La morale d’une chronique, Shmuel Trigano

Publié le par danilette

Shmuel Trigano Chronique sur Radio J, le 29 juin 2012

 

Je voudrais faire une petite halte dans cette chronique que je tiens déjà depuis pas mal de temps

Je reçois beaucoup de réactions et j’aimerais préciser quelques points.

 

Le commentaire de l’actualité que je vous propose n’est pas l’expression d’une humeur ou d’un sentiment, mais d’une analyse que j’ai construite depuis 40 ans et que j’ai théorisée dans plusieurs livres et de très nombreux articles.

Au moment où ces textes ont été publiés, dès 1982 avec La République et les Juifs, ils ne pouvaient pas être compris et ils m’ont valu beaucoup d’hostilité et de mise à l’écart, et d’abord dans le judaïsme institutionnel. Les événements depuis 12 ans ont cependant constitué une vérification de mes conclusions.

 

Mon objectif dans cette chronique a consisté à vous faire prendre conscience de la réalité des faits, dans leur nudité brutale. Tellement d’égarements, de tromperies, d’incompréhension sont à l’œuvre ! Et il est vrai qu’il n’est pas facile de se faire une opinion et de comprendre ce qui se passe. Nous vivons une période de transition vers un ordre du monde qui n’est pas encore installé. Je crois moi même n’y être arrivé que récemment et au termes de nombreuses recherches dans différents domaines de la réalité.

 

Ma démarche est claire. L’existence juive et le judaïsme ne sont pas qu’une grande cause morale, ils constituent aussi une réalité qu’il faut analyser, assumer et gérer. Le peuple juif existe et son existence va du spirituel au politique.

 

Je ne considère pas que ma vocation est de vous regonfler le moral mais de contribuer à statuer sur la situation des Juifs.

Cette situation n’est pas bonne. Elle pourrait être inquiétante. De grandes parties du monde juif sont absentes devant les défis de la réalité et ne saisissent pas clairement les enjeux.

 

C’est un constat clinique que je vous propose : un diagnostic.

Contrairement ,à ce que certains pensent, je ne suis en aucune façon pessimiste ni déprimé. Concevoir la force de faire un tel constat témoigne au contraire d’une confiance profonde.

 

Le nouvel antisémitisme voudrait nous renvoyer au destin du vieux Juif, du Juif errant, du rebus de l’humanité. Et on voit même ressurgir chez certains juifs des comportements ghettoïques que l’on croyait révolus.

 

Je vous appelle à comprendre – et c’est la conviction qui anime cette chronique – que nous vivons dans une ère où une révolution considérable s’est produite dans le destin juif : une ère où la souveraineté d’un peuple juif indépendant a été restaurée.

 

Il faut tout simplement être à la hauteur de cette stature morale et politique. Le nouvel antisémitisme se brisera sur le roc de cette nouvelle donne. C’est pourquoi nous pouvons le regarder les yeux dans les yeux.

 

*Sur Radio J, le 29 juin 2012

Publié dans Shmuel Trigano

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