Guerre contre l'Occident, Fiamma Nirenstein

Publié le par danilette

 

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Qui pourra, désormais, prétendre ne pas comprendre, ne pas savoir ? La Tunisie nous a envoyé un premier signal révolutionnaire avec son projet de constitution démocratique qui met hors-la-loi toute personne en relation avec Israël ; les révolutionnaires libyens, victorieux après une longue bataille, nous ont fait savoir que le grand résultat de ce bain de sang, c'est l'instauration prochaine de la charia avec le rétablissement de la polygamie ; le Maroc réformateur nous a fait assister à une autre victoire des Islamistes ; au Yémen, Al Qaïda essaie de s'emparer du pouvoir ; en Égypte, et c'est la pire de toutes ces nouvelles, non seulement les Frères musulmans sont les vainqueurs des élections avec presque 47 % des voix mais ce sont les Salafistes du parti Al Nour qui arrive en deuxième position avec le beau score de 20 % des votes, alors que les journaux occidentaux les ont toujours qualifiés de petit groupe marginal de fous extrémistes. Au même moment, et ce n'est certainement pas par hasard, le modéré Abou Mazen [Mahmoud Abbas], très modéré en effet, le chéri de toutes les chancelleries européennes et de Mme Clinton est en train de combiner une alliance avec le Hamas.

Cette situation est incontestablement mauvaise mais nous nous trouvons en face de différents scénarios susceptibles de transformer et améliorer toute la politique européenne et américaine. Pendant des décennies nous avons fermé les yeux et nous nous sommes endormis profondément lorsqu'ont éclaté les révolutions dites du Printemps arabe. Lorsque l'Iran, le Hezbollah, le Hamas, la syrie elle-mêmequi forment l'axe dur anti-occidental, ont laissé éclater leur joie tout en soutenant les insurgés, cela ne nous a pas sorti de notre torpeur.

Ahmadinejad a cependant dû courber l'échine lorsqu'il a vu son meilleur ami Assad subir les assauts de son peuple, qui est aussi en grande partie guidé par les Frères musulmans. La Syrie est hors jeu, le Hezbollah et le Hamas ont essuyé des revers. L'Iran est affaibli par le rapport de l'AIEA qui dit la vérité sur la préparation des armes nucléaires et c'est une bonne chose. Mais c'est surtout bien que la vérité éclate au grand jour à propos de la puissance de l'Islam dans le monde arabe, comme dans un film à suspens, sur la scène du monde occidental. Le monde occidental a ignoré la réalité flagrante de la puissance de l'Islam pendant des décennies et s'est leurré pensant que le protagoniste du film était amical alors qu'il refusait de lui serrer la main, qu'il participait à des actions terroristes, qu'il préconisait la destruction d'Israël, isolé au milieu du monde musulman, ainsi que celle de l'Occident. Il pensait que le problème non résolu des frères palestiniens était sans doute la cause de tout.

Nous pensions qu'à la fin, le protagoniste serait disposé à accepter l'occidentalisation inévitable de sa société, à accepter l'égalité des femmes, le mariage monogame, à laisser vivre tranquillement les homosexuels, à laisser Israël survivre, à permettre aux Chrétiens de pratiquer leur religion… Nous nous sommes mépris en pensant que le monde musulman nous réservait des trésors de bonnes surprises et l'idée d'une guerre de religion suscitait des sourires de commisération chez les commentateurs les plus avertis. Même l'alliance d'un Iran nucléaire avec la promesse messianique d'Ahmadinejad d'accélérer le retour du Mahdi en dévastant Israël par le chaos et la destruction était perçu comme un épiphénomène exaspérant ; malheur à celui qui osait parler de guerre.

Et bien maintenant tout est limpide : la guerre contre l'Occident, en cours depuis des décennies, a désormais des idéologues qui guident des foules immenses, des armées, des institutions… Les élections ont porté au pouvoir des forces dont il faut se méfier. Ne serions-nous pas en droit d'élaborer une stratégie adaptée à cette situation, qui sans être nouvelle est désormais flagrante ? Actuellement, il est question d'aide massive aux révolutions, de plans Marshal : il faut au minimum imposer que ces aides soient conditionnées par le respect des droits de l'homme et par la paix avec Israël. Et préparons-nous à un avenir incertain.

Adapté par Danilette

 

 

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