La famille Kurzweil, disparue à Auschwitz, revit dans nos mémoires grâce à leurs malles retrouvées

Publié le par danilette

La famille Kurzweil, assassinée à Auschwitz, sauvée de l'oubli grâce à un étudiant en histoire qui retrouve en 1990, leurs valises abandonnées depuis le jour de leur arrestation en 1942 à Auvillar, un village de Tarn-et-Garonne.

En mai 1942, les membres de la famille furent assignés à résidence à Auvillar où ils furent arrêtés par les gendarmes français le 26 août 1942 et envoyés au au camp de Septfonds jusqu’au premier septembre. Ils partirent alors pour Drancy  avant d’être déportés à Auschwitz par le convoi n° 30 le 9 septembre et y être exterminés à leur arrivée au camp.

PHOTOS. Souvenirs d’une famille juive raflée dans le Tarn-et-Garonne  Adèle Kurzweil, 17 ans

PHOTOS. Souvenirs d’une famille juive raflée dans le Tarn-et-Garonne
Les photos d’identité de Bruno, Gisela et Adèle Kurzweil sur le sauf-conduit délivré par la Préfecture du Tarn-et-Garonne. 

 

Pascal Caïla, étudiant en maitrise d’histoire, apprit en 1990 que des malles, entreposées dans une mairie du département, n’avaient jamais été réclamées par personne depuis leur dépôt en 1942. Il mena l’enquête et aboutit à Auvillar, où, dans un réduit de l’hôtel de ville, une quinzaine de malles prenaient la poussière. Le 6 juin suivant, en présence de deux membres de la communauté juive de Montauban et du secrétaire de mairie, les malles, ayant appartenu aux familles Roth et Kurzweil, arrêtées à la fin de l’été 1942 par les gendarmes du régime de Vichy, furent ouvertes. L’étudiant en fit l’inventaire avant de les refermer. Les documents contenus dans les bagages de la famille Kurzweil étaient si nombreux et parlant que Pascal Caïla a pu reconstituer son histoire dans un article "Adèle Kurzweil ou le destin brisé d’une famille juive entre Auvillar et Montauban" dans la revue Arkheia 

 

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L’histoire de la famille Kurzweil nous donne occasion de réfléchir sur des personnes concrètes qui n’ont pas survécu à la Shoah. La vraie mémoire a besoin de visages et de noms... et non seulement de chiffres. Il faut tenter de revoir les personnes perdues comme si elles étaient en vie comme vous pouvez le voir sur la photo de ces jeunes filles à leur arrivée à la maison d'enfants de l'OSE à Montmorency. Celle à droite est Adèle Kurzweil -- elle était une de mes amies à la Maison d’enfants. Je sais maintenant qu’elle n’était pas heureuse du tout à la Maison d’Enfants, séparée de ses parents qui étaient à Paris, ayant le mal du pays pour sa ville natale en Autriche. Mais à l’âge de douze et treize ans, je ne le savais pas. Je l’ai seulement appris en 1997 de ses lettres à ses parents, que j’ai examinées et traduites de l'allemand au Musée de la Résistance et de la Déportation à Montauban, avec l’assistance de M. Jacques Latu et M. Pascal Caïla... la vraie mémoire a besoin de noms et de visages, Hanna Papanek 

sources : 

Publié dans Shoa

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