La diplomatie dans un monde de violence extrême, Farid Ghadry

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Un jour avant la célébration de la naissance du prophète Mahomet et deux jours après le 30e anniversaire du massacre de Hama perpétré par Hafez al-Assad et son frère (qui vit en Europe en homme libre jusqu'à ce jour et travaille en coulisses à la promotion du régime), le régime syrien, aux mains d'un autre Assad a massacré plus de 200 personnes cette nuit dans la ville de Homs. 

Le message qu'il faut retenir de ce nouveau massacre à Homs, dont la date n'est pas une coïncidence, c'est qu'Assad continuera à massacrer tant qu'il restera au pouvoir et son intransigeance ne faiblira pas. 

Pendant ce temps, la diplomatie est entrée dans une phase dangereuse en raison de son incapacité à résoudre des tragédies humaines lorsqu'elle est confrontée à des hommes d'une extrême violence. Les missiles de mort pointés sur les voisins de la Syrie et la bataille qui fait rage à coups d'artillerie tirés sur ses propres citoyens étaient des réactions aussi prévisibles de la part d'Assad que la lueur dans les yeux d'un gamin, la première fois qu'il entre dans un magasin de jouets. 

Pourtant nous avons laissé Assad et son régime de terreur se développer depuis 42 ans. Les dirigeants du monde entier ont salué Hafez al-Assad comme un homme de paix et de stabilité et ont ignoré la sauvagerie totale de cette horrible famille. Je me souviens encore jusqu'à ce jour, des paroles de soutien de la secrétaire d'État Albright au jeune Assad lors de l'enterrement de son père en juin 2000. 

La Russie se dresse comme barrière entre les missiles de l'OTAN et le régime. Le prix à payer est très lourd car elle s'aliène l'opinion publique mondiale ; pourtant elle continue à se tenir solidement derrière cette famille violente, ce qui signifie qu'elle accorde plus de valeur à cette famille qu'à ce que le monde pense de la Russie et des Russes. Si les diplomates internationaux se donnaient la peine de raisonner à l'aide d'une simple analyse comparative en termes de coûts et profits, ils se rendraient compte qu'il est inutile de chercher à convaincre la Russie de laisser tomber Assad puisqu'elle est prête à sacrifier pour lui son image dans l'opinion publique et d'en subir les effets très négatifs. 

A la suite du massacre d'hier, Alep la deuxième ville de Syrie (avec une population de 5 millions d'habitants) se dirige vers une confrontation avec le régime. Les milices du Shabiha ont fait leur apparition hier à Alep en tirant en l'air et tuant une personne et cela prouve qu'Assad redoute qu'Alep s'enflamme à son tour. Presque immédiatement, les habitants du quartier Hananu à Alep ont commencé à scander "Allah Hou Akbar". Les manifestations à l'extérieur de l'enceinte de la vieille ville augmentent en intensité et en effectifs. 

En raison de l'absence d'action de la part de la communauté internationale, les Syriens de la diaspora ne sont pas en reste et certains prennent les choses en main. Au Koweït, l'ambassade de Syrie a été prise d'assaut par les manifestants syriens et en Tunisie, l'ambassadeur syrien a été expulsé par le gouvernement tunisien. Il ne faudra pas longtemps avant que toutes les ambassades syriennes ne subissent le même sort. Laissons donc ces ambassadeurs rentrer à la maison et combattre dans les rues pour Assad, s'ils pensent que cela servira la Syrie.

La crise syrienne semble être la priorité dans l'ordre du jour de tous les ministères des affaires étrangères du monde. Elle retient toute l'attention des États-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, de l'Allemagne, et de la Russie ainsi que des Nations Unies. Ces états de droit explorent chaque tentative pour trouver une solution à la crise syrienne. À mon humble avis, ce réveil tardif a vraiment 42 ans de retard. 

Les messages à Assad avec promesses d'un asile pour lui et sa famille tombent dans l'oreille d'un sourd. C'est un effort de dernière minute mais si le corps diplomatique international avait bien compris la famille Assad, il n'en prendrait pas la peine. Que dire d'une famille prête à mettre en danger sa secte alaouite qui comprend 2 millions de Syriens, uniquement pour se sauver elle-même ? Ce risque devrait pousser la diplomatie à trouver une solution radicale et immédiate. 

D'après mon estimation, le nombre de Syriens tués dépasse les 10 000, les médias sous-estiment le nombre des victimes juste parce qu'ils ne peuvent pas vérifier les chiffres. La vérité sera bientôt connue et je suis sûr qu'un musée du génocide d'Assad est déjà en gestation dans l'esprit de quelqu'un. 

Que la volonté et la force de mon peuple l'aide à surmonter cette histoire sanglante.

Farid Ghadry voir sa présentation ici

Adapté par Danilette

Publié dans Syrie, Onu - Ong

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