La Syrie et l'hésitation occidentale par Léon Rozenbaum

Publié le par danilette

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Voila seize mois qu'Assad de Syrie massacre chaque jour quelques dizaines ou quelques centaines d'habitants de son pays. Les organes internationaux de maintien de la paix et surtout l'ONU s'avèrent impuissants à arrêter ou seulement endiguer la tuerie. Personne n'ignore que ce sont la Russie et la Chine qui veulent à tout prix éviter un précédent donnant pouvoir aux démocraties occidentales de juger de la légitimité de tel ou tel régime dit "fort", et en réalité non démocratique, afin qu'une telle expérience ne puisse être dans le futur renouvelée contre eux-mêmes.

 

Ces deux pays préfèrent donc torpiller toute tentative d'interventionnisme qui se fonderait sur la légitimité de l'organisation internationale. Celle-ci fut établie précisément dans le but d'éviter les conflits ou seulement leur extension, éventuellement par la force, et sous la responsabilité des principales puissances, telle qu'était l'Etat du monde au moment de sa constitution en 1946.
La guerre civile ne cesse donc de s'étendre en Syrie, avec son cortège d'horreurs et de souffrances.
Mais la situation dans ce pays n'est pas simple et les désillusions suite aux conséquences réelles du soi-disant "printemps arabe" n'incitent pas vraiment l'Occident démocratique à l'intervention coûte que coûte qu'il n'avait cependant pas hésité à entreprendre, il y a peu, contre la Libye de Kadhafi ou en Afghanistan, avec ou sans le bénédiction de l'ONU.



C'est que la qualité des insurgés, leurs intentions et leur programme ne sont pas clairs non plus. Ne vont-ils pas se révéler à terme, plus violents, plus antidémocratiques et plus anti-occidentaux qu'Assad lui-même? Et la minorité Alaouite qui s'était arrogé le pouvoir sur l'ensemble de la mosaïque syrienne ne risque-t-elle pas désormais un bain de sang à côté desquels, les graves désordres actuels feront figure de jeux d'enfants? 
Mais derrière cette valse-hésitation se dessine peut-être un calcul encore moins glorieux: La Syrie est un Etat limitrophe de l'Etat d'Israël et ce dernier pays vient de rappeler Urbi et Orbi qu'il ne pourra pas rester les bras croisés au cas où l'armement chimique considérable dont s'est doté Assad serait transféré aux mains de l'organisation terroriste Hezbollah. En effet, cette organisation a en réalité, pris le contrôle du Liban, lui aussi voisin immédiat d'Israël, et se pose comme supplétif de l'Iran comme ennemi irréductible de l'Etat Hébreu. 



La possession dudit armement aux mains du Hezbollah est totalement inacceptable pour Israël. L'on peut donc interpréter aussi l'abstentionnisme occidental face aux massacres en Syrie comme une manière d'attendre qu'Israël fasse le "sale travail" d'une intervention en Syrie, quitte pour les puissances occidentales à s'en désolidariser et à jouer ensuite les bons offices "pacifistes". 



Un tel machiavélisme s'est déjà vu par le passé: il n'est que de se souvenir des déclarations officielles françaises après l'opération d'ENTEBBE quand un commando israélien était intervenu en OUGANDA pour secourir les passagers d'un avion français détourné, dont beaucoup d'Israéliens. A l'annonce de l'intervention, dans un premier temps, Le Gouvernement français avec une mauvaise foi couarde, s'était alors lui-même insurgé contre "la violation de la souveraineté d'un pays d'Afrique".


Il faut reconnaître que dans le cas de la Syrie actuelle, le choix de la meilleure attitude n'est facile pour personne. En tant que leader du monde occidental, on attendrait du Président des Etats-Unis d'Amérique Barak Obama qu'il prenne ses responsabilités. Mais ni sa campagne électorale en vue de sa réélection, ni son approche générale du monde musulman dont l'ambiguïté n'est plus un secret pour personne, ne l'incitent à la mise sur pieds d'une intervention militaire, seul moyen d'arrêter l'effusion de sang. 


On comprend que les principes fondateurs de l'Occident démocratique sont bien loin de tout cela: l'amour de la liberté, la solidarité entre les peuples, la compassion pour la souffrance des innocents, le droit humanitaire, sont de peu de poids face aux calculs stratégiques et à la fâcheuse habitude, si confortable, d'incriminer Israël des malheurs de l'Orient et du monde.


Même si le Gouvernement de M. Netanyahu fait preuve dans cette affaire d'une extrême prudence, il est à craindre qu'une fois de plus, Israël n'ait pas le choix.
Et nous entendons déjà le chœur des vierges occidentales effarouchées, leurs protestations pacifistes, et leurs duplices condamnations d'Israël.

Léon ROZENBAUM 

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kravi 05/08/2012 10:56

Merci pour cette analyse précise, concise et rigoureuse. Si d'aventure devaient commencer les bombardements israéliens contre les installations nucléaires iraniennes, il en irait de même : à
l'exception des antisémites génocidaires, le monde entier serait soulagé et jubilerait, à commencer par les pétrocrates sunnites.
Et bien entendu, Israël devrait seule supporter les condamnations de tous les hypocrites.
Les valeurs prévalant à la Libération se sont, grâce à la propagande des islamistes et de leurs idiots utiles, quasi inversées dans une confusion perverse et mortifère.