La dictature de la bien-pensance, Caroline Castets

Publié le par danilette

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Ses totems, ses tabous, ses indignations sélectives. Et son incapacité à voir traiter les vrais sujets 

Ne pas polluer, ne pas discriminer, ne pas fumer, ni arroser en été… Qu'elles soient proférées au nom de la santé, de la planète ou de la république, les injonctions morales se multiplient. Relayées par des secteurs particulièrement persuasifs que sont la morale et l'émotion, elles en viennent à s'apparenter à de véritables idéologies auxquelles chacun est tenu de souscrire, conformément à une nouvelle forme d'intégrisme moral. Or si celui-ci présente l'avantage de forger des unanimité propre à créer le ciment social nécessaire à toute société, il s'accompagne également d'inconvénients de taille.

 

À commencer par le fait de rejeter toute contestation et même, tout questionnement, dès lors qu'il s'agit d'un de ses sujets - écologies, parité, diversité…- déclarés intouchables au nom du bien public. Ou pire encore, à en termes d'autre, jugé contradictoire par rapport à ses vérités décrétées. 

Car à trop réduire le champ de l'expression, on affaiblit le débat public. Surtout, on aboutit à une société intolérante, pétrie de tabous d'un côté et de demi-vérités de l'autre. Tout cela, avec les meilleures intentions du monde.

[…]

Les deux outils de propagande : l'émotion et la morale

Et pour les étayer, deux outils de propagande s'avèrent particulièrement efficaces : la morale et l'émotion. Le premier permet de jouer la carte de la culpabilisation en établissant deux camps, le bien et le mal, le second sur celle de la compassion en agitant les chiffons rouges de la pauvreté, de la discrimination, des atteintes à la planète etc. ; Et tous deux présentent l'avantage de couper court à toute autre forme d'arguments. Imparable. 

Membre du Haut conseil à l'intégration et auteur de Immigration, Intégration : le langage de vérité, Malika Sorel confirme. « Il existe à l'heure actuelle un réel intégrisme moral qui empêche de poser sereinement les sujets. C'est ainsi que, dans le débat sur les énergies, les énergies fossiles sont érigées en mal absolu, tout comme l'agriculture intensive dans celui sur l'écologie. Et bien sûr, dès que l'on veut traiter le sujet de la laïcité, on est accusé de discrimination, de phobies de l'étranger, d'islamophobie… Le filtre moral et les grilles de lecture que cela crée fournissent des solutions de facilité : ils empêchent de développer le moindre argument contre. Au point que celui qui voudrait s'y risquer se verrait immédiatement renvoyé dans le camp du mal et ainsi, discrédité. Par exemple, on entend partout cette phrase : « l'immigration est une chance pour la France » et on est sommé d'y souscrire sans que celle-ci soit étayée du moindre argument factuel. Du moindre chiffre. Et le simple fait de demander « en quoi est-elle une chance ? » suffit à vous assimiler Front National. »

Même effet avec le levier de l'émotion qui, une fois activé, permet sans trop d'effort de susciter l'unanimité. Que ce soit contre l'affaire d'Outreau ou pour Home, le film aussitôt sorti aussitôt culte de Yann Arthus-Bertrand sur l'état de la planète. Un procédé implacable auquel tous les courants de bien-pensance ont un jour eu recours…

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