L’Antisionisme Dans La Sphère Politique Italienne? Angelo Pezzana

Publié le par danilette

      Manfred Gerstenfeld interviewe Angelo Pezzana

Traduit par Marc Brzustowski : www.lessakele.com
 

“Lors des élections parlementaires italiennes de février 2013, un nouveau parti, extrêmement anti-israélien, appelé « Cinq Etoiles », a obtenu 109 des 630 sièges à la Chambre des Députés. Il dispose, également, d’une présence significative au Sénat, avec 54 des 315 sièges d'élus.

 

“Le dirigeant du Parti “Cinq Etoiles” est un ancien comédien, Beppe Grillo. Il prétend qu’Israël provoquera la Troisième Guerre Mondiale, que l’Iran est un pays pacifique et que ce qui s’est réellement passé le 11 Septembre (2001) a été déformé par les médias. Alors que ses électeurs proviennent de toutes les couches de la société de l’électorat italien, le Parti « Cinq Etoiles » assure, en règle générale, des positions qui sont, traditionnellement, celles du centre-gauche ».

 

Angelo Pezzana est un journaliste italien. Il a fondé, en 2001, le site internetwww.informazionecorretta.com. Il livre, quotidiennement, des actualités en italien, sur Israël, le monde arabe et le terrorisme.

 

Pezzana poursuit : “On ne peut pas comparer le Parti “Cinq Etoiles” aux Néo-Fascistes et Néo-Nazis du parti hongrois Jobbik, ni à ceux de l’Aube Dorée grecque. Il ressemble beaucoup plus aux partis Pirate, qui existent dans divers pays européens, bien qu’il soit  mieux structuré. Il doit son succès électoral à ses manifestations contre le système politique, à un moment où l’économie italienne traverse une crise majeure. Dans le Frioul, où des élections régionales se sont déroulées en avril, il a perdu la moitié du nombre de ses suffrages, comparé aux élections parlementaires, deux mois plus tôt. Cela dit, le parti reste dangereux, puisque ses slogans creux demeurent attractifs pour beaucoup, à cause de la crise italienne en cours.

 

“Grillo, ainsi que l’autre dirigeant du parti, Gianroberto Casaleggio, contrôlent et communiquent avec leurs représentants parlementaires par internet. On pourrait les considérer sous l’angle d’une mutation politique de Big Brother, dans 1984d’Orwell. Quiconque ne suit pas leurs directives est, ipso facto, expulsé du Parti. Les déclarations publiques de Grillo sont, intentionnellement, vulgaires et font appel au plus petit dénominateur commun, aux pulsions primaires. Du fait de la crise en Italie, quoi de plus facile que de s’attaquer aux grandes institutions financières internationales, par exemple. Plusieurs d’entre elles portent encore le nom de Juifs, bien que leurs familles fondatrices n’en sont plus à la tête. Grillo peut ainsi se permettre d’accuser les Juifs de complicité dans la crise. Une majeure partie du public comprend instantanément son intention.

 

“Le parti le plus important, au Parlement italien, est le Parti Démocrate (DP) de tendance centre-gauche. Grâce au bonus de sièges dont il bénéficie, en tant que parti le plus représenté dans le système électoral, il dispose de 295 sièges à la Chambre. Parmi ses nombreux courants, l’ancienne tendance communiste est l’une des plus vastes et contrôle la bureaucratie du Parti. L’ancien Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères Massimo D’Alema est l’une de ses personnalités les plus influentes. Il a un palmarès impressionnant de marques d’hostilité envers Israël. De nombreux membres du DP, au Parlement et de députés européens partagent ses points de vue, mais sont moins explicites dans leur formulation.

 

“Matteo Renzi, maire de Florence, âgé de 38 ans, est une star montante parmi les jeunes hommes politiques du DP. Il a le potentiel pour devenir le dirigeant du parti dans un avenir pas si éloigné. Les positions de Renzi à l’égard d’Israël sont, de loin, bien plus positives que celles de beaucoup d’autres membres du DP.

 

“Le Président Giorgio Napolitano a acquis une réputation qui va bien au-delà de la position symbolique qu’on s’attend à ce qu’il assume, selon la Constitution. Malgré ses 88 ans, il a accepté d’être réélu à un second mandat, puisque le DP et le Parti des Libertés de Silvio Berlusconi n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur le profil d’un autre candidat. Bien qu’ancien communiste, sa position concernant Israël est plutôt favorable. Napolitano a fait de fréquentes déclarations pro-israéliennes et a, également, défendu le Sionisme.

 

“Le Parti des Libertés ne détient que 98 sièges à la Chambre, bien qu’il ait obtenu à peine moins de suffrages que le DP. Ces deux partis, en dépit de leurs différences politiques essentielles, sont dans l'obligation de collaborer, puisqu’aucun d’entre eux ne détient la majorité au Sénat et que le « Parti Cinq Etoiles » est, principalement, obstructionniste. Le Parti des Libertés a toujours été pro-israélien.

 

“Il y avait quatre parlementaires juifs, au sein de la précédente Chambre des Députés. Trois d’entre eux appartenaient au DP et au Centre, et ne se sont jamais exprimés, à propos d’Israël. Fiamma Nierenstein, du Parti des Libertés, par contre, a fait preuve d’un engagement d’une intelligence rare et d’un grand courage, envers Israël. Elle est parvenue à mobiliser des parlementaires du Parti des Libertés, autant que d’autres partis, lors de manifestations pro-israéliennes. Nierenstein était, également, l’initiatrice habile d’une enquête parlementaire sur l’antisémitisme, qui est, aussi, disponible en anglais sur internet. Cependant, elle a décidé de ne pas se représenter aux élections législatives.

 

Au niveau local, les partis de gauche, qui ne franchissent pas le seuil des 3% d’électeurs, aux élections parlementaires, obtiennent souvent des positions de force. Ils disposent, également, de nombreuses municipalités. L’un d’eux est le Maire anti-israélien de Naples, Luigi de Magistris. Il a accueilli une flottille pour Gaza. Il a, également, gratifié du titre de citoyen d’honneur de la Ville de Naples, le Président Palestinien, Abu Mazen. Sa ville est mal gérée, les poubelles s’entassent dans les rues et il est peu probable qu’il soit réélu.   

 

“Dans le corps politique officiel italien, on entend rarement des déclarations explicitement antisémites. Une des principales pratiques de l’antisémitisme se trouve sur internet, où l’extrême-droite et l’extrême-gauche promeuvent une propagande similaire à celle à laquelle on assistait dans l’ancien journal nazi,Der Stürmer. L’incitation à la haine antisioniste, autour de son slogan le plus populaire : « Les Israéliens font aux Palestiniens ce que les Nazis ont fait aux Juifs », a fait des écoles italiennes une tribune de la propagande anti-israélienne et antisémite, et beaucoup d’enseignants se font les complices de cette forme d’incitation à la haine ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski. http://www.lessakele.com/article-l-antisionisme-dans-la-sphere-politique-italienne-117500305.html


 

 

Revoir l'intervention formidable d'Angelo Pezzana en 2010 :


 

 


      dernière mise à jour 3/5/2013

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