La résolution 194 et le droit au retour, Eli E. Hertz

Publié le par danilette

La résolution 194 adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 11 décembre 1948, a traité une série de questions, mais un seul paragraphe sur 15, traite des réfugiés créés par le conflit. La résolution 194 a tenté de créer les outils nécessaires pour parvenir à une trêve dans la région. Il a été établi une commission de conciliation avec les représentants des Etats-Unis, la France et la Turquie pour remplacer le médiateur de l’ONU. La commission a été chargée de la réalisation « d’un règlement définitif pour toutes les questions entre les Gouvernements et les autorités concernées ». Dans la Résolution, la « clause concernant les réfugiés » n’est pas un élément distinct, comme les Arabes voudraient le faire croire, et ne traite pas spécifiquement des réfugiés arabes palestiniens.

Dans les quinze paragraphes, les six premiers traitent des moyens de parvenir à une trêve, les quatre paragraphes suivant abordent comment Jérusalem et les villes et villages environnants doivent être démilitarisés, et comment une zone internationale ou une juridiction serait créée dans et autour de Jérusalem. La résolution signifie également à toutes les parties de protéger et permettre le libre accès aux lieux saints, y compris les édifices religieux.

Un paragraphe a attiré davantage d’attention: Le paragraphe 11, qui, a lui seul, a abordé de la question des réfugiés et de l'indemnisation des personnes dont les biens ont été perdus ou endommagés. Contrairement aux revendications arabes, il ne garantit pas le droit au retour et certainement pas un droit inconditionnel au retour – qui est le droit des réfugiés palestiniens arabes à retourner en Israël. Il n’est pas spécifiquement fait mention des réfugiés arabes, ce qui indique que la résolution visait en revanche tous les réfugiés, juifs et arabes. La Résolution 194, recommande que les réfugiés soient autorisés à retourner dans leur pays d’origine s’ils répondent à deux conditions importantes :

  • Qu'ils soient prêts à vivre en paix avec leurs voisins
  • Que le retour ait lieu « le plus tôt possible ».

La résolution recommande également que pour ceux qui ne souhaitent pas rentrer, une « indemnité compensatrice devra être payée pour le bien… et pour la perte ou le dommage matériel » par les « Gouvernements ou les autorités responsables ».

Bien que les dirigeants arabes soulignent la résolution 194 comme preuve que les réfugiés arabes ont un droit de retour ou le droit d'être indemnisés, il est important de noter que les États arabes: l'Égypte, l'Irak, le Liban, l'Arabie Saoudite, la Syrie et le Yémen ont voté contre la résolution 194. Israël n'est même pas mentionné dans la résolution. Le fait que la formulation plurielle est également utilisée – « les Gouvernements ou les autorités » - suggère que, contrairement aux revendications arabes, la charge des indemnités compensatrice n’incombe pas uniquement qu’à une partie du conflit. Puisque sept armées arabes ont envahi Israël, Israël n’était pas responsable de la création du problème des réfugiés. Quand des centaines de milliers de Juifs des pays arabes, sous la menace de mort, d’attaque ou autres persécutions, ont été contraints de fuir les communautés arabes, l’État d’Israël a absorbé l’écrasante majorité d’entre eux dans le pays alors naissant.

Les réfugiés juifs oubliés

Il s’agit clairement d’une tentative visant à réécrire l’histoire. Il suffit de relire l’article presque prophétique du New York Times, deux jours après la déclaration d’indépendance d’Israël (« Les Juifs Gravement en Danger dans toutes les Terres Musulmanes »), pour faire le lien. Article du New York Times du 16 mai 1948 :

« Depuis près de quatre mois, les Nations Unies ont reçu avant que cela n’arrive, une requête pour « l’examen immédiat et urgent » du cas des populations juives dans les pays arabo-musulmans, du Maroc à l’Inde ».

La description faite par le New York Times, pays par pays, évaluait le nombre de personnes juives menacées à 899.000. L’article cite les licenciements des Juifs dans la fonction publique en Syrie, la rançon payée par les Juifs irakiens cherchant à quitter le pays qui se montait à 20.000 dollars par habitant, un impôt imposé à la communauté juive libanaise pour soutenir l’effort de guerre arabe, les incitations à la haine et les attaques physiques subies par les Juifs, les Juifs d’Afghanistan fuyant en Inde. Citation du rapport du Conseil Économique et Social de l’ONU stipulant que:

« La survie même des communautés juives dans les pays arabo-musulmans est en réel danger, à moins que des mesures préventives soient prises sans délai ».

L’hostilité et l’oppression se sont accrues, conduisant finalement à l’exode de presque tous les Juifs de tous les pays arabo-musulmans de Casablanca à Karachi.

Comment et pourquoi les Arabes palestiniens sont-ils partis, et qui était responsable? Il est important de rétablir les faits historiques : La grande majorité des réfugiés arabes palestiniens ont quitté ce qui était l’État d’Israël nouvellement créé de leur plein gré en raison de faiblesses structurelles au sein de la société arabe palestinienne et de leur direction.

Les pressions en période de guerre ont déclenché l’effondrement de ce qui était déjà une société arabe palestinienne fragile, en particulier lorsque les dirigeants arabes palestiniens ont choisi de s’opposer à l’État juif en exhibant les armes plutôt que par l’acceptation d’un plan de l’ONU pour leur propre État. Ces événements ont préparé au départ forcé d’innombrables autres Arabes palestiniens vivant dans les terres juives. Cette nécessité militaire s’est produite suite à l’invasion par sept armées arabes de la Palestine occidentale dans le but d’exterminer l’État d’Israël nouvellement créé.

Le drame humain du déracinement, nonobstant, les réfugiés arabes n’étaient  ni des cibles ni d’innocences victimes. La première étape de la guerre de 1948 a été une farouche guerre interethnique ou une guerre civile antisioniste dans laquelle les Arabes palestiniens étaient les agresseurs et les initiateurs, le second semestre a été une guerre totale impliquant les armées régulières arabes, que les Arabes palestiniens ont déclenchée.

Le comportement violent que les Arabes palestiniens ont adopté – la peur qui s’en est suivie, la désorientation et la privation économique dues à la guerre – les ont conduits à leur propre perte.

L’effondrement de la société palestinienne et le départ de la population

Qu’est-ce qui a provoqué l’effondrement de la société arabe palestinienne ? En partie, c’est l’absence d’une infrastructure alternative arabe après que les Britanniques soient partis de la Palestine. En outre, les graves clivages datant de l’époque ottomane existés au sein de la société arabe locale. Parce que la société arabe palestinienne avait été dépendante de l’administration civile britannique et des services sociaux, le départ de la Grande-Bretagne a laissé des fonctionnaires arabes sans emploi. Par conséquence, la plupart des services sociaux et l’administration civile ont cessé de fonctionner dans le secteur arabe, perturbant les flux des matières premières de  première nécessité tels que la nourriture et le carburant, s’ajoutant aux difficultés, les incertitudes et les dangers.
En revanche, la société juive en Palestine, ou le Yichouv en hébreu, avait établi sa propre société civile en l'espace de trois décennies conformément au Mandat Britannique. Le Yishouv a créé ses propres organismes politiques représentatifs et ses institutions sociales et économiques, y compris les services de santé et des services d’assistance sociale, un réseau de transports en commun, et un système commercial sophistiqué et prospère pour les produits manufacturés et alimentaires – en bref, un état en pleine réalisation. Il est bien mieux décrit par le rapport britannique à la Société des Nations, datant de 1934 :

«Au cours des deux ou trois dernières générations, les Juifs ont recréé une communauté en Palestine, aujourd'hui au nombre de 80.000, dont environ un quart sont des agriculteurs ou des travailleurs. Cette communauté possède ses propres organismes politiques, une assemblée élue pour la direction de ses préoccupations intérieures, des conseillers élus dans les villes, et une organisation pour le contrôle de ses écoles. Elle a un Grand Rabbin et son Conseil rabbinique pour la gestion de ses affaires religieuses. Ses affaires sont conduites en hébreu qui est la langue commune et elle possède une presse hébraïque au service de ses besoins. Elle a une vie intellectuelle indépendante et affiche une activité économique considérable. Cette communauté, avec, ses villes et sa population, ses organisations politiques, religieuses et sociales, son propre langage, ses propres coutumes, sa propre vie, a des caractéristiques en fait « nationales ».


Et au fil du temps:
«Ces caractéristiques ont été renforcées et amplifiées au cours des douze années suivantes. Aujourd'hui, il y a en Palestine près de 300.000 Juifs. Il y a un courant permanent d’hommes et d’argent, de nouvelles industries sont mises en place, l’agrumiculture se développe, de nouveaux établissements voient le jour, les villes s’agrandissent quartier après quartiers ».

Cependant, au cours de cette même période, les Arabes en Palestine, avaient investi toutes leurs énergies dans la lutte contre toute forme d’organisation politique juive se créant. Bien que les Britanniques encouragea la création d’une Agence arabe en parallèle à l’Agence juive qui avait orchestré et financé le développement du secteur juif, une organisation similaire arabe n’a pas réussi à se développer.

Il n'est donc pas surprenant que, lorsque les Britanniques ont disparus, les Arabes palestiniens sont restés inorganisés et mal préparés non seulement pour l'État (qu’ils ont rejeté en tout cas), mais également pour un conflit soutenu avec leurs adversaires juifs. En fin de compte, la guerre a causé des pertes humaines terrifiantes pour les Juifs et a laissé des milliers d’Arabes palestiniens sans domicile.

ONU, Résolution 194:


A/RES/194 (III) du 11 Décembre 1948


« Décide qu’il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent, de  rentrer dans leurs foyers et de vivre en paix avec leurs voisins le plus tôt possible, et que des indemnités doivent être payées en compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer ou pour tout bien perdu ou endommagé lorsque, en vertu des principes du droit international ou en équité, cette perte ou ce dommage doit être réparé par les Gouvernements ou autorités responsables.

« Charge la Commission de conciliation de faciliter le rapatriement, la réinstallation et le relèvement économique et social des réfugiés, ainsi que le paiement des indemnités, et de se tenir en liaison étroite avec le Directeur de l’Office de secours des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine, et, par l'intermédiaire de celui-ci, avec les organisations et institutions des Nations Unies compétentes »

Source en anglais : http://israelagainstterror.blogspot.fr
Adaptation française : Hanna © Israel-Chroniques-En-Ligne (cette traduction n'est pas libre de droits, voir les conditions sur le site)

Combien y a-t-il eu de réfugiés arabes palestiniens en 1948 ?

Question : Quelle différence y a-t-il entre un réfugié juif et un réfugié arabe ?

Ci-dessous : camps de réfugiés juifs en Israël

 

Camps de réfugiés juifs en Israël
Camps de réfugiés juifs en Israël
Camps de réfugiés juifs en Israël
Camps de réfugiés juifs en Israël
Camps de réfugiés juifs en Israël

Camps de réfugiés juifs en Israël

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