L'étau se resserre, Mordechai Kedar

Publié le par danilette

L'étau se resserre, Mordechaï Kedar

 

Durant les trente ans de son règne, Hafez El Assad (1970-2000) a entretenu des relations d'amour-haine avec la Ligue Arabe et les autres dirigeants arabes.  D'une part, le dirigeant syrien s'est positionné comme garant du monde arabe et présentait sa capitale Damas comme la "forteresse inébranlable" et même la nouvelle "direction de la prière" du nationalisme arabe. L'image qu'Assad avait tenté de donner de la Syrie était celle d'un Etat qui ne renoncera jamais aux droits des Arabes, car il traduit les sentiments intimes des masses arabes, alors que les autres dirigeants  -- et à leur tête, Sadate et le roi Hussein -- rampent aux pieds d'Israël et des États-Unis et trahissent les intérêts, les valeurs et les sensibilités de la Ouma arabe. Les rois d'Arabie Saoudite, du Maroc, de Jordanie, ainsi que les émirs du Golfe, ont été présentés dans les médias syriens comme comme des réactionnaires figés dans l'histoire  tandis que la Syrie, sous l’étendard du parti Baas (Résurrection ) était "révolutionnaire et progressiste", et entraînait la nation arabe vers un brillant avenir, "sous la direction éclairée du président Assad". Cette prétention a considérablement agacé les dirigeants des pays arabes, sans qu'ils puissent faire grand-chose contre le régime syrien qui instrumentalisait au fil des ans des groupes radicaux, en particulier palestiniens, contre les pays arabes qui ne lui plaisaient pas. 

Assad a toujours utilisé les sommets arabes  -- quand il daignait y prendre part -- comme une arène pour lancer ses critiques acerbes et publiques des autres Etats arabes et il était absent la plupart du temps, au prétexte que la Ligue Arabe n'avait pas d'agenda à caractère arabe, ni de signification concrète, et n’avait pas la capacité de prendre des décisions efficaces. Parfois dans ces sommets, il envoyait des fonctionnaires subalternes pour exprimer son mépris des dirigeants arabes et des caricatures humiliantes étaient publiées dans la presse syrienne.  

Mais le grand péché du régime syrien, aux yeux des dirigeants arabes, était et est toujours l'alliance qu'il a conclue avec les Ajamis [1], c'est-à-dire les Iraniens, et sa longue fidélité à leur égard, au détriment de la fidélité de la Syrie au monde arabe. 

Tout au long de la guerre entre l'Iran et l'Irak (1980-1988) Assad a soutenu les Iraniens, bien que l'Irak soit un pays arabe, servant ainsi de tremplin à l’entrée des ayatollahs dans le monde arabe. Hafez Assad a soutenu et aidé le Hezbollah chiite, aux ordres de l'Iran, à s’emparer d'un pays arabe, le Liban, et cette faute est particulièrement grave aux yeux des Saoudiens, sunnites wahhabites extrémistes, qui considèrent les chiites comme des apostats de l'Islam. Bien qu'il ait liquidé quelque 50 000 citoyens syriens qui s'identifiaient aux « Frères Musulmans », dans les années 1976-1982, Assad a soutenu le mouvement Hamas, branche palestinienne des "Frères Musulmans", qui s’opposent en permanence au régime politique dans le monde arabe. Son amitié manifeste envers Kadhafi a également soulevé l'ire des autres dirigeants qui savaient, durant toutes ces années, que le Bédouin du Sahara avait besoin d'urgence d'un traitement psychiatrique. 

C'est ainsi qu’Assad père s’est attiré l’hostilité du monde arabe. Son fils, qui lui a succédé en juillet 2000, n'a pas fait grand-chose pour améliorer l’image de la Syrie aux yeux des dirigeants du monde arabe. Il a préféré renforcer et promouvoir ses liens avec l'Iran, et il a étendu les secteurs de coopération avec ce pays, même dans le domaine nucléaire. Cette politique n'a fait qu'exacerber la frustration de la majorité des citoyens syriens arabes sunnites  à l'encontre d'un pouvoir qui ne leur prêtait aucune attention. Ils sont restés pauvres, chômeurs et cherchant leur nourriture dans les poubelles, comme des chats de gouttière alors que les "chats gras", les corrompus, proches du régime continuaient à s'enrichir sur le dos du peuple. 

La ligue Arabe a fermé les yeux durant toutes ces années sur ce qui se passait en Syrie, en raison du fait que dans la plupart des autres Etats arabes la situation intérieure n'était pas tellement meilleure, et aussi parce qu'une des règles fondamentales de la Ligue arabe est sa non-intervention dans les affaires internes des pays membres. Mais cette règle a été brisée à plusieurs reprises en particulier quand le désordre intérieur d'un quelconque pays arabe dépasse la limite du tolérable. C'est ainsi que la Ligue a décidé d'envoyer les « forces arabes de dissuasion » au Liban, après qu’eut éclaté une guerre civile en 1975. Le destin a voulu que les « forces arabes de dissuasion » soient surtout syriennes et que leurs opérations reflètent davantage les intérêts du régime syrien celui des Libanais. L'armée syrienne a été piteusement expulsée du Liban en 2005, en vertu de la décision du Conseil de sécurité de l'ONU à cause de l'assassinat de Rafik Hariri. La ligue Arabe n'a pas soutenu la Syrie dans cette affaire et les dirigeants arabes ont vu avec grande satisfaction comment Assad a dû, contre son gré, renoncer à son contrôle direct sur le Liban. 

Au cours de l'année écoulée depuis le début des manifestations de décembre 2010 en Tunisie, la ligue Arabe a été contrainte de réagir aux effusions de sang dans trois pays : au Yémen, en Libye et en Syrie, à cause du grand nombre de tués abbatus par les forces de sécurité de ces gouvernements et aussi à cause de la durée de cette période de répression violente des manifestations de civils. La ligue Arabe et les dirigeants arabes n'ont pas pu résister aux critiques formulées à leur encontre, principalement par la chaîne Al Jazeera sur le fait qu'ils discutent vainement tandis que le sang arabe coule dans les rues. Il y a eu, à Bahrein et au Yémen, une implication active des Etats du Golfe. Suite à la répression terrible des manifestations en Libye, la Ligue a décidé de s’adresser à l'ONU pour qu’elle protège les civils libyens et c'est cette requête qui a donné aux pays membres de l'OTAN une couverture pour pouvoir condamner Kadhafi et déclencher par la suite une attaque aérienne contre lui et ses forces, sans l'aval du Conseil de Sécurité . Suite à l'escalade dans le massacre de civils de ces deux derniers mois, la Ligue Arabe a été à nouveau l’objet de dures critiques publiques pour avoir, dans un premier temps, soutenu Assad, et tenté ensuite une médiation entre lui et ses opposants. Des voix arabes ont accusé la Ligue arabe d’accorder une plus grande importance au « liquide noir » des Libyens qu’au « liquide rouge » des Syriens.

 Depuis que le vendredi 29 juillet, les rebelles syriens ont lancé le slogan : "votre silence nous tue", la Ligue arabe est entrée dans une phase d'intense d'activité avec des débats successifs sur la situation en Syrie et des missions d'inspection sur place. La force qui pousse la Ligue dans cette affaire est l'Arabie Saoudite, et ce pour trois raisons :

  • La rivalité traditionnelle entre elle et l'Iran, le parrain d'Assad.
  • Le fait qu'Assad soit alawi, ce qui est considéré par les wahhabites comme une hérésie et que, selon eux, il n’ait pas le droit d’exercer le pouvoir ni même peut-être de vivre. 
  • Le fait qu'Assad, l'hérétique, massacre des musulmans comme son père l'avait fait en son temps. 

Le contexte iranien est primordial pour tout ce qui touche à l'Arabie saoudite. La pression internationale croissante sur l'Iran, suite à la confirmation par la Commission Internationale à l'Energie Atomique que l'Iran développe bien l'arme nucléaire, risque d'entraîner le déclenchement d’hostilités dans le Golfe. Tout déchaînement de cette nature risque d’infliger un désastre à l'industrie pétrolière du Golfe – qui est la source de sa richesse - et donc de nuire aussi à la stabilité de l'Arabie Saoudite. L'un des moyens envisagé par l'Arabie Saoudite pour parvenir à frapper l'Iran est de provoquer l'effondrement du régime syrien et c’est l’une des raisons principales du durcissement des déclarations de la Ligue à l’encontre du pouvoir syrien.

Début novembre, le Conseil de la Ligue Arabe a adopté une initiative visant à mettre fin à l'effusion de sang en Syrie :

  • L'armée doit cesser immédiatement de tirer sur les citoyens du pays qui manifestent sans violence.
  • Les forces de sécurité doivent libérer immédiatement les milliers de détenus arrêtés pour avoir manifesté.
  • L'armée doit évacuer immédiatement toutes les villes et zones habitées. 
  •  Il sera permis à la presse internationale, ainsi qu'aux organisations affiliées à la Ligue arabe, de circuler librement dans toute la Syrie pour recenser les dommages et les pertes. 

 Dans les deux semaines qui suivront l’exécution de toutes ces mesures, se réunira une commission qui inclura le pouvoir et les groupes d'opposition, pour discuter et prendre des décisions concertées sur l'avenir du pays et la composition du futur gouvernement. Le pouvoir syrien a donné son accord à cette initiative mais rien de concret n’a été fait, au contraire :  l'effusion de sang n'a fait que croître  et le nombre de décès quotidiens a atteint cette semaine plusieurs dizaines par jour. Pour la seule journée du 14 novembre, quelque 80 soldats et civils ont été tués dans toute la Syrie, au cours d’échanges de tirs entre d'une part les forces de sécurité et les milices du régime et d'autre part des soldats déserteurs armés et des civils qui n’en peuvent plus de servir de cibles à Assad comme dans un stand de tir.

En ces journées tragiques, l'hostilité de longue date entre le système politique arabe incarné par la Ligue arabe et le pouvoir syrien, trouve son expression dans les propos du Premier ministre du Qatar – patrie d’Al-Jazeera – qui assure actuellement la présidence tournante de la Ligue arabe. Avec le secrétaire égyptien de la Ligue, Nabil Al Arabi, il a amené le comité des ministres des Affaires étrangères de la Ligue  à imposer au régime syrien un ultimatum sans précédent, qui constitue une ingérence arabe dans les relations entre les citoyens et le pouvoir dans un Etat arabe. Le Premier ministre du Qatar a demandé à Assad de retirer immédiatement son armée des villes et de cesser de tirer sur ses citoyens, faute de quoi la Ligue arabe appelle ses membres à imposer des sanctions économiques à la Syrie, à en rappeler leurs ambassadeurs et à reconnaître les organisations d'opposition comme représentantes légitimes du peuple syrien. Cette décision qui a été prise le samedi 12 novembre donne au gouvernement syrien quatre jours seulement pour mettre en œuvre la décision ; ensuite, le mercredi 16 novembre, le Conseil de la Ligue doit se réunir et, s’il s’avère que l'initiative arabe n'a pas été appliquée, il décidera de la suspension de la Syrie en tant que membre de la ligue Arabe, alors que – comble de l'ironie – ce pays été parmi les membres fondateurs de la Ligue il y a 65 ans. 

Même le roi Abdallah de Jordanie a déclaré cette semaine dans une interview à la presse, que le président syrien Bashar Assad doit quitter sa fonction. Il faut sans doute voir dans ce propos une sorte de revanche  au flot de sarcasmes déversés par Hafez Assad sur le roi Hussein de Jordanie, le père d'Abdallah, pour avoir conclu une paix séparée avec Israël qui était à ses yeux une trahison de la Syrie et de la nation arabe. Aujourd'hui, quand les images d'horreur de la répression en Syrie, qui a causé des milliers de morts, sont diffusées par les médias du monde entier, le roi de Jordanie se frotte les mains en souriant et pense : quel est réellement celui qui trahit la nation arabe et la Syrie ? Le prince saoudien Turqi El Faiçal, ancien ambassadeur saoudien à Washington et chef des renseignements saoudiens, a, lui aussi, déclaré cette semaine : "Il n'y a pas d'autre issue que la démission du président Bashar Assad", exprimant ainsi la pensée de la famille royale saoudienne qui, elle aussi, a été, durant des années, l’objet des critiques sévères des Assad, père et fils. Le Turc Erdogan tient des propos du même style depuis des mois déjà, et accueille à Istanbul les rencontres entre groupes syriens d'opposition. Il menace la Syrie de créer d'une zone tampon de sécurité dans laquelle pourraient se réfugier tous les civils syriens qui craignent pour leur vie. Ce qui signifie que la Turquie menace d’occuper des territoires du nord de la Syrie, proches de la frontière turque, pour que les civils syriens qui fuient les tirs de l'armée syrienne ne soient pas obliger de franchir la frontière vers la Turquie. Erdogan n'a pas encore engagé d'action militaire contre la Syrie, en raison de la menace iranienne d'attaquer la Turquie au cas où elle s’en prendrait à la Syrie. 

Des propos du genre de la recommandation du roi de Jordanie et du prince saoudien, sont aujourd'hui tenus, en toute liberté, dans les médias arabes, par de nombreux commentateurs au grand dam des responsables syriens, au point que, chaque fois que des représentants officiels syriens apparaissent dans les médias et sont interrogés sur la répression des manifestations, ils sortent de leurs gonds, se mettent à crier, à insulter, à menacer. Il y a même eu, dans un studio de la télévision libanaise, un cas d’empoignade, devant les caméras, au cours de laquelle deux Syriens se sont battus devant les caméras, l'un soutenant le gouvernement et l'autre s'y opposant.  Le stress dans lequel ils se trouvent provient aussi du fait que de plus en plus de gens qui, il y a peu faisaient encore partie de l'élite au pouvoir, font défection et abandonnent Assad et son régime car ils sentent que son temps est compté et qu'il perd sa capacité de contrôler la Syrie. On a assisté en Libye à un phénomène très semblable de défection des proches du pouvoir qui se sont enfuis comme des rats, du navire de Kadhafi en train de couler. 

Le moral de l'armée syrienne est au plus bas : de nombreux soldats et officiers ont déserté avec leur arme personnelle et ils sont aujourd’hui en première ligne face à  l'armée d'Assad. Les soldats ne partent pas en permission pour ne pas s’exposer aux pressions de leurs familles qui les incitent à déserter et pour ne pas voir dans les médias les images horribles de ce qui se passe dans le pays. Des soldats combattent la population en raison de menace d’être abattus par leurs officiers s’ils ne le font pas. L'armée syrienne tire sur les manifestants à la mitraillette, avec des tanks et des roquettes RPG. Les soldats déserteurs s'organisent en groupes de combats qui attaquent des bases de l'armée et tous véhicules militaires, en particulier des autobus transportant des soldats. 

Les porte-parole du gouvernement syrien répètent comme des perroquets le mantra selon lequel ce qui se passe en Syrie est un complot sioniste, américain et turc, dont l’objectif est de faire sortir la Syrie du front du refus et de la soumettre à l'impérialisme américano-sioniste. Selon eux, toutes les manifestations en Syrie sont le résultat des mensonges diffusés par Al-Jazeera et des milliers de clips téléchargés sur le réseau qui montrent ce qui se passe dans les rues de Syrie mais sont en réalité des faux. Les morts syriens font partie de « bandes de terroristes » qui frappent sans raison le pays et ses soldats, protecteurs de la dernière « forteresse de l'arabité », après que la Libye ait été victime de l'impérialisme européo-américain et que la plupart des autres pays arabes soient devenus volontairement les esclaves des Américains et des sionistes. 

La pression qui entoure le pouvoir de Damas s’exerce aussi sur Téhéran, et les hauts-dignitaires du régime iranien voient, avec une grande inquiétude, le naufrage de l’emprise syrienne qui s’enfonce dans les abysses. L'ensemble du front politique qu’ils ont construit à grand renfort d’argent et d’efforts énormes est en danger d’effondrement. En effet, si le régime tombe en Syrie, le Hezbollah libanais et le Jihad Islamique palestinien perdront leur soutien logistique et politique. L’Iran cherche aujourd’hui désespérément une alternative à la Syrie, et l’Iraq est le candidat naturel à cet effet. Cette semaine, a eu lieu une rencontre entre le chef iranien des Gardiens de la Révolution, Mohammed Ali Djapari, et le chef d’Etat-major de l’armée irakienne, le maréchal Bavkar Zivari (d’origine kurde). Djapari a appelé publiquement son interlocuteur à élargir et à intensifier les liens militaires entre et l’Iran et l’Iraq, arguant que « l’Amérique, Israël et plusieurs Etats voisins (c’est-à-dire l’Arabie Saoudite et la Jordanie), essaient de diviser les peuples iranien et irakien ». Le commandant de l’armée irakienne a répondu en disant que l’organisation moudjahid Halq (soupçonnée d’avoir perpétré un sabotage dans une base de missiles proche de Téhéran) est l’ennemie de l’Iran et de l’Iraq, et que les deux Etats doivent resserrer leurs liens dans tous les domaines ». Ce qui signifie clairement, au soir du départ d’Iraq des troupes américaines, que si le monde ne se réveille pas à temps, l’Iraq deviendra une métastase iranienne, et tout le sang, l’effort et l’argent investis par les Etats occidentaux en Iraq depuis 2003 seront perdus, tandis que les Iraniens récolteront les fruits de l’éviction de leur ennemi numéro 1, Saddam Hussein.  

Tout cela prend une importance particulière après l'explosion mystérieuse qui a eu lieu dans une base de missiles à côté de Téhéran et dans laquelle a été tué le chef du programme de missiles balistiques, le Général-Major Moghaddam. L'Iran fait savoir à tous ceux qui essaieraient porter atteinte à ses intérêts soit en Iran même ou bien en Syrie, qu'elle a encore la capacité d'agir en particulier en Irak, un pays exportateur de pétrole dans lequel les pays occidentaux ont tellement investi au cours des huit dernières années. Le fait que l'Irak s'est joint à la coalition iranienne constitue une menace pour tous pays limitrophes : l'Arabie Saoudite, la Jordanie, la Turquie et la Syrie. Si l'Irak se transforme en base de lancement de missiles de l'armée iranienne cela changera l'équilibre des forces au Moyen-Orient. Et cela sera encore pire si l'Iran devient une puissance nucléaire.  

En conclusion : la coalition que l'Iran a édifiée, avec la Syrie comme allié central, subit un bouleversement considérable et la chute du régime syrien -- que le monde arabe a lâché -- n'est plus qu'une question de temps, estimé à quelques semaines. Plus le régime syrien sent l'étau se resserrer autour de son cou, plus sa cruauté augmente. Le régime iranien est sous pression, il cherche à remplacer la Syrie par l'Irak et menace toute la région qui subit une grande pression ; le Golfe persique est au bord d'une crise majeure. Israël est un îlot de stabilité et d'équilibre au milieu des marécages d'un Moyen-Orient rempli de sang et de larmes, il doit avoir l'oeil et les oreilles aux aguets pour surveiller la tempête qui fait rage -- que certains s'obstinent à appeler le "printemps arabe"-- et s'assurer qu'elle passe au dessus du pays sans le toucher. 

© Mordechaï Kedar

 Traduit de l'hébreu par Danilette et Menahem Macina

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Notes des traducteurs

[1] le terme Ajami est le surnom donné par les Arabes aux Iraniens et qui signifie "ceux qui ne savent pas parler l'arabe"

[2] Pour mémoire, cette appellation est tirée du « Sommet du Front du Refus et de la Fermeté », qui s’est tenu à Alger, en février 1978, suite à ce qui était appelé la « trahison de Sadate », lequel venait de faire une proposition à Israël pour des négociations sur le sort des Palestiniens. Par la tenue de ce Sommet, largement médiatisé, ces dirigeants arabes réunis à Alger, entendaient faire savoir au monde qu’ils déniaient catégoriquement au président égyptien le droit de parler au nom des Arabes ou des Palestiniens. Il existe, sur YouTube des extraits vidéo de cette rencontre, au cours de laquelle fut exprimée solennellement l'opposition irréductible d’une partie importante du monde arabe à toute forme de paix avec Israël.


mis à jour 23h45    

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