L'Eclatant miracle de la guerre des 6 jours, Yéochoua Sultan

Publié le par danilette

Via www.parolevolee.com article de Yéochoua Sultan

 

A l'occasion de l'anniversaire de la réunification de Jérusalem, le docteur Haguy Ben-Artsi vient de publier son dernier livre : la Chronique des Six Jours. En une centaine de pages, il relate le contexte et le déroulement des événements de la guerre de 67 jour après jour, avec cartes et données à l'appui. Et puisque les Juifs n'avaient jamais au cours de toute leur histoire, biblique comprise, connu une victoire – impliquant leur intervention personnelle – d'une telle ampleur en un temps si bref, elle doit selon lui trouver sa place parmi les célébrations historico-religieuses d'Israël : «Notre génération a eu le mérite d'assister à un dévoilement immense de la Présence Divine avec l'éminent miracle du retour du peuple d'Israël sur son sol (…). Dans la perspective de cette réalisation des prophéties bibliques, le miracle de la guerre des Six jours est particulièrement éclatant», peut-on lire dans l'introduction.

 

Il souligne non seulement la courte durée de ces événements, mais également le déséquilibre des forces qui logiquement aurait dû accorder d'avance l'avantage à l'axe des armées égyptienne, syrienne, jordanienne et irakienne, ayant ameuté en renforts des divisions de tout un groupe culturel hostile prêt à parachever le génocide, tandis que le monde libre s'apprêtait à établir le résumé d'une épopée juive de dix-neuf ans.

 

Aussi propose-t-il une implication concrète de cette affaire dans le contexte de la vie religieuse. Le titre de son livre est judicieusement choisi, et cette chronique, méguila en hébreu, reprend le terme du récit d'Esther, lu à Pourim dans toutes les synagogues, et qui relate comment un peuple en exil et dispersé entre cent vingt-sept contrées, voué à l'anéantissement, assista au retournement d'une situation le menaçant tout entier, se retourner pour le laisser frapper ses ennemis en grand nombre.

 

Certes, le 28 yar, qui coïncide cette année avec le 28 mai, donne déjà lieu à des célébrations, depuis que le grand rabbinat d'Israël a décidé que l'on réciterait le Hallel, le rite des louanges dans la prière, et que ce jour deviendrait un jour de fête ; mais Ben-Artsi va plus loin : «La Chronique des Six Jours est destinée à s'acquitter d'une obligation et à combler un vide. Son objectif consiste à relater le déroulement de la guerre et la délivrance qui s'est ensuivie en l'an 5727, de souligner la dimension de la foi et du miracle qu'elle renferme. L'histoire est fidèle aux réalités historiques et conforme aux publications officielles de l'Etat d'Israël, mais il est également ouvert et à l'écoute de la Providence Eminente qui nous dirige et nous accompagne. » La lecture de ce livre, nous propose son auteur, doit être conduite sur une dizaine de jours, avec six chapitres concis et consécutifs qui correspondent dans l'ordre aux dates de cette incroyable délivrance.

 

Le passage dont la lecture est prévue pour le 25 yar, contenu dans le premier chapitre, nous dresse la toile de fond qui précéda le déclenchement de la guerre des Six jours.

 

Si, en général, la mémoire collective se souvient du blocus du détroit de Tyran, Ben-Arsti nous passe en revue plusieurs casius belli : trois ans auparavant, en mai 64, avec la formation de l'Olp, des centaines d'intrusions, suivis de massacres et d'opérations de sabotage ont commencé à être perpétrées, faisant des dizaines de victimes israéliennes innocentes ; les Syriens ont bombardé la Conduite nationale, sorte de pipeline destiné à alimenter en eau les régions méridionales d'Israël à partir du Jourdain, et entrepris de vastes travaux pour tenter de détourner les affluents en amont, malgré le fait qu'Israël ne dépassait pas les quotas garantis par les conventions internationales ; cette guerre de l'eau dura trois ans ; le jour de l'indépendance d'Israël, les Egyptiens ont massivement rassemblé leurs divisions de blindés à l'intérieur du Sinaï, malgré les accords et garanties internationaux qui ont succédé à l'opération Kadesh en 56-7 ; les forces internationales prirent la fuite sans se faire prier, laissant le champ libre à Nasser, qui appelait ouvertement au massacre de tous les Juifs ; les puissances garantes de la paix régionale fermèrent les yeux ou regardèrent ailleurs, ce qui galvanisa la haine et laissait entendre aux pays arabes une sorte d'accord tacite approuvant leurs desseins génocidaires ; puis l'armée jordanienne se plaça sous les ordres d'un général égyptien, et des forces égyptiennes et irakiennes se positionnèrent en Jordanie.

 

Côté israélien, les différents partis politiques fondent un gouvernement d'union nationale qui a pris la décision d'une opération préventive, à la suite de trois semaines d'une tension sans précédent dans le pays.

 

Les chapitres suivants, dont nous ne relèverons succinctement que quelques grandes lignes, relatent donc une histoire surprenante que beaucoup ont voulu rendre banale après un premier émerveillement. Des arguments cartésiens ont cherché littéralement à refroidir l'enthousiasme, et d'aucuns soutiennent encore aujourd'hui, 47 ans plus tard, qu'étant donné que les Juifs ont profité de l'effet de surprise, devançant un ennemi qui pensait qu'ils ne se défendraient pas ou peu, se sentant peut-être forts du précédent européen, la victoire était prévisible et on ne peut plus rationnellement explicable.

 

S'il en est ainsi, on peut abonder dans ce sens également en ce qui concerne les événements qui ont donné lieu à l'observation de préceptes relatifs à Pourim et Hannouka, ou alors la notion de miracle n'est pas perçue par tous de la même façon. Le caractère d'une réalisation qui n'implique absolument aucune intervention humaine est à peu près unanimement reconnue comme miraculeux. Cependant, dans la perspective du judaïsme, l'intervention divine exige la plupart du temps un engagement concret et un effort de l'être humain. Les prières sollicitent la «volonté divine d'accorder la réussite dans toutes les œuvres de nos mains.»

 

Rien ne garantissait d'avance le succès de l'opération Moked, foyer, nom de code donné à l'opération consistant à la neutralisation de l'armée de l'air égyptienne. «Au matin du deuxième jour, le 26 yar 5727 (5 juin 67), à 7h15, la quasi-totalité des avions de l'armée de l'air israélienne (environ deux cents) sont partis attaquer l'armée de l'air égyptienne : avions et aérodromes. Seuls douze avions de combats sont restés dans les aéroports israéliens pour la défense du pays. Le risque encouru par l'expédition était incommensurable. Les Egyptiens disposaient d'un système de défense antiaérienne développé et perfectionné, qui comprenaient des dizaines de missiles perfectionnés et des centaines de canons, fournis avec beaucoup de largesse par la Russie (…) En contrepartie, la plupart des avions israéliens étaient de vieux avions français, dont les capacités à réaliser une opération de grande envergure étaient des plus limitées. S'ils avaient été repérés avant l'attaque, en route pour leurs objectifs, beaucoup se seraient fait abattre, et Israël serait resté sans armée de l'air efficace (…) L'intégralité du système de détection antiaérienne était tombé en panne. La Main de la Providence se joignit à la détermination des pilotes de l'armée de l'air.»

 

L'auteur rapporte que tout le leadership israélien était étonné par le côté extraordinaire des résultats. Il cite le commandant de l'armée de l'air, le général Moti Hod : «Même dans mes rêves les plus fous, je n'aurais jamais osé imaginer un résultat aussi impressionnant.» Cette opération qui avait conjointement frappé douze aéroports militaires, dont les pistes furent bombardées avec des bombes spéciales «pour l'éclatement de pistes», n'avait fait que la moitié du travail. Il restait aux Egyptiens après les deux premières heures de la guerre encore la moitié de leurs avions, soit autant que la totalité de l'effectif israélien.

 

La seconde vague fut pour 9h45. Les Egyptiens n'étaient plus sous l'effet de la surprise, et malgré une artillerie lourde et des bombardements plus qu'intensifs en direction des avions israéliens, un seul appareil fut abattu. Les aviateurs ne furent pas impressionnés par le bruit terrible de tant de déflagrations. Trois heures après son lancement, l'opération Moked prit fin, avec une diminution d'environ trois cents avions de l'arsenal égyptien.

 

A priori, on aurait pu s'attendre à ce que les autres forces de l'axe se tiennent tranquilles, satisfaites des informations mensongères fournies par les Egyptiens sur leur prétendu succès. Serait-il hasardeux de supposer que si l'Europe n'a quant à elle pas bronché, ce fut aussi à cause des ces fausses nouvelles? Or, comme la Jordanie, l'Irak et la Syrie venaient de se lancer dans les bombardements de bases militaires mais, aussi, comme ça leur va si bien, de localités civiles, l'état major décida d'élargir l'opération et de mettre hors d'état de nuire les autres armées de l'air. Donc, dès 12h45 et pendant trois heures supplémentaires, quelque deux cents avions jordaniens et syriens furent à leur tour détruits. La bataille de l'air fut gagnée en moins d'une journée, tandis que quelques dizaines d'avions irakiens sur le point de s'envoler en direction d'Israël furent cloués au sol en Irak même le lendemain.

 

Pour revenir à Jérusalem, non seulement elle fut occupée par la Jordanie pendant dix-neuf ans, mais ce pays dirigé par un membre de la famille royale saoudienne placé dans la partie orientale de la terre d'Israël (Palestine en langue étrangère), interdit toute approche juive du Kotel et détruisit jusqu'à la racine toutes les synagogues, y compris des monuments historiques prestigieux. En dépit de ces actes répréhensibles et des conventions conséquentes au cessez-le-feu de 49, le monde n'a ni protesté, ni condamné, ni à plus forte raison tenté quoi que ce soit pour parer à ces abus gravissimes. «Les Jordaniens bombardèrent les populations civiles et tuèrent des dizaines de personnes. La légion jordanienne s'empara d'Armon Hanatsiv, où siégeait le quartier général de l'Onu. L'étranglement du Mont Scopus fut aggravé par l'apport de dizaines de tanks jordaniens.» Là, en deux pages, l'auteur décrit l'enchaînement des événements, la défaite de la Légion chassée des positions qu'elle venait de conquérir, et l'avancée des positions israéliennes. Et c'est alors qu'intervient, alors que les accès de la Vieille-Ville sont contrôlés par Tsahal, un dilemme politique. Le gouvernement se demande s'il doit ou non la reprendre. Il semblait possible de neutraliser les forces ennemies qui s'y trouvaient, et la direction politique craignait de se mettre à dos les mondes musulman et chrétien dont des bâtiments de culte en occupaient en partie le sol.

 

Mais c'était sans compter avec la mémoire des généraux de Tsahal, anciens du Palmah, qui avaient très mal vécu la défaite de la guerre d'Indépendance. A 10h, le 28 yar, l'ordre fut donné d'avancer. L'unité de Jérusalem entra par la Porte dite des Immondices, et les parachutistes par la Porte des Lions, la plus proche du lieu le plus saint à l'échelle planétaire. «Couverts par l'artillerie, les parachutistes libérèrent le Mont du Temple, le lieu où avaient été érigés le Premier et le Deuxième Temple. A 11h, sur toutes les radios, on entendit la déclaration de Motta Gour, commandant des parachutistes : "Je tiens le Mont du Temple"…»

 

Pour terminer cet aperçu, relevons encore dans ce livre le sentiment prémonitoire ressenti par deux personnalités, religieuse et culturelle, du paysage israélien. «Le jour de l'Indépendance 5727, précisément au moment où l'armée égyptienne pénétrait dans le Sinaï, deux événements d'une portée prophétiques se sont déroulés. Dans la yéchiva Mercaz Harav se tenait un congrès de réjouissances. Le Rav Tswi Yéhouda Kook, au milieu de son discours, en changea brusquement le ton : "où se trouve notre (ville de) Hébron? L'aurions-nous oubliée? Où se trouve notre Sichem?... notre Jéricho… notre partie orientale du Jourdain?" Le Rav exigea de ses élèves de ne jamais renoncer à quelque partie que ce soit de la terre sainte, patrie choisie par D., et en tout premier lieu la Vieille-Ville de Jérusalem, la ville de sainteté, elle aussi sous domination étrangère. Trois semaines plus tard, elle fut libérée, ainsi que Hébron (…) alors que des dizaines de ses élèves comptaient parmi les soldats. IL fut lui-même le premier civil venu y prier dès la libération. »

 

«Au même moment, en ce jour d'Indépendance 5727, à quelques mètres de la yéchiva Mercaz Harav, se tenait un festival de la chanson hébraïque. Le chant le plus remarquable, qui suscita une exaltation énorme dans le public israélien, fut celui de Naomi Shémer : Jérusalem Ville d'Or(…) Ce fut aussi trois semaines après que cette chanson fut écoutée pour la première fois, que la ville fut libérée du joug étranger. » (Méguilat Chéchet Hayamim, p. 18, 19).



Yéruchalaym chel zahav, Jérusalem d'or, la performance originale telle qu'elle fut enregistrée par la radio israélienne au festival de la chanson israélienne en 1967 dont parle l'article.

 

 

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