« L’EXIL AU MAGHREB » Un ouvrage capital qui détruit le mythe de la coexistence Judéo-Arabe Arnold Lagémi

Publié le par danilette

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Arnold Lagémi


Ecrit par Paul Fenton et David Littman, universitaires et chercheurs, publié en Novembre 2010 aux éditions PUPS dans la collection «religions dans l'histoire» que dirige Madeleine Scopello «L'EXIL AU MAGHREB » évoque par le menu, la vie quotidienne des Juifs au Maghreb de 1148 à 1912.

Ses sources s'alimentent aux archives de l'Alliance Israélite universelle, du Quay d'Orsay, du Foreign Office et sur les correspondances et rapports de diplomates ou hommes politiques.

Sur le plan formel, cet ouvrage de près de huit cents pages peut se lire en fonction de l'intérêt pour tel ou tel sujet, sans être contraint de suivre la progression chronologique.

Cette œuvre relève donc de l'encyclopédie. En ce sens, son intérêt est indéniable car c'est un livre qu'on ne lit pas une fois pour toutes mais qu'on consulte. Et les auteurs ont su éviter l'écueil de pareille production. Le décryptage est facile sans être simpliste.

Et s'il ne s'agissait de faits tragiques, je dirais que ce livre qui pulvérise le mythe de la coexistence judéo arabe est de lecture agréable, quel que soit le niveau de connaissances du lecteur.

Composé comme un journal, les articles se suivent, relatant chacun un fait, une réalité, démontrant que la cruauté, les vexations, les humiliations endurées par les Juifs en Algérie et au Maroc sont d'une intensité et d'une telle férocité que les persécutions subies par leurs frères d'Europe, pour la même période, paraissent plus...nuancées !

De la bastonnade au bûcher, du pillage aux taxes arbitraires, de l'obligation de marcher pieds nus, de l'impossibilité de témoigner en justice ou de se plaindre d'un musulman à l'obligation de porter des vêtements noirs ou sombres, ce livre d'une extrême densité confirme que les Juifs furent l'objet de harcèlements permanents. Affirmer donc que Juifs et Arabes vécurent dans la paix est un mensonge éhonté.

Toutefois, l'arrivée des Français contribuera à l'atténuation des persécutions et les auteurs évoquent les Juifs d'Alger saluant l'arrivée des Français en 1832, en abandonnant leurs vêtements noirs pour d'autres, d'étoffes resplendissantes. C'est à cette occasion que, pour la première fois, dans les rues d'Alger, on entendra « Vive la France. »

Certes, la dhimmitude semblait être ressentie avec nostalgie par certains Juifs aisés qui regrettaient leur « collaboration » avec les ottomans. La majorité opta très vite pour la France, dispensatrice de droits et non de privilèges.

On assiste aux interventions diverses de grands personnages comme Sir Moses Montefiore ou du ministre Crémieux en faveur de Juifs livrés à l'arbitraire. A leur sujet, le Consul Américain William Shaler écrira en 1816 : « Les Juifs d'Alger sont peut-être les restes les plus malheureux d'Israël. »

Situation quasi identique pour les Juifs Marocains où en 1842, le sultan Moulay Abderrahmane explique au Consul de France le statut des Juifs : « Notre religion glorieuse ne leur attribue que les marques de l'avilissement et de l'abaissement. Aussi, le seul fait, pour un Juif d'élever la voix contre un Musulman constitue une violation des conditions de la protection.

Si chez vous, ils sont vos égaux en tout, s'ils sont assimilés à vous, c'est très bien dans votre pays, mais pas dans le Nôtre. »

Cette appréciation du Sultan confirme la place réelle et non fantasmée qu'occupaient les Juifs Marocains avant l'arrivée des Français. Le livre déborde de détails, comme l'obligation de courir pour aller au cimetière enterrer un mort, ou de vexations légales comme l'impossibilité de se marier sans l'accord des autorités, ou s'approcher de certaines mosquées ou tombeaux. Etc...

La coexistence judéo-arabe : encore un rêve, une chimère que cet ouvrage démystifie.

Arnold LAGEMI

NB/ J'adresse mes remerciements à Mr l'abbé Arbez de Genève qui a participé à l'élaboration de l'ouvrage et qui a bien voulu me l'adresser.

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