscients. Moi, je ne mange pas de ce pain-là.

 

Note :

 [1] David Horowitz & Guy Millière, Comment le peuple palestinien fut inventé, Editions David Reinharc, 2011, € 9,90


Comment le peuple palestinien fut inventé

 

 

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