La 'Shoah' des migrants péris en mer, un amalgame malheureux, Menahem Macina

Publié le par danilette

12/04/2011

Dans un éditorial du 11 avril, dont se fait l'écho l'Agence catholique de Presse Zenit, de Rome, le directeur de la Salle de Presse du Vatican invite à prier pour les migrants qui ont péri en mer récemment. Une telle démarche est en soi légitime, mais pourquoi le P. Lombardi se croit-il obligé de faire un amalgame aussi déplacé entre cette tragédie humanitaire et l'horreur unique de la Shoah ?

Ils [les migrants] sont morts dans leur fuite pour échapper à la faim, à la pauvreté inhumaine, à l'oppression, à la violence, à la guerre [...] prenant le risque de mourir dans les flots sans laisser de trace, ni même le souvenir de leur nom,

commente Lombardi, qui poursuit :

La compassion nous oblige à « ne pas oublier, à faire mémoire - comme cela se fait pour  toute autre tragédie indicible de l'humanité -, d'une histoire qui est la nôtre, par solidarité envers les pauvres de la terre ».

Et soudain, voici le glissement, l'insupportable comparaison :

Le peuple juif, en élevant le mémorial de Yad Vashem, le « mémorial des noms », l'a parfaitement compris […] Dans ce lieu, Benoît XVI avait prononcé une méditation qui, ces jours-ci, a tout son sens face à la mort de tant de victimes innocentes et inconnues. « Ils ont perdu leurs vies mais ne perdront jamais leurs noms », avait dit le Pape […], « car ces noms sont profondément gravés dans le cœur de ceux qui les aiment, de leurs compagnons de détention qui ont survécu et de tous ceux qui sont déterminés à ne plus jamais permettre qu'une telle atrocité déshonore à nouveau l'humanité. Plus que tout, leurs noms sont à jamais inscrits dans la mémoire du Dieu Tout-Puissant. Que leur souffrance ne soit jamais niée, discréditée ou oubliée ! Et que toutes les personnes de bonne volonté demeurent attentives à déraciner du cœur de l'homme tout ce qui peut conduire à de telles tragédies ! », avait-il ajouté.

Et l'Agence Zenit  de terminer sa dépêche en ces termes :

le père Lombardi termine son éditorial sur un appel à « déraciner la haine qui a conduit à la shoah et à tout faire aujourd'hui pour déraciner les injustices, l'indifférence et l'égoïsme qui conduisent trop de personnes, aspirant à une vie plus humaine, à disparaître dans les eaux de la mer. Dieu se souvient d'eux, souvenons-nous d'eux, nous aussi », conclut-il.

 

Je passerai sans doute pour un détracteur irréductible de membres de l'Eglise pleins de bonne volonté, ou pour un obsédé de la supériorité du drame de la Shoah sur tous les autres drames qui ont frappé et frappent encore l'humanité. Tant pis.

Ce que je veux dire ici au P. Lombardi et aux organes de presse catholiques est ceci :

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