Les Coptes, victimes de l’oppression, Masin Ferkal

Publié le par danilette

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Entretien avec le Père Mathias

Est-il possible de gambader en Égypte sans croiser des Égyptiens avérés ? Gambader ou trépigner sont les termes convenables lorsque que l’on se retrouve dans la foule du Caire. Mais mon propos ne concerne pas l’image du touriste. Tout comme il ignore les pyramides décidément avilies par les consommateurs défilant… Non !

J’ouvre simplement mon regard sur les patriarches autochtones. Les vrais gens de là bas. Les authentiques et non pas les convertis du dernier quart d’heure de l’Histoire.

Il reste à nous appesantir sur le Moi de l’Égyptien authentique ! Est-ce celui qui se proclame arabo-musulman ? Est-il celui qui fait fi de son Histoire plusieurs fois millénaire ? Ou celui qui balaie du revers de la main des siècles d’une civilisation qui a marqué l’Humanité ? Non ce ne peut être celui-là.

Car l’Égyptien authentique est l’Égyptien de toujours. Celui qui incarne le pays du Nil bien avant l’avènement des religions monothéistes. Il n’est donc, dans son unicité intrinsèque, pas toujours musulman. Pas pour les Coptes en tout cas.

L’Égypte est bien plus belle sous ses atours pharaons… L’Égyptien est celui qui reste fier de son égyptianité, de son Histoire, de son passé et de son identité. Il aurait perdu sa langue dit-on et parlerait en échange cet "arabe" égyptien…

L’on peut penser que l’Égypte est définitivement arabisée et islamisée ; l’Etat égyptien demeure dans la mémoire contemporaine le berceau de l’arabisme à tout va. Gamal Abdelnaser en fut le ténor dans les années 60. L’Égypte est aussi le pays de naissance des Frères Musulmans. Leur néfaste influence a depuis contaminé l’Afrique du Nord. Tout cela est vrai.

Pourtant, des millions d’Egyptiens (17 sur 80 que compte ce pays) refusent l’assimilation que le colonialisme arabo-musulman leur impose et se battent pour leur identité…égyptienne. Ils rejettent l’arabisme prescrit d’en haut.

Ces Égyptiens sont notamment incarnés par la communauté copte. Elle compte parmi elle beaucoup de membres de confession chrétienne. Est-ce cette confession qui leur a permis la conservation de leur identité égyptienne ? La question ne peut être pas au niveau de la réponse qui est "c’est la réalité".

Tout comme la question amazighe, la question copte met à mal. Y compris ceux qui prétendent défendre les causes justes. L’éradication de certaines identités authentiques et historiques comme l’égyptianité et l’amazighité ne semble pas toujours révolter son monde outre mesure…

J’ai été en Égypte et j’ai tenu à rencontrer des Coptes. C’est ainsi que j’ai eu le plaisir d’échanger avec le Père Mathias, un homme d’Église copte mais aussi un militant des droits humains et de la sauvegarde de l’identité égyptienne. Il a accepté volontiers de nous présenter succinctement le peuple et la cause coptes. Je tenais absolument à partager ce moment fort, entre un amazigh et un copte. Car nous avions besoin de connaître la vérité sur nos peuples, de nous rapprocher aussi. Après tout nous sommes voisins et nous avons partagé les plus grands moments de l’Histoire. Et si nous comptons nous inscrire dans une démarche de réconcilier l’Afrique avec ses racines, c’est ensemble que nous devrions le faire.

Merci au Père Mathias de nous avoir permis de comprendre un peu plus l’Égypte. Merci à Adel qui a facilité la rencontre avec le Père Mathias en assurant la traduction arabe-français.

Mes remerciements vont également à Nagy Awad, de l’Association des Coptes d’Europe*, grâce à qui cette rencontre a pu avoir lieu.

Masin Ferkal.

 



Publié dans Terrorisme - Djihad

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