La dernière de l’ONU, Fiamma Nirenstein

Publié le par danilette

L'Assemblée générale des Nations-Unies a adopté le 16 novembre un amendement visant à retirer la préférence sexuelle des motifs de condamnation des exécutions injustifiées, parmi lesquels elle figurait depuis 1999. Cette référence, qui visait notamment à lutter contre les exécutions d'homosexuels, est désormais remplacée par « raisons discriminatoires de n'importe quel motif ». L'amendement contesté a été déposé par le Maroc et le Mali au nom du groupe africain, du groupe arabe et de l'Organisation de la conférence islamique (OCI). Lire l'amendement 

Déclarations générales avant le vote sur l’amendement 

Le délégué du Bénin, au nom des Groupe des États d’Afrique, a présenté l’amendement écrit qui figure dans le document A/C.3/65/L.65, qui dispose également de l’appui de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI).  L’amendement propose de remplacer dans l’alinéa 6 b) la phrase « la discrimination, notamment fondée sur les préférences sexuelles » par la phrase « la discrimination, quel qu’en soit le fondement », soumise par le Mali et le Maroc. [...]

La représentante du Maroc [...] au nom de l’Organisation de la Conférence islamique, a réaffirmé que la notion d’orientation sexuelle ne devrait pas figurer dans ce texte. La communauté internationale devrait, selon elle, éviter une interprétation sélective de certains droits de l’homme.  Cette situation pourrait entraîner un précédent dangereux.  L’OCI continuera de protéger la notion de famille en tant que noyau fondamental de la société.

La représentante de la Suède s’est opposée à la proposition d’amendement visant à éliminer la référence à l’orientation sexuelle.  Elle a rappelé que cette discrimination avait souvent été à la base d’exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires.  Les États Membres ne doivent pas tourner le dos à cette réalité, a-t-elle dit.

La représentante de la Suisse a annoncé qu’elle voterait contre l’amendement présenté par l’OCI et le Groupe des États africains.  La protection des droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transsexuelles constitue une priorité de la politique étrangère de son pays en matière des droits humains, a-t-elle affirmé, soulignant qu’il ne s’agissait pas de protéger les droits spécifiques d’une population spécifique mais de faire en sorte qu’une partie de la population ne soit pas privée de ses droits.  [...]

La Finlande a indiqué que la référence à l’orientation sexuelle avait fait l’objet d’un vote depuis plusieurs années.  La référence n’a pas été retirée car le risque d’exécutions perdure.   [...]

Son homologue des États-Unis s’est opposé à l’amendement et a rappelé que 17 groupes spécifiques étaient mentionnés dans ce paragraphe et a demandé à tous les États de voter contre l’amendement.

L’amendement contenu dans le document A/C.3/65/L.65 a été adopté par79 voix pour, 70 contre et 17 abstentionsSource : la partie "Promotion et protection des Droits de l'Homme" dans le document de l'ONU


 

Voici le commentaire de la Députée Fiamma Nirenstein

Il Giornale, 9 décembre 2010 

Titre original italien : "L'ultima dell'Onu: è lecito uccidere un gay".

L'Assemblée du Palais de verre (l'ONU) a supprimé « l’orientation sexuelle » des critères de condamnations internationales pour violation des droits de l’homme. Près de 80 pays, principalement africains et musulmans, ont voté en faveur de la résolution.

 

Voyons maintenant si, après cela, on peut continuer à prétendre que les décisions de l’ONU sont toujours bonnes et qu’il faut donc les appliquer…

Cela s’est passé le 14 novembre, discrètement et en toute quiétude. Désormais, pour l'ONU, ce n'est pas un crime de tuer les homosexuels. C’est fou ? Bien sûr, pourtant, il fallait s'y attendre, étant donné que certains de ses membres les plus respectés, comme l'Iran, les tuent par pendaison en place publique, ou bien leur préfèrent la décapitation, comme l'Arabie Saoudite. En fait, dans 7 pays, l'homosexualité est punie de la peine de mort, et dans 80 pays, l'homosexualité est un délit puni de sanctions variables.

Depuis les dix dernières années, la résolution incluait également la discrimination en raison de l'orientation sexuelle, en notant qu'il n'est pas rare que les homosexuels soient condamnés à mort de différentes manières. Mais aujourd'hui, ce point n'est plus inclus dans la résolution contre les assassinats arbitraires en raison de discrimination, parce qu’une majorité de 79 pays contre 70, 17 abstentions et 26 absents, a adopté un amendement proposé par la petite nation du Bénin en Afrique. Cet amendement, présenté au nom du groupe des pays africains à l'ONU, demandait de supprimer la minorité homosexuelle du groupe des citoyens qui doivent être protégés. Dans le passé déjà, l'Ouganda avait essayé d'introduire un amendement similaire, mais sans succès.

Parmi les pays qui ont voté en faveur de l'amendement, on trouve l’Afghanistan, l’Algérie, l’Egypte, le Maroc, le Pakistan, la Malaisie, le Soudan, le Yémen, et l'Iran, bien sûr. Les pays musulmans n'ont pas de sympathie pour les homosexuels, ils les persécutent et les condamnent. Mais la préférence pour l’exclusion des homosexuels de la protection internationale est bien plus large et surprenante : elle est partagée par la Chine, le Congo, la Corée du Nord, la Russie, le Vietnam, le Zimbabwe, l'Ouganda, etc. On n’a que l’embarras du choix. Il y a aussi des pays comme les Bahamas, Belize (où les gays risquent 10 ans de prison), la Jamaïque (même traitement), Grenade (idem), la Guyane  (où ils risquent la prison à vie), et ainsi de suite. Les pays qui s’y opposent, par contre, sont  tous les pays occidentaux, et un seul pays du Moyen-Orient, Israël. On trouve également, l'Inde, la Corée du Sud et la plupart des pays d’Amérique latine.

Il est intéressant de noter que la possibilité d'être gay sans commettre un délit, et sans que la société où vous êtes né ait le droit de vous tuer ou de vous mettre en prison, dépend d’une question de frontières géographiques, malgré l’évidence de l'universalité de l’homosexualité. Nous savons que pour Mahmoud Ahmadinejad, les homosexuels n’existent pas dans son pays, il l’a expressément déclaré à la tribune de l’ONU. Le droit à la sexualité existe à l’intérieur d’un périmètre précis et on peut parier sans se tromper que c’est à l’extérieur de ce périmètre qu’existe aussi l’oppression des femmes et l'exploitation impitoyable des enfants.

L'ONU, est donc désormais devenue le siège permanent de la négation des Droits de l’homme. L'un des derniers épisodes en date a été l'incapacité de Mme Navy Pillay, Haut Commissaire aux Droits de l'homme, de participer à la cérémonie de remise du Prix Nobel au dissident chinois Liu Xiabo à Oslo, avec l'excuse qu'elle avait déjà un engagement vendredi clairement « prioritaire » sur le Prix Nobel. 

Vraiment ? Ce n’est donc qu’une coïncidence si le Conseil des Droits de l'Homme de l’ONU n’a condamné la Chine que trois fois, alors que, dans ce pays, l’oppression et la condamnation à mort des dissidents sont notoires ; tandis que les États-Unis, en raison de leur graves, gravissimes violations, ont été condamnés sept fois, sans parler d’Israël qui a été condamné plusieurs dizaines de fois ?  

Si vous croyez à une coincidence alors pourquoi ne pas croire pendant que vous y êtes, à la magie ? 

© Fiamma Nirenstein.



 

 

Publié dans Onu - Ong

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