Jonathan Pollard, le déshonneur d'Israël, avec uptodate

Publié le par danilette

UPtodate mardi 17h

Devant le nombre de emails reçus, je rajoute quelques remarques.

1) Je n'ai pas traduit le titre car je n'arrivais pas à écrire le qualificatif "Perfidie" pour Israël, cela me semble un terme exagéré et de plus il renvoie trop à la connotation de l'ancienne prière catholique du vendredi saint, j'ai préféré mettre "déshonneur" et j'entendais celui de certaines personnalités politiques israéliennes. Le gouvernement israélien n'est pas monolithique ni immuable, il a changé à de nombreuses reprises depuis 26 ans bien que, comme le fait remarquer Mme Pollard, de nombreux acteurs politiques soient encore en place aujourd'hui, à différentes fonctions.

 La traduction ci-dessous est la traduction d'une allocution d'Esther Pollard, la femme de Jonathan Pollard et représente donc la version des faits et une chronologie des évènements tels qu'ils ont été vécus par Jonathan Pollard lui-même. Il y a évidemment une grande part de subjectivité due à des souffrances et tortures inouies qui peuvent brouiller la perception de la réalité que personne à ce jour n'a encore totalement pu analyser ou dévoiler. Evidemment les américains avaient peut-être interêt à faire croire à Pollard qu'il était totalement abandonné par Israël. 

Certaines allégations doivent être prises avec reserves, c'est vrai mais il est indéniable :

- que les documents transmis aux Américains portaient les empreintes digitales de Pollard 

- qu'il y a eu une grave faute du 1er avocat de Pollard qui a anéanti toute possibilité pour celui-ci de faire appel en ne transmettant pas la demande dans les 10 jours.

- qu'il a fallu 10 ans pour qu'on octroie à Pollard la citoyenneté israélienne et 13 ans pour qu'il soit reconnu comme un agent israélien.

-Rafi Eitan (attention à ne pas confondre avec Raphaël Eitan, Raful,z"l, Chef d'état major et ministre, personne particulièrement intègre) n'a rien fait pour aider Pollard alors qu'il porte une responsabilité énorme dans son "lâchage".

2) Pourquoi les Américains ont-ils agi de la sorte alors qu'en vertu d'un accord de 1983, ils auraient du transmettre eux-même les informations relatives à la sécurité d'Israël que Pollard a transmises ? Pourquoi a-t-il été condamné aussi lourdement alors que la peine encourue pour ce délit est de 2 à 4 ans ? Il semblerait qu'on l'ai accusé à tort d'avoir fourni des renseignements à l'URSS. C'est la question principale, je n'ai pas assez d'éléments pour en faire l'analyse moi-même mais je suis sûre que dans un temps pas très éloigné, la vérité éclatera au grand jour. Je retiendrai les paroles du Rabbin Pessah Lerner qui apporte tout son soutien à Pollard et lui rend régulièrement visite (liens des vidéos en anglais sous l'article) : "Les Américains par cette condamnation excessivement sévère ont voulu s'adresser à la communauté juive américaine en leur disant, attention à vous si vous vous avisez de suivre l'exemple de Jonathan Pollard"

3) J'ai traduit cet article en m'identifiant à Esther Pollard et cela m'a remplie d'une grande tristesse


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Perfidy: Israel's Role in the Pollard Case

A chronology of betrayal and abandonment bodes ill for the fate of all of Israel's captives, from Esther Pollard's Speech at Midreshet Moriah - April 29, 2007 - May be Reprinted

Une chronologie de la trahison et de l'abandon qui est de mauvais augure pour le sort de tous les prisonniers d'Israël.

Discours d'Esther Pollard au Moriah Midreshet - 29 avril 2007 - peut être reproduit


Sur le site officiel de Jonathan Pollard 

Tous les premiers ministres successifs ont toujours déclaré que le gouvernement d'Israël a fait et continue de faire tout ce qui est en son pouvoir pour le retour de tous les prisonniers israéliens. Mais est-ce vrai ? Pouvons-nous croire nos dirigeants quand ils nous disent qu'ils font tout ce qu'ils peuvent pour Jonathan Pollard et pour tous les autres ? Est-il même possible d'enquêter ? 

Les prisonniers d'Israël, Ron Arad, Tzvi Feldman, Yehuda Katz, Zarcharia Baumel, Guy Hever, Gilad Shalit, Ehoud Goldwasser, Eldad Regev et, bien sûr, mon mari Jonathan Pollard, sont en captivité pour certains depuis 25 ans et pour d'autres depuis quelques mois et nous ne savons pas ce qu’est devenu et ce que devient la plupart de nos prisonniers disparus de guerre Nous ignorons, pour la plupart, où ils sont, qui les détient, et quel a été finalement leur sort. 

Cependant nous savons ce qui est arrivé à l'un d'entre eux, mon mari, Jonathan Pollard. Si nous examinons son cas et étudions les comportements et les actions (ou plutôt l'absence d'actions) du gouvernement d'Israël au cours de ces 22 dernières années, cela nous renseigne également sur le sort de tous nos prisonniers et disparus au combat.

Tout d'abord un petit historique :

Mon mari, Jonathan Pollard, est un agent israélien en captivité qui termine sa 22e année de prison pour une peine à perpétuité, aux États-Unis pour les services qu'il a rendus à la sécurité de l'État d'Israël.

Jonathan a fourni à Israël des informations sur le potentiel de l'Iran, de l'Irak, de la Libye et de la Syrie en armes biologiques, chimiques et nucléaires, toutes développées pour les utiliser contre Israël. Il a également fourni des informations sur le développement de missiles balistiques par ces pays et des informations sur des attentats terroristes planifiés contre des cibles civiles israéliennes.

Israël était légalement en droit de recevoir ces informations vitales pour sa sécurité selon un protocole d'entente signé en 1983 par les deux pays (États-Unis, Israël). Mais  les informations ne furent pas fournies à Israël, délibérément, à la suite d'un embargo illégal de renseignements mis en œuvre par l'ancien Secrétaire à la défense Caspar Weinberger et l'ancien Directeur de la CIA, l'amiral Bobby Ray Inman dont les sympathies pro-arabes ne correspondaient pas à la politique étrangère des États-Unis.

Au début, Jonathan a offert ses services et ce n'est que plus tard qu'il est devenu en toute bonne foi, un agent de l'État d'Israël. Son zèle pour sauver des vies israéliennes était sa seule motivation. Même le juge, qui n'était pas indulgent, a reconnu que Jonathan était un idéologue, pas un mercenaire et a donc refusé de lui imposer une amende.

Les peines moyennes pour l'infraction commise par Jonathan, à savoir transmettre des informations classifiées à un allié sans intention de nuire aux États-Unis sont de deux à quatre ans. Jonathan est le seul espion dans l'histoire des États-Unis à avoir reçu une peine à perpétuité pour cette infraction. Jonathan purge maintenant sa 22e année d'une peine à perpétuité dont on ne voit pas la fin.

Maintenant que je vous ai donné quelques informations, revenons au début et jetons un œil sur le rôle d'Israël. Depuis l’arrestation de Jonathan en 1985, Israël a lâchement nié tout lien avec lui et a pleinement coopéré avec l'accusation américaine pour le faire condamner à perpétuité. En fait Israël a remis aux États-Unis toutes les preuves nécessaires pour poursuivre Jonathan. Les États-Unis ne possédaient aucune preuve contre lui et sans les preuves fournies par Israël, les Américains auraient été contraints de le libérer.

En trahissant Jonathan et en transmettant les preuves contre lui, Israël a gagné la déshonorante distinction de devenir le premier et unique pays dans l'histoire de l'espionnage moderne à avoir aidé à accuser et poursuivre son propre agent !

Dès l'instant où l'affaire a éclaté, Israël s'est comporté avec hypocrisie envers son agent. Jonathan à l'époque a reçu l'ordre de retarder au maximum le FBI pour que tous les autres membres de l'équipe israélienne soit évacués. Jonathan a fait ce qu'on lui a demandé, il a gagné du temps avec les enquêteurs américains jusqu'à ce que le reste des Israéliens impliqués dans cette opération soit mis en sécurité. Jonathan a été laissé seul à affronter la colère des Américains. Alors qu'il ne le savait pas à l'époque, il n’existait aucune intention de le sauver, il avait été désigné par Israël dès le départ pour être le bouc émissaire sur lequel reposerait toute la responsabilité de cette opération.

Après son arrestation, Jonathan a dans un premier temps refusé de coopérer parce qu'il attendait d'Israël qu’il tienne sa promesse de lui porter secours. Mais au lieu de mettre en œuvre un plan de sauvetage, Israël a remis aux États-Unis les documents compromettants sur lesquels se trouvaient encore les empreintes digitales de Jonathan. À ce moment-là, Jonathan n'avait plus d'autre choix que de coopérer avec ses interrogateurs et de plaider coupable.
Jonathan n'a jamais eu de procès. Il a renoncé à son droit à un procès dans un accord où il reconnaissait sa culpabilité, accord honorée par Jonathan mais violé par les États-Unis sur tous les tableaux, sans que cela ne fasse jamais l'objet d'aucune protestation de la part de son premier avocat. Vous savez, Israël a habilement financé le premier avocat de Jonathan, Richard Hibey, un Américain d'origine libanaise. Comme vous le savez, "celui qui paie les violons choisit la musique".

A cause de la trahison de l'avocat Hibey, au lieu d'une peine habituelle de deux à quatre ans pour le crime qu'il avait commis, Jonathan a reçu une peine à perpétuité. Après la sentence, Hibey avait 10 jours pour déposer l’avis d'intention de faire appel pour préserver le droit de Jonathan à faire appel de sa condamnation à perpétuité. Recevant tous les conseils de ses payeurs et non pas de son client qui à ce moment était tenu en isolement, Hibey n'a pas déposé la demande d'appel. Par conséquent, jusqu'à aujourd'hui Jonathan n'a jamais été autorisé à interjeter appel de sa condamnation à perpétuité.

Depuis ce jour où Israël a financé les services de cet avocat qui a obtenu une peine à perpétuité pour Jonathan sans aucune possibilité de recours, le gouvernement israélien a refusé de payer un centime pour tous les autres avocats qui tentent de l’aider ! C'est un fait tellement important que je vais le répéter : Israël a acheté et payé les services d'un avocat qui a obtenu une sentence à perpétuité pour Jonathan et qui a l’a empêché à jamais d’utiliser son droit à faire appel de la sentence et depuis, Israël a refusé de payer un centime pour des avocats qui essaient de sortir Jonathan de prison !

Après la sentence, Jonathan a été emprisonné dans un établissement pénitentiaire pour malades mentaux criminels où il était détenu à l'isolement et au secret dans des conditions inhumaines pendant une année entière. Les Américains, en accord avec le Mossad ont finalement transféré Jonathan à la prison USP Marion dans l'Illinois. L'USP Marion est la prison la plus dure dans le système fédéral américain. Jonathan a été mis à l'isolement dans l'unité K, l'unité la plus dure de cette prison. Ayant étudié le profil psychologique de Jonathan, le Mossad a informé les Américains que Pollard était peu susceptible de survivre aux rigueurs de l'isolement.

Je tiens à souligner ici que Jonathan n'a pas travaillé pour le Mossad. Il a travaillé pour un concurrent du Mossad, le Lakam. La mission de Jonathan a sévèrement embarrassé le Mossad parce qu'il a fourni à Israël des informations que le Mossad aurait dû fournir lui-même mais ne l'a pas fait. Jusqu'à aujourd'hui, le Mossad n'a jamais pardonné à Jonathan et a poursuivi sa collaboration avec ses geoliers pour qu'il continue à être enterré vivant.

Ainsi dès le début, un plan diabolique a existé grâce à la collaboration en sous-main entre Israël et les Américains pour que Jonathan Pollard meure en prison. On avait supposé que l'isolement le rendrait tellement dépressif qu'il préfère se suicider ou bien que des dispositions seraient prises pour le faire tuer "accidentellement" par l'un de ses gardiens. Nous n'avons pas assez de temps, mais si c'était le cas je pourrais vous raconter beaucoup d'anecdotes sur les tentatives d'attenter à la vie de Jonathan, je vous dirai seulement qu'il y a de nombreux exemples

Pourquoi voulait-il faire mourir Jonathan, me demandez-vous ? C'est très simple, pour Israël cela aurait résolu le problème. Lorsque Jonathan a été arrêté, les responsables Israéliens impliqués dans l'opération jusqu'au cou, ont voulu protéger leurs carrières en mentant et en disant qu'ils ne savaient rien sur l'opération Jonathan. Ils ont affirmé que Jonathan Pollard avait agi de son propre chef comme un "Freelancer". S'il était mort en prison, les hauts responsables israéliens n'auraient jamais eu à admettre la vérité.

Tous ces mêmes fonctionnaires qui avaient de hautes fonctions au gouvernement ou bien étaient des éléments clés de la défense et du renseignement en Israël à l’époque où Jonathan a été arrêté, se trouvent toujours au service du gouvernement à ce jour. C'est un phénomène inhabituel qui n'a pas cours dans d'autres pays. Ces fonctionnaires peuvent avoir changé de fonction ou de bureau ici et là, mais on peut dire qu'en gros, après deux décennies, les mêmes fonctionnaires et politiciens ineptes, corrompus, égoïstes sont encore en place à nous empoisonner. Ils attendent encore que Jonathan meure en prison pour se dégager des tous derniers vestiges de la responsabilité qu'ils ont à son égard.

C'est la même chose en ce qui concerne les États-Unis, il voulait voir mourir Jonathan en prison pour que leur propre mensonge se perpétue à jamais, à savoir que l'espion israélien Pollard a été le pire espion de l'histoire des États-Unis. Pour le Département d'État américain, très pro-arabe comme d'autres départements de l'administration, l'arrestation de Jonathan Pollard, l'espion juif pour l'État juif était une opportunité en or. L'affaire Pollard a été utilisée par ces fonctionnaires anti-israélien depuis deux décennies pour remettre en question la fiabilité d'Israël comme allié et la fidélité de la communauté juive américaine. Pour ces éléments hostiles de l'administration américaine, le mythe d'un ignoble super espion juif est tellement utile à leur politique qu'ils ne peuvent se permettre de le voir démenti. Cela leur aurait également bien convenu de voir Jonathan mourir en prison.

Mais, D.ieu a eu d'autres plans pour Jonathan. En dépit de la trahison, de la négligence, de l'abandon et des mensonges sans fin d'Israël et en dépit de la perversion de la justice américaine et des traitements inhumains subis, Jonathan a survécu à sept années de mauvais traitements, à l'isolement complet dans la prison de l'USP Marion.

Bien que toujours à l'isolement, il a mené une bataille difficile, de sa propre initiative, sans aucune aide en provenance d'Israël, pour être transféré dans une prison à la population mixte. En 1993, il a gagné la bataille, et il a été transféré à la FCI Butner, la même prison fédérale où il se trouve jusqu’à ce jour. Mais le transfert de Jonathan à Butner n'a pas changé du tout le plan israélien prévu pour Jonathan.

Quelques semaines à peine après le transfert de Jonathan, le gouvernement israélien a envoyé un agent du Mossad lui rendre visite. L'agent est venu avec une proposition officielle pour Jonathan : qu'il résolve le problème d'Israël en se suicidant. L'agent a même déclaré que le gouvernement israélien était prêt à l'aider dans son suicide, s'il le souhaitait. Lorsque Jonathan a décliné cette "solution", l'agent du Mossad s'est moqué de lui, en disant que s'il était vraiment un homme, il se tuerait.

C'était en 1993. Jusqu'à cette époque, le gouvernement israélien continuait à nier que Jonathan aie travaillé pour l'État et prétendait que son seul intérêt pour lui était purement humanitaire, de la charité juive, pour ainsi dire.
Pour tenter d'obtenir du gouvernement israélien la fin des mensonges, de l’abandon et obtenir une protection, Jonathan a demandé la citoyenneté israélienne. Le gouvernement, bien sûr, a refusé. Alors Jonathan a déposé une plainte contre le gouvernement, il a déposé une requête auprès de la cour suprême d'Israël, fondée sur la loi qui stipule que tous ceux qui servent les besoins sécuritaires de l'Etat ont un droit automatique à la citoyenneté.

Par peur de ce qui pourrait sortir du tribunal si une audience devait avoir lieu, le gouvernement a reculé. En contrepartie de l'annulation de sa requête auprès de la Cour suprême, le gouvernement a accordé la citoyenneté à Jonathan en 1995. Ce fut un événement majeur. C'était le moment où tout le monde, y compris les États-Unis, s'attendait à ce qu'Israël fasse des pressions intensives pour ramener Jonathan à la maison. Mais cela n'a pas eu lieu. Au contraire, après lui avoir donné la citoyenneté, Israël l'a abandonné à nouveau et n'a absolument rien fait pour l'aider et pour le protéger.

Négligé, abandonné et malade, deux autres années passèrent sans aucune amélioration dans sa situation. Jonathan a dû à nouveau porter plainte pour essayer d'attirer l'attention d'Israël. Cette fois c'était pour forcer le gouvernement d'Israël à admettre qu'il était un agent israélien qui avait servi les intérêts de sécurité du pays. Une nouvelle fois, Jonathan a déposé une requête devant la cour suprême. Soit dit en passant, contrairement à ce que les gens croient, la Cour suprême ne s'est jamais prononcée en faveur de Jonathan. La Cour suprême, comme par routine,  a toujours couvert le gouvernement et n'a jamais apporté de soulagement à Jonathan. Dans ce cas, une fois de plus, l'État craignait que la Cour suprême n’intervienne et que la vérité n'éclate, donc l'Etat a décidé de reconnaître officiellement Jonathan comme son agent, à condition qu'il laisse tomber sa poursuite. Jonathan a été officiellement reconnu comme un agent israélien en 1998.

A partir du moment où Jonathan a été reconnu comme un agent israélien, le gouvernement d'Israël avait deux choses à faire afin d'enclencher des changements cruciaux dans sa situation. Tout d'abord, il devait inscrire son nom sur la liste des prisonniers établie par le Ministère de la Défense. En ajoutant son nom à la liste, le ministère aurait été en mesure de mettre en œuvre immédiatement tous ses droits à titre d'agent en captivité, y compris en prenant des mesures pour assurer sa libération immédiate.
La deuxième chose que l'État d'Israël devait faire, était d'informer officiellement le Ministère américain de la justice, le Bureau des prisons et le Département d'Etat que Jonathan Pollard était  un agent israélien et que le gouvernement israélien envisageait de demander sa libération.

C’est pourtant simple n'est-ce pas? Il suffit de mettre le nom Jonathan Pollard sur une liste au Ministère de la Défense en Israël et d'informer officiellement les Américains de son statut d'agent en captivité. C'est tout ce qu'Israël avait à faire ! Mais, même ces simples mesures de base n'ont jamais été prises !

Jusqu'à aujourd’hui, le gouvernement d'Israël n'a jamais officiellement informé les États-Unis que Jonathan est son agent. Si cela était fait, les États-Unis auraient l'obligation de traiter Jonathan comme un agent en captivité et non pas comme un criminel de droit commun. S'il était classé comme un agent en captivité, les États-Unis n’auraient pas osé lui faire subir des mauvais traitements et des abus. Mais jusqu'à aujourd'hui, les États-Unis considèrent toujours Jonathan comme un criminel de droit commun, et continue à le traiter comme tel.

En outre, parce que Israël n'a jamais officiellement informé les États-Unis que Jonathan est son agent, Israël a refusé de mettre son nom sur la liste des captifs au Ministère de la défense, de peur de la réaction américaine. Tant que le nom de Jonathan est tenu à l'écart de la liste et tant qu'Israël ne le traite pas de façon appropriée, comme un agent en captivité, les Américains savent qu'Israël n'a pas l'intention de demander sa libération.

Qu'est-ce que cela signifie que le nom de Jonathan ne figure pas sur la liste du Ministère de la Défense ? Cela signifie, entre autres choses, qu'il est effectivement privé de tous ses droits à titre d'agent en captivité. Par exemple, en 22 ans, ni Jonathan ni moi n'avons jamais reçu un centime du gouvernement d'Israël, même si Jonathan a droit à son salaire et autres avantages en captivité. Jonathan et moi-même ne recevons aucune aide médicale, juridique ou moral du gouvernement d'Israël. J'ai survécu à un cancer et j'ai dû subir une opération chirurgicale et un traitement pour cette maladie sans aucune aide du gouvernement israélien. En effet, durant les pires moments de ma maladie, lorsque mon mari était malade d'inquiétude à mon sujet et ne pouvait être à mes côtés pour me réconforter ou m'aider, pas un seul fonctionnaire israélien n'a décroché le téléphone pour avoir des nouvelles de ma santé.

Les gens me demandent souvent où je vis, étant donné notre situation précaire. Une gentille veuve de Jérusalem, ayant appris nos difficultés financières m'a offert une chambre dans son petit appartement. C'est là que je vis, moi, la femme d'un agent israélien en captivité.
Le pire de tout, la conséquence la plus grave du fait que le nom de Jonathan ne soit pas dans la liste des prisonniers au Ministère de la Défense est que la libération de Jonathan n'a jamais été une priorité sur l'agenda officiel du Ministère de la Défense, ni du Ministère des Affaires étrangères, ni du Bureau du Premier ministre, comme cela est le cas avec tous les autres agents en captivité.

Au lieu de cela, pendant les 22 dernières années, les gouvernements successifs d'Israël ont maintenu le mystère, prétendant que Jonathan n'était pas un agent et n'était pas prisonnier. Cela s'est produit en gardant son dossier hors de portée du bureau qui aurait dû s'en occuper au Ministère de la défense. Le service du Ministère de la défense qui aurait dû s'en occuper n'a jamais eu son dossier et ce dossier a toujours été dans les mains de quelques fonctionnaires spéciaux qui n'y ont jamais prêté aucune attention et n'avaient ni l'autorité, ni le mandat pour agir. Le fonctionnaire qui détient le fichier Jonathan a toujours été quelqu'un de haut placé  dans le Mossad ou au bureau du Premier ministre. Dans le passé, le dossier était détenu par des gens comme Danny Yatom, l'attaché du Mossad pour Pérès et Rabin ou Moshe Kochanovsky, un agent des opérations spéciales au Ministère de la Défense et aujourd'hui il est détenu par le Secrétaire de Cabinet , Israël Maïmon. Ce que cela signifie en termes pratiques, c'est que chacun de ces "gardiens" du fichier de Jonathan sont "l'Adresse". Toute personne ayant des questions sur le traitement de Pollard ou sur sa situation doit s'adresser à cette adresse particulière. Pour faire avancer son dossier, il faut passer par eux mais bien sûr, il n'existe aucune loi qui les oblige à répondre ! Vous saisissez ? N'importe qui peut poser des questions sur Pollard, mais absolument personne en charge de son dossier ne doit répondre !

A ce jour, il n'y a toujours pas de plan israélien pour la libération de Jonathan. Il n'y en a jamais eu. À ce jour, le plan original pour Jonathan Pollard n'a pas changé, et l'agent spécial en charge de son dossier, soutient ce plan, sans déroger. Selon le dossier de Jonathan, il est toujours censé mourir en prison. Et bien sûr, puisque le responsable du dossier Pollard ne répond à personne, il n'existe aucun contrôle, aucun appel possible et aucune protestation possible.

Qu'en est-il de Wye, demandez-vous? Israël n'a-t-il pas essayé de faire libérer Jonathan à Wye ? Regardons les faits : Jonathan était censé être l'objectif de la libération des 750 assassins et terroristes relâchés par Israël dans le cadre des Accords de Wye. Le compte-rendu de la Knesset suite au Sommet, stipule bien que l'accord qui a été fait à Wye pour la libération de Jonathan Pollard n'était pas un accord entre deux personnes (Clinton et Netanyahu), mais entre deux pays et l'accord est toujours en vigueur. Pourtant en dépit de la libération par Israël d’assassins et de terroristes, Jonathan n'a jamais recouvré la liberté ! Songez-y ! Cela a été la première fois qu'Israël a libéré des assassins avec du sang sur les mains et ils ont utilisé Jonathan comme prétexte. Jonathan était supposé être l'objectif à atteindre, non pas le prétexte ! Depuis lors, Israël a opportunément "oublié" qu'il avait déjà acheté la liberté de Jonathan et payé le prix fort. Dites-moi, comment un pays peut-il payer un tel prix en libérant des assassins et ensuite oublier de recevoir la contrepartie, c'est-à-dire notre prisonnier ?

Le fait que mon mari Jonathan Pollard soit encore en vie après 22 ans de violences et d'affliction dans les pires conditions existant dans le système pénitentiaire fédéral des États-Unis, le fait qu'il vive et respire encore et chaque jour où il survit, est un miracle absolu et infini !
En ce qui concerne le gouvernement d'Israël, le plan d'origine pour Jonathan n'a pas changé d'un iota en 22 ans. M. Olmert et ses amis, y compris Shimon Peres et Rafi Eitan, et toute une bande de gens du Mossad attendent toujours patiemment que Jonathan meure en prison, à D.ieu ne plaise !

Je vous l'ai déjà demandé, peut-on vraiment faire confiance à notre Premier ministre et aux autres représentants du gouvernement quand ils nous parlent de leur souci pour nos captifs ? J'ai dit que nous pouvons leur faire confiance mais pas quand ils parlent en public ou aux médias, seulement quand ils parlent en privé. Voici quelques exemples de ce que les responsables israéliens, qui sont obligés de demander une libération de Jonathan, ont eu à dire sur la question, en privé :

Arik Sharon: L'ancien Premier ministre d'Israël, a scandalisé feu z"l Rechavam Ze'evi, quand il lui a déclaré à brûle-pourpoint: "La seule condition pour que j'approuve le rapatriement de Pollard c'est qu’il soit dans un cercueil."

Yitzhak Shamir: un autre ancien Premier ministre d'Israël, dans des réunions séparées aussi bien avec Larry Dub, l’avocat de Jonathan qu’avec ses parents, leur a dit: "Un Etat souverain doit savoir comment abandonner ceux qui servent l'Etat, si le besoin s'en fait sentir".

Ezer Weizman: l'ancien président d'Israël, agissant pour le compte du gouvernement d'Israël, a organisé une rencontre avec le frère de Jonathan, Harvey, et a tenté de lui donner un message de condoléances pour les parents de Jonathan sur la perte de leur fils. Harvey était scandalisé et a répondu avec colère : "Mon frère est toujours vivant ! Comment osez-vous parler de lui comme s'il était mort ?"

Shimon Peres : quand il était vice-premier ministre, parlant à deux ministres qui demandaient son aide pour aider à libérer Pollard, a dit: "Pollard est une cause perdue. Il n'y a rien à faire, il faut juste l'oublier..!

Rafi Eitan: l'ancien "contact" de Pollard et aujourd'hui ministre du gouvernement m'a dit et a dit à Larry Dub qu'il regrettait de n'avoir pas mis une balle dans la tête de Jonathan quand il a cherché refuge à l'ambassade israélienne à Washington. Jusqu'à ce jour, Eitan dit aux journalistes qu'il ne ressent aucune responsabilité personnelle à l'égard de Pollard et que ce qui est arrivé à Pollard a été "un échec opérationnel mais pas un échec personnel."

Quant à Ehoud Olmert, l'actuel Premier ministre, son seul intérêt, tel qu'il est exprimé à des contacts dans les coulisses, est dans la libération de l'assassin terroriste Marwan Barghouti, pas de Jonathan Pollard. Il ne feint même pas d'avoir le moindre intérêt pour Pollard. Olmert envisage de partager le prix Nobel de la paix avec Barghouti !

Permettez-moi de vous rappeler, Jonathan n'était pas un trafiquant de drogue ou un scélérat, qui a trahi l'État au profit du Hezbollah par vénalité, comme Elchanon Tanenbaum. Mais Tanenbaum était un ami personnel de la famille d'un ancien premier ministre. Alors, l'État d'Israël a payé un prix disproportionné pour sa libération, en dépit des dégâts que Tanenbaum a fait pour notre sécurité nationale.
Jonathan a été et est un agent israélien de bonne foi. D'après ce que j'ai moi-même entendu de hauts responsables gouvernementaux, les informations que Jonathan a donné à Israël nous ont virtuellement sauvés d'un autre holocauste.

Et voilà comment le gouvernement d'Israël traite un homme qui a servi l'Etat et qui a sauvé la vie d'innombrables citoyens israéliens? On le remercie avec 22 ans de prison au nom de l'État d'Israël !
Les hauts responsables israéliens sont-ils tellement sous la coupe des Etats-Unis qu'ils ne peuvent pas défendre et ne défendrons pas les intérêts nationaux d'Israël ? Mais ils veulent bien défendre ceux qui, comme Tanenbaum, favorisent leur agenda personnel. Est-ce que tous nos prisonniers, Jonathan inclus, sont devenus comme des objets qu'on jette  parce que leur libération ne sert pas les intérêts personnels des élus d'Israël ?

Jonathan est maintenant dans sa 22e année d'une peine à perpétuité dont on ne voit pas la fin. Le Gouvernement d'Israël prétend qu'il fait tout ce qu'il peut pour Jonathan Pollard. Comme nous l'avons vu, les faits ne corroborent pas l'affirmation du gouvernement.

En outre, si c'est la façon dont le gouvernement se comporte pour un captif bien en vue comme Jonathan, qui est capable de parler pour lui-même, qui peut être recevoir des visites, qui écrit et qui téléphone et dont le cas est connu, alors imaginez la façon dont le gouvernement se comporte envers les prisonniers qui ne sont pas aussi visibles, qui ne peuvent parler pour eux-mêmes, et dont nous ne savons rien. Si vous y réfléchissez, et que vous vous posez quelques questions très simples, vous arriverez aux mêmes conclusions auxquelles Jonathan et moi avons été contraints d'aboutir à cause de notre propre expérience.

Ensuite, vous comprendrez certainement un principe très simple. A savoir, que nous avons à la fois le droit et l'obligation de nous souvenir de ceux qui sont tombés au service de l'Etat. Nous devons honorer la mémoire de ceux qui ne sont plus en vie. Nous devons apprécier le sacrifice qu'ils ont fait pour notre existence. Mais il n'y a aucune raison pour commémorer ceux qui sont encore vivants : Ron Arad, Tzvi Feldman, Yehuda Katz, Zarcharia Baumel, Guy Hever, Gilad Shalit, Ehoud Goldwasser, Eldad Regev, et mon mari Jonathan Pollard. Les commémorer, alors qu'ils sont encore en vie et en captivité, au lieu de les ramener à la maison est une mascarade ! C'est le comble de l'hypocrisie ! Et c'est un crime contre l'humanité. Nous avons l'obligation absolue de les ramener à la maison, sans plus tarder !

Et, je ne demande pas qu'Israël libère des assassins et des terroristes pour les ramener à la maison. Aucune autre nation dans le monde, exceptée Israël ouvre les portes de ses prisons et libère des assassins et des terroristes pour obtenir la libération de ses prisonniers et même après l'avoir fait à plusieurs reprises, n'a toujours pas obtenu en échange la libération de ses captifs.

Récemment, 15 marins britanniques ont été capturés par l'Iran. Est-ce que quelqu'un sait combien de terroristes ont été libérés par la Grande Bretagne en vue d'obtenir leur libération ? Pas un seul ! C'est vrai ! Pas un seul terroriste ou assassin n’a été libéré par la Grande-Bretagne pour obtenir la libération de leurs otages par l'Iran. Ils ont été libérés avec les moyens utilisés par les pays normaux pour libérer leurs captifs : avec des négociations secrètes intenses, avec des menaces ou autres, mais pas en libérant des assassins et des terroristes. Seul Israël prétend qu'il doit libérer des assassins et des terroristes ! Ce n'est pas le moyen pour obtenir la libération des prisonniers et ce n'est pas le moyen que doit utiliser une nation qui se respecte !

Assez, c'est assez ! Il est temps d'arrêter les mensonges et l'hypocrisie du gouvernement d'Israël ! Il est temps de cesser de libérer des assassins et des terroristes ! Il est temps de cesser d'organiser des services commémoratifs pour nos prisonniers et disparus au combat ! Il est temps de sauver nos garçons prisonniers, au lieu de les immortaliser ! Je n'ai pas à dire à notre gouvernement par quel moyen il doit libérer un prisonnier ! Pas plus qu'il a besoin de moi pour lui apprendre que négocier ne signifie pas capituler devant le terrorisme ! Ou que, lorsque la négociation échoue, il y a d'autres moyens !

Il est temps pour le gouvernement d'Israël de s'acquitter de son obligation envers ceux qui ont été faits prisonniers pour avoir fidèlement servi l'Etat. Il est temps de ramener Jonathan Pollard, tous nos prisonniers et nos disparus de guerre à la maison, maintenant, pendant qu'ils sont encore vivants ! Plus de mystères, plus de manœuvres, plus de mensonges et plus d'excuses ! Aucune autre solution n'est acceptable. © Esther Pollard 

Adapté par Danilette 

 


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Publié dans Israël

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Marcoroz 16/02/2011 11:20



Pour moi, ça dépasse l'entendement !



Alef 28/12/2010 19:52



Merci pour ta réponse et pour tes précision avant le texte, Danilette. Je vais répondre à cela. 


Comme je l'ai écrit, il est tout-à-fait possible -et même probable- que Mme Pollard tienne cette version de son propre mari, qui lui même les a, de toutes évidences, entendu après son
incarcération, très probablement des services secrets U.S. (cette méthode est très souvent utilisée chez eux -principalement la C.I.A.-) pour faire craquer ses détenus espions . Le fait qu'Israël
n'ait pas libéré Pollard plus tôt et n'ai pas confirmé qu'il était un espion israélien, peut être motivé par d'autres raison que pour favoriser sa mise à mort.

Concernant le fait qu'Israël ne l'ait pas fait libérer plus tôt, il est très envisageable qu'il était lui-même dans une situation embarrassante : révéler que Jonathan Pollard avait le droit,
selon les accords de 1983 contractés entre les deux pays, c'était reconnaître que Pollard était bien un espion israélien,  ce qui l'aurait exposé à davantage de pression pour révéler
d'autres informations classées secret défense, et s'il avait craqué, la vie de millions d'Israéliens aurait probablement été menacée par ces révélations ainsi que le bon déroulement d'opérations
secrètes en cours et la sécurité des autres espions en mission à ce moment-là. Mais d'un autre côté, ne pas intervenir signifiait laisser Pollard en prison aux Etats-Unis. Bref, une situation
cornélienne dans laquelle toute personne vigilante responsable de la sécurité d'une nation peut difficilement trancher.

N'importe quelle accusation contre n'importe quelle personne ou pays est contestable sans révélation de preuves et de mobile. C'est une base juridique. Ici, il n'existe que des affirmations mais
pas de preuve et pas de mobile, nous ne pouvons donc faire que des suppositions en faveur ou contre cette version des faits, mais l'une peut être tout aussi fausse que l'autre peut l'être. Il est
donc faux et dangereux de présenter cette version comme un fait irréfutable, car ça n'en est pas un. Un fait est irréfutable quand il est en mesure d'être prouvé.

Le délais peut très bien tenir à l'attente de la fin des opérations en cours, à une réorganisation de la structure sécuritaire du pays, à la durée requise de la confidentialité dans les services
secrets,  et la lenteur administrative (particulièrement en Israël où les administrations agissent de manière très très lente).

Je ne connais pas Rafi Eitan ni Raphaël Eitan, je ne peux donc pas me prononcer sur leurs personnalité de manière fondée, ni sur le choix qui a dû incomber à Rafi Eitan concernant l'intervention
ou non pour la libération de Jonathan Pollard. Mais je doute qu'Israël ait livré des preuves accablant Pollard pour le faire incarcérer. Ca n'a pas de sens et cela va contre tous les intérêts
israéliens ainsi que ceux du Mossad. Le fait qu'Israël ne l'a pas libéré par contre, là, c'est un fait irréfutable parce que s'il l'avait fait, Pollard ne serait tout simplement plus en prison
aux Etats-Unis aujourd'hui.


Pour ce qui est des empreintes de Pollard sur les documents, il n'est pas étonnant qu'elles y soient s'ils ont été trouvé chez Pollard. Si ce n'est pas le cas, les Etats-Unis n'ont pu entrer en
leur possession que par le biais du Mossad, le fait que le Mossad possède ces documents indique de facto le fait que Pollard travaillait pour lui, et donc que le Mossad reconnait implicitement
cela. Donc comment Pollard aurait-il pu être incarcéré compte tenu de l'accord de 1983 entre les Etats-Unis et Israël et comment, même un très mauvais avocat n'aurait-il pas pu obtenir sa
libération immédiate en s'appuyant sur cet accord ? Trop d'incohérences et de contradictions dans la version affirmant qu'Israël a fourni les preuves nécessaires aux Etats-Unis pour inculper
Pollard.... Je demeure très sceptique.



Alef 28/12/2010 07:49



C'est en effet un article épouvantable à lire, mais cinq questions me viennent à l'esprit que je développerai un peu plus loin
dans ce mail :

1) Quel aurait été le mobile d'Israël pour agir de la sorte ?

2) Quelles sont les preuves ?

3) Comment Mme Pollard a-t-elle appris cette histoire impliquant Israël ?

4) N'est-il pas possible que ces affirmations servent en réalité une manoeuvre politique ?

5) Dans quel but ? Quel serait l'objectif ou les obectifs de cette manoeuvre ?


- Quel aurait été le mobile d'Israël pour agir de la sorte ?

Je sais que le texte répond à cette question (de manière un peu maladroite, d'ailleurs, en affirmant qu'il s'agissait de protéger la carrière des responsables de l'opération), or le texte se
contredit lui-même puisque cette opération était tout-à-fait légale en vertu de l'accord signé dans le cadre du protocole d'entente de 1983, signé entre Israël et les Etats-Unis. N'aurait-il pas
été plus simple, plus logique et moins risqué pour la sécurité d'Israël de faire libérer Pollard en présentant cet accord signé des deux pays plutôt que de prendre le risque de laisser Pollard,
sous la torture, sous les diverses pressions psychologiques états-uniennes, révéler d'autres informations top secrète qu'il possédait forcément en tant qu'agent du Mossad ?

Je pense que cette version est tout à fait le genre de propos qui peuvent fabriqués par les services secrets états-uniens comme la CIA pour exercer une pression sur Pollard en lui faisant croire
qu'il était isolé, trahi par son propre pays, dans le but d'obtenir d'autres renseignements confidentiels sur Israël. Ce type de méthode était (est ?) courant chez les services secrets 
états-uniens, bien plus que ne puisse jamais l'être complaisance dans la trahison, l'abandon et l'injustice chez Israël. Pollard l'a peut-être cru (ou non) et l'a peut-être répété à son épouse
qui a, ensuite, produit ce texte, prenant ces "révélations" pour argent comptant.

- Quelles sont les preuves ?

Ce type d'accusation est extrêmement grave et préjudiciable et nécessite donc de solides preuves pour être envisagé. Quelles sot les preuves, mêmes fragiles, que posséderait Mme Pollard dans
cette affaire ?

- Comment Madame Pollard a-t-elle appris cette histoire impliquant Israël ?

Je pense avoir partiellement répondu à cette question plus haut. Sans doute que cette histoire a été racontée à Pollard par les autorité des Etats-Unis, peut-être bien la CIA, pour lui donner une
impression d'isolement et d'abandon de la part de son pays (ceci afin d'exercer sur lui une pression psycologique dans le but d'obtenir d'autres informations confidentielles sur Israël).
Peut-être que Pollard y a cru ou peut-être pas, mais qu'en tout état de cause, il a confié ce qui lui a été dit à son épouse. Son épouse, pleine de souffrance et de rancoeur à l'encontre d'Israël
pour ne pas avoir pu libérer son mari plus tôt, le tint donc pour responsable de son incarcération (un peu à la manière des Shalit qu'elle cite parmi les exemples de cas qui seraient, selon
elle,  similaires à celui de Pollard, suggérant par là l'idée qu'Israël serait également le fautif dans les autres cas de captivité (ce qui est bien évidemment entièrement faux) au même
titre qu'il l'est avec Pollard (ce qui peut bien l'être tout autant) et que s'il a pu l'être jusque-là avec tous ces captifs, il peut tout aussi bien l'être). Les Shalit sont l'autre exemple où
la famille tient Israël responsable de la captivité de leur proche (ici, Gil'ad) par le 'Hamas et du fait qu'il ne soit pas encore libéré à ce jour, faisant le jeu du 'Hamas en agissant de la
sorte et pensant que leur souffrance vaut bien le sacrifice d'Israël qu'ils salissent et livrent, eux aussi, à la vindicte populaire, risqant au passage de blesser profondément des milliers de
Juifs crédules, leur insuflant du mépris et de la méfiance vis à vis d'Israël, leur propre pays).

Je pense qu'il serait, par ailleurs, intéressant à plus d'un titre d'étudier les parallèles (à tous niveaux) entre la famille Shalit et Mme Pollard... Peut-être y trouvera-t-on d'autres raisons
(ou peut-être pas) que la souffrance pour motiver ce comportement rigoureusement identique face à la captivité de leurs proches respectifs. Quoi qu'il en soit, ils ont cela en commun ainsi que
leur manière de réagir face à elle.

- N'est-il pas possible que ces affirmations servent en réalité une manoeuvre politique ?

Rien n'est sûr, mais c'est une possibilité qui n'est pas à écarter. C'est un des points communs possibles que je suggérais précédemment parmi les éléments intéressants qui pourraient ressortir à
la suite d'une étude sur les parallèles entre les deux familles.

- Dans quel but ? Quel serait l'objectif ou les obectifs de cette manoeuvre ?

Une démarche thérapeutique (le besoin de trouver un coupable qui ne tentera rien contre les familles Shalit et Pollard pour soulager leur douleur), une motivation idéologique ou politique (menée
pour faire tomber un gouvernement ou l'ensemble d'un système, pour le remplacer par un autre), une trahison par corruption (argent ou célébrité qui en serait le bénéfice), une démarche tactique
(choquer les esprits, créer un buzz, pour marquer les mémoires et être sûr que personne n'oubliera Gil'ad Shalit ou Jonathan Pollard avant longtemps (si possible jusqu'à leur libération, dans peu
de temps, qui casserait l'affaire et rétablirait la vérité) ou l'invention d'un nouveau scandale pour relancer la machine. Le tout ayant aussi pour conséquence de mettre la pression sur le
gouvernement ou sur l'Etat d'Israël dans son ensemble, dans le but d'une libération plus rapide de Shalit comme de Pollard), ... Les objectifs peuvent être aussi divers que nombreux et peuvent
aussi bien être tout ça à la fois.

Pour le moment, rien ne me porte à croire que ce qui est dit dans ce texte est vrai. Trop d'incohérences, pas de mobile, pas de preuve. Je ne peux donc qu'encourager à la plus grande réserve
concernant ce type de récit.



danilette 28/12/2010 18:20



Cher Alef, merci beaucoup, ces remarques sont très intéressantes, il existe encore trop de questions non résolues dans cette triste histoire. J'ai pas mal de mails et j'ai donc répondu en mettant
mes remarques en début de la traduction, à bientôt !