J'avais six ans et demi quand les Juifs ont été rassemblés au Vel d'Hiv avant leur déportation, Menahem Macina

Publié le par danilette

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16/07/2012

Reprise, après mise à jour, de mon article intitulé « Juillet 1942 - Juillet 1972: Un Goy est mort à Yad Vashem » (12/03/2009)

  

La tradition rabbinique affirme que "les nations n'ont pas de mémoire". Quiconque - Juif ou non - en doutait encore aura pu vérifier la vérité de cette assertion. Ce 16 juillet 2012, 70ème anniversaire de la Rafle du Vel-d'Hiv, le JT de 13 h fait état d'un sondage d'où il ressort que 60% des personnes interrogées ignorent jusqu'à l'existence de cet événement tragique. Choqué, j'ai voulu verser mon témoignage, si infime qu'il soit, au dossier de cette commémoration, qui, sauf erreur, n'aura pas eu l'honneur de la moindre émission télévisée... (16 juillet 2012).

  

 

PARIS, JUILLET 1942 

 

 

 

Ce soir, j'ai du mal à m'endormir. Une scène me revient avec insistance. Elle remonte au sinistre coup de filet lancé, en juillet 1942, par le gouvernement collaborationniste de Vichy, et auquel la rumeur populaire a donné un nom infamant : la rafle du "Vel-d'Hiv".





Par un petit matin de l'été 1942, des agents de police sont venus chercher les Rosenbaum, en leur qualité de Juifs polonais. Monsieur Rosenbaum, toujours malade, ne sortait presque jamais de l'appartement. Sa femme tenait, en bas de chez nous, une petite blanchisserie qui sentait bon le linge propre, et à laquelle le jacassement permanent des lingères conférait des allures de lavoir de campagne.

Et voilà que, ce matin-là, on était venu emmener "les Juifs" de mon immeuble. C'était sans doute pour sauvegarder la paix des autres Français qu'ils avaient l'ordre de rafler les Juifs, ces deux agents à pèlerine bleue et képi familier: "gardiens de la paix", comme on les appelait alors.

«Ordre de transfert» était-il écrit sur le papier officiel qu'ils avaient tendu à madame Rosenbaum, haletante et en chemise de nuit, sur le palier.





Moi, j'étais complètement réveillé. En tendant un peu l'oreille, je pouvais suivre toutes les phases du drame qui se jouait, en cet instant, juste au-dessus de ma tête. Il y avait eu des trots désordonnés, quelques bruits mous, deux ou trois phrases aiguës. Puis, monsieur Rosenbaum s'était à moitié étouffé dans une quinte de toux plus interminable que jamais. Enfin, un silence pesant s'était établi, bientôt rompu par la voix rassurante des agents :

– Ce n'est rien, ma bonne dame. Suivez-nous. Tout se passera bien, vous verrez. Il ne vous arrivera rien de fâcheux, au contraire. On vous emmène au Vélodrome d'Hiver. Vous y retrouverez de nombreux congénères qui attendent, comme vous, d'être transférés. Ayez confiance, vous reviendrez bientôt : c'est moi qui vous le dis!

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Publié dans Shoa, Menahem Macina

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