Le temps d'Israël par Léon Rozenbaum

Publié le par danilette

L'instabilité qui s'étend dans tout le Moyen-Orient engendre de nombreuses incertitudes pour l'avenir immédiat des voisins d'Israël. 
Qu'il s'agisse de la Syrie, de l'Egypte, du Liban, ou de la Jordanie, tous ces pays se trouvent, à des degrés divers, entraînés dans le tourbillon de l'instabilité endémique des pays arabes et musulmans. Avec quelques différences, cela est vrai aussi pour la Turquie. 
Il ne peut faire de doute que la politique d'Obama dont le maître mot est le lâchage des alliés traditionnels des USA et la flatterie (inutile) à ses ennemis déclarés, a largement contribué à accentuer encore ces déséquilibres.

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Or, l'insistance de l'administration américaine pour un règlement politique immédiat entre Israël et les Palestiniens qui serait la clé d'une stabilisation au Proche-Orient n'est à l'évidence plus qu'une Mantra vide de sens.

Le seul îlot de stabilité au Proche-Orient est l'Etat d'Israël lui-même, une démocratie authentique, une puissance militaire appréciable et une économie saine.

Le paradoxe tient à ce que les Arabes palestiniens ne sont prêts à aucune concession d'aucune sorte et ne démordent pas de leur plan final du démantèlement de l'Etat juif souverain pour s'approprier son territoire et éliminer ses habitants Juifs. Ils le proclament en langue Arabe même s'ils le dissimulent souvent en Anglais, l'enseignent ouvertement à leur jeunesse, maintiennent savamment un niveau de violence soigneusement gradué. Ils bénéficient aujourd'hui des conditions les plus favorables dans le monde arabe, mais continuent de jouir, aux yeux de nombreux occidentaux, volontairement dupes, du statut de victimes.

Quelque soit l'inventivité des Israéliens, leur capacité à se mobiliser et leur degré de cohésion nationale, si le territoire qu'ils contrôlent passe au-dessous d'une masse critique, Ils redeviennent les citoyens d'un pays fragile, sans un minimum de profondeur stratégique et sujet à être balayé par une attaque surprise.

Or précisément, la Judée et la Samarie, outre que ces territoires constituent le cœur de leur patrie historique reconnue en droit international par le traité de San Remo de 1923, en dépit de mensonges mille fois répétés, leur assurent cette garantie minimum (dont il faut rappeler qu'il s'agit de 50 km dans la plus grande largeur!) depuis 1967, après une tentative génocidaire avortée des armées arabes. 

Etablir une autre souveraineté dans cet espace, c'est déstabiliser Israël et en refaisant un Etat-croupion devant supplier en permanence ses voisins ou les puissances du moment pour son droit de vivre.
Rien d'étonnant qu'ils refusent. Ce qui devrait être surprenant c'est l'insistance des Occidentaux à faire reculer Israël coûte que coûte.

C'est que tous les moyens sont bons, dans un environnement européen dégradé, pour tenter de jeter l'opprobre sur l'Etat juif. Il s'agit là d'une vieille recette pour se défausser magiquement de ses propres turpitudes sur le dos des Juifs. Mais il y a pire peut-être: la créativité et la relative bonne tenue économique de l'Etat d'Israël face à une Europe en dépression profonde, ne manquent pas d'attiser des jalousies irrépressibles. Non seulement les Juifs ont eu l'audace d'affirmer leur indépendance, et pour paraphraser Charles de Gaulle, "dans les lieux de leur ancienne splendeur", mais encore de transformer en cent ans un quasi désert en une contrée florissante et créatrice. Jusqu'à présent, les Européens pouvaient s'accommoder de l'idée d'un jeune Etat en progrès à condition qu'il demeure à un degré de développement inférieur. 

Mais quand l'Europe est en crise, tout en refusant obstinément de s'interroger sur les vrais motifs de cette crise, qui est la montée de l'Islam en son sein, l'idée d'un Etat juif en plein essor et qui vient d'accéder en outre à l'indépendance énergétique, devient, sauf pour une minorité d'Européens qui sonnent l'alarme et s'identifient à l'Etat hébreu, difficile à supporter.

Alors, tout s'emmêle: les vieux concepts de l'antisémitisme chrétien, ceux de l'antisémitisme "ouvrier" de Proudhon à Marx en passant par Yves Moreau et bien d'autres, tous revigorés par un antisémitisme musulman teigneux et monstrueusement simple et le vieux nationalisme poissard, se conjuguent dans un concert de haine que l'on ne croyait plus possible. 
Il est temps pour les Juifs de tous les Exils de tirer des conclusions historiques. Nous sommes dans une nouvelle ère: après 70 ans de patients efforts d'éducation, d'explication, d'analyses historiques, de réflexion morale, de pardons, de main tendue, tout a échoué. L'antisémitisme, la haine des Juifs reprend de plus belle aussi bien dans l'Occident développé que dans le reste du monde.
C'est le temps du Retour. C'est le temps d'Israël.

Publié dans Léon Rozenbaum

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