Les échos sinistres d'un Synode perfide, par Jean-Pierre Bensimon, pour Objectif-info, le 10 novembre 2010

Publié le par danilette

 

Le message du Synode pour le Moyen Orient réuni au Vatican du 10 au 24 octobre peut être relu à travers plusieurs évènements qui ont retenti par la suite, en forme d'échos. Il s'agit de l'attentat épouvantable de Bagdad qui a couté la vie à plusieurs dizaines de malheureux chrétiens orientaux. Dans la foulée, de la déclaration de guerre islamiste aux Chrétiens d'Egypte, non moins barbare. Enfin, last but not least, des critiques proférées en France pour regretter l'accueil consenti à quelques uns de ces Chrétiens irakiens couverts de blessures et confits de terreur, au prétexte que la France ne doit pas compatir davantage avec des Chrétiens qu'avec les victimes musulmanes d'autres attentats à Bagdad et de par le monde.

 

Revenons au message du Synode. Le cœur de cette déclaration peut se résumer en une idée simple. Les Chrétiens d'Orient affrontent aujourd'hui des périls majeurs et la responsabilité en incombe fondamentalement aux Juifs, c'est-à-dire à Israël. Le synode affirmait ainsi:

 

" Nous avons eu conscience de l’impact du conflit israélo-palestinien sur toute la région, surtout sur le peuple palestinien, qui souffre des conséquences de l’occupation israélienne : le manque de liberté de mouvement, le mur de séparation et les barrières militaires, les prisonniers politiques, la démolition des maisons, la perturbation de la vie économique et sociale et les milliers de réfugiés. Nous avons aussi réfléchi sur la souffrance et l’insécurité dans lesquelles vivent les Israéliens. Nous avons médité sur la situation de la ville sainte de Jérusalem. Nous sommes préoccupés des initiatives unilatérales qui risquent de changer sa démographie et son statut."

On croirait cette philippique rédigée par les services BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) de Saeb Erekat le responsable "modéré" de la propagande palestinienne en direction des Occidentaux. Non, nous sommes au Vatican, et l'accusation d'Israël de pratiques criminelles est balancée par une allusion, fugace et très hypocrite à "la souffrance et l'insécurité" des Israéliens.

 

La "souffrance" qui touche "surtout le peuple palestinien" ne l'empêche pas cependant de connaitre une explosion démographique, et d'enregistrer les meilleurs indices de tout le monde arabe en matière de santé publique, de longévité et de niveau de vie. Les longs mois de travaux préalables du synode n'ont peut-être pas été suffisants aux évêques pour consulter quelques sources. Ils ont eu du temps cependant pour accabler Israël.

 

Les accusations. "Occupation" d'un peuple dont c'est l'héritage antique, de 5% des anciennes Judée et Samarie, parce que ses vis-à-vis arabes refusent depuis des décennies son minuscule état dans la région, "mur de séparation" qui a le tort d'économiser des vies juives, "prisonniers politiques"; qui peut imaginer qu'ils aient du sang sur les mains après des lustres d'Intifada et d'attentats-suicide (?), etc. Refus aussi de Jérusalem comme capitale de l'état juif, plus cocasse encore pour l'historien que serait la contestation du Vatican aux Catholiques. Et pour parfaire cette charge contre la légitimité et la souveraineté juive sur une petite parcelle du Proche-Orient,

 

" Il n’est pas permis de recourir à des positions bibliques et théologiques pour en faire un instrument pour justifier les injustices."

Sûr, supprimons la Bible et ses fondements historiques et archéologiques, et que viennent donc faire là des Juifs aujourd'hui ! Un certain Marcion avait voulu faire de ce tour de passe passe la doctrine de l'Eglise il y a 19 siècles et elle lui avait alors réservé un sort cuisant. Mais l'agression "théologique" ne supprime pas le tir de boulet politique sous forme d'appel à:

 

"l’application des résolutions du Conseil de Sécurité et la prise des mesures juridiques nécessaires pour mettre fin à l’occupation des différents territoires arabes...." Israël devant se cantonner " au-dedans des frontières internationalement reconnues."

C'est là la reprise du grand concept du retour aux frontières de 1967, c'est à dire celles de 1949. Forte allusion, sauf qu'il s'agit de lignes de cessez-le feu, et non de frontières qu'à l'époque la Jordanie avait refusées, et que les résolutions du Conseil de Sécurité (242 et 338) prévoient justement d'autres véritables frontières que ces lignes de cessez-le-feu. Lire la suite

Publié dans Jean-Pierre Bensimon

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