The churches against Israel, Giulio Meotti

Publié le par danilette

 Adapté d'un article paru sur YnetNew : The churches against Israel

Pour le journaliste et universitaire Giulio Meotti, les condamnations multiples d'Israël par le clergé chrétien constitue une résurgence de la vieille haine antijudaïque médiévale, basée sur le principe théologique de la "substitution". 


Notre époque assiste au retour des libelles chrétiens sanguinaires : Israël est dépeint comme un démon, et n’a pas le droit d’exister.

 
Il y a quelques jours, des chercheurs anglais ont annoncé avoir découvert dix-sept squelettes de Juifs au fond d’un puits médiéval à Norwich, en Angleterre. Les Juifs ont été massacrés lors d’un pogrom et obligés à se suicider s’ils refusaient de se soumettre à l’exigence de conversion au christianisme. Les corps retrouvés sont ceux de Juifs ayant vécu au XIIe ou au XIIIe siècle, aux temps où le peuple juif subissait massacres, bannissements et persécutions dans toute l’Europe.

Ces dix-sept victimes ont été assassinées au nom de la « théologie de la substitution », la plus ancienne condamnation chrétienne, selon laquelle les Juifs n’ayant pas reconnu le caractère divin du Christ, ils auraient trahi la promesse de Dieu. Cette promesse aurait été en conséquence offerte à l’Eglise. Cela signifie que les Juifs ne sont plus le peuple élu, mais que les chrétiens le sont devenu.
 
Quelque dix siècles plus tard, des réunions chrétiennes mondiales ressuscitent cette démonologie théologique, tournée cette fois vers les descendants de ces dix-sept Juifs : ceux de l’Etat d’Israël. 
 
Le Conseil oeucuménique des Eglises, qui rassemble dans le monde 349 Eglises de toutes orientations et compte 590 millions de fidèles, basé à Genève, a organisé un colloque de quatre jours dans la ville grecque de Volos. Pas une critique n’a filtré contre les islamistes qui persécutent les Arabes chrétiens.
Les luthériens venaient des Etats-Unis ; les catholiques et les protestants de Bethléem et Nazareth, les chrétiens orthodoxes de Grèce et de Russie, rejoints par des coptes d’Egypte et des conférenciers libanais.
Il a été déclaré que l’Etat juif est « un péché » et « une puissance d’occupation ». Les Israéliens ont été accusés de « déshumaniser » les Palestiniens, la notion de peuple élu a été foulée aux pieds. Un appel à la « résistance » a été décrété et présenté comme un devoir chrétien.
Le colloque a nié trois mille ans de vie juive sur la terre qui s’étend entre la Méditerranée et le Jourdain. Il a pris position contre la présence d’Israël sur cette terre. Il a qualifié la barrière de défense qui a stoppé le terrorisme à un « apartheid » et a condamné les maisons juives de Judée-Samarie en invoquant le nom de Dieu. Il a déligitimé le concept d’Etat juif, le considérant comme un mélange islamique, chrétien, et peut-être un peu juif. Il a également déligitimé le terrorisme en parlant des « milliers de prisonniers qui languissent dans les prisons israéliennes », clamant que « la résistance au démon de l’occupation est un droit et un devoir chrétien ».
 
La rhétorique d’Ahmadinejad

Ces derniers mois, les Eglises protestantes et catholiques ont développé de manière radicale et dangereuse les attaques contre Israël.

Aux Etats-Unis, de nombreux chrétiens soutiennent Israël. Mais les groupes les plus liés à l’opinion publique mondiale, la bureaucratie européenne, l’industrie médiatique, les Nations Unies et de nombreux organismes légaux sont violemment anti-israéliens et anti-Juifs. Ils préparent le chemin à un nouveau bain de sang juif en excluant théologiquement les Juifs d’Israël de la famille des nations.

Le patriarche de l’Eglise d’Antioche, le catholique melkite Grégory III Laham, a déclaré qu’il y a « un complot 
sioniste contre l’Islam », ressuscitant les vieilles théories conspirationnistes à l’origine des infâmes pogroms. A Anvers, autrefois considérée comme « la Jérusalem belge », un établissement scolaire grandement respecté et subventionné par le gouvernement, le Lycée du Sacré-Cœur, vient d’organiser une « Journée de la Palestine » incluant références et activités antisémites pour les jeunes. L’une d’entre elles, intitulée « Jetez les soldats à la mer », consistait à laisser les enfants jeter des figures de soldats juifs israéliens dans deux grands bacs.

Le mouvement de paix international catholique le plus influent, Pax Christi, vient de promouvoir un boycott des produits israéliens « au nom de l’amour ». Les produits israéliens les plus détestés incluent Ahava, la fameuse compagnie de cosmétiques israélienne, dont l’enseigne londonienne dans le quartier de Covent Garden vient d’être fermée par la maison mère, après des années de manifestations. Etrangement, les flacons de lotion pour le corps Ahava ont été choisis comme symbole satanique du colonialisme juif.
Aujourd’hui, la plupart des campagnes de désinvestissement lancées contre Israël émanent de groupes chrétiens tels que la Dutch Interchurch Organization et le groupe catholique irlandais Troicaré, tous deux fondés par l’Union européenne.

L’Eglise unifiée du Canada, très populaire, vient de voter le boycott de six entreprises (Caterpillar, Motorola, Ahava, Veolia, Elbit Systems et Chapters/Indigo), et l’évêque sud-africain Desmond Tutu a convaincu l’Université de Johannesbourg de durcir ses liens avec les Israéliens.

L’an dernier, l’Eglise méthodiste de Bretagne a voté le boycott des biens produits en Israël et des services issus de Judée-Samarie. Pax Christi est également leader de la campagne de glorification de Mordechai Vanunu, dénonciateur du nucléaire israélien converti au christianisme. La Civiltà Cattolica, le magazine du Vatican relu par le secrétariat d’Etat du Saint-Siège, a publié en janvier un éditorial choquant sur les réfugiés palestiniens. Adoptant le narratif islamiste de la « Naqba », récemment invoqué par les Arabes envoyés pour franchir les frontières israéliennes, ce journal a déclaré que les réfugiés sont une conséquence du « nettoyage ethnique » auquel se livrerait Israël, et que « les Sionistes ont intelligemment exploité la culpabilité occidentale sur la Shoah pour jeter les bases de leur propre Etat ».
La rhétorique d’Ahmadinejad est singulièrement identique.
 
Israël, une « greffe étrangère »

Les relations entre Israël et le Vatican diffèrent de celles entretenues avec l’Albanie ou le Luxembourg, par exemple, parce que l’Eglise catholique compte plus d’un milliard d’adeptes et une autorité morale mondiale.
Au synode de Rome, l’archevêque Cyrille Salim Bustros, désigné par le Pape Ratzinger pour rédiger les quarante-quatre propositions finales du synode, a dénié au peuple juif un droit biblique sur la Terre promise.
« Nous, chrétiens, ne pouvons pas parler de Terre promise pour le peuple juif. Il n’y a plus de peuple élu », a affirmé M. Bustros, se référant à la théologie de la substitution.
Edmond Farhat, un nonce apostolique maronite, en quelque sorte un ambassadeur du Vatican, a décrit la place d’Israël au Moyen-Orient en terme de « greffe étrangère » qu’aucun spécialiste ne peut déloger.
Le Patriarche latin de Jérusalem, Fouad Twal, nommé par Benoît XVI pour représenter la communauté catholique en Israël (Judée-Samarie incluses), soutient un appel contre la « judaïsation de Jérusalem ».
De fait, à notre époque, les nouvelles doctrines anti-israéliennes des plus puissants groupes chrétiens rejettent la modernité dans la doctrine médiévale qui a diabolisé les Juifs pendant des siècles.
Les fouilles en Angleterre montrent que les Juifs étaient jetés ensemble au fond des puits, la tête la première, les enfants après les parents. Cinq d’entre eux présentent une séquence ADN suggérant qu’ils appartenaient à la même famille.
Dix siècles plus tard environ, cinq Juifs de la même famille israélienne, les Fogel d’Itamar, ont été égorgés dans leurs propres lits. Un fameux prêtre italien, Mario Cornioli, a immédiatement réagi au massacre en des termes qui représentent une justification inconsciente des assassinats : « Qu’est-ce que Itamar ? Une colonie israélienne illégale construite sur une terre volée. »
La théorie de la substitution a changé de langage. Elle n’en condamne pas moins à mort le peuple juif : les Israéliens, à l’instar de Lucifer, avaient été choisis par Dieu, mais ils ont été bannis à cause de leurs manières rebelles et démoniaques. Ils méritent maintenant d’être rayés de la bien-nommée « Terre Sainte ».
De Norwich à Itamar, les martyrs juifs sont une tache éternelle et héroïque sur ce libelle théologique hideux et sanglant.
dernière mise à jour 4/3/2013

Publié dans Giulio Meotti

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abbé arbez 03/09/2011 09:40



judaïsation de Jérusalem?


à quand un appel contre la romanisation de Rome, ou contre la francisation des banlieues françaises?



danilette 04/09/2011 14:39



Excellent ! 



abbé arbez 02/09/2011 07:33



à Yan:


non Yeshua n'était pas un essénien. C'était un juif observant qui partageait les 95% des convictions des Perushim (Pharisiens). Les divers groupements juifs de l'époque avaient des points
communs, certes, mais aussi des spécificités.


Le rabbi Yeshua a développé sa propre Yeshiva à partir de la pratique majoritaire  du peuple. "On vous a dit...eh bien moi je vous dis encore plus..."


Les esseniens étaient hostiles à leurs adversaires, Jésus ne l'était pas.



abbé arbez 02/09/2011 07:28



non, l'écart se creuse parfois de façon inquiétante, car c'est le contenu même de la foi  - d'origine biblique - qui est mis en péril.


Le cardinal Lustiger a même écrit que dans des contextes culturels particuliers, le Christ de certains chrétiens n'était plus qu'une figure païenne parmi d'autres! Quand les
chrétiens se distancient de leur patrimoine judaïque originel, ils glissent vers le paganisme.



abbé arbez 29/08/2011 23:04



les faits signalés ici sont réels, hélas.


Mais tout n'est pas au même niveau. La théologie de la substitution n'est plus la position catholique envers les juifs, depuis 60 ans. Le verus Israel non plus!


mais les positions des patriarches orientaux restent marcionites, je l'accorde.



danilette 01/09/2011 23:25



Bien évidemment, sur tous les sujets il faut approfondir et ne pas s'en tenir à une seule impression à la suite d'un article très remuant... les Chrétiens orientaux pas seulement leurs
patriarches sont très anti-juifs ne supportent pas le judaïsme en fait. Je me suis même fâchée avec un copain arménien qui vit très très mal en Turquie, il m'a écrit que Jésus n'était absolument
pas Juif puisqu'il était un extra-terrestre. Le Christianisme recouvre tellement de nuances désormais, les écarts se sont creusés je crois au cours du XXème siècle et c'est presque comme des
religions différentes ou bien trouvez-vous que j'éxagère ?



yan 06/07/2011 07:14



Bonjour, tous ces "prélats" feraient mieux de pratiquer une "auto critique" ensembles sur leur passé commun, entre les scandales de "pédophilie" pour les uns, les "crimes" commis par
l'inquisition autrefois sur ceux qui connaissaient le principe actif des plantes et qui ont fondés la "pharmacie" moderne accusés de sorcellerie et assassinés sur des "buchers" au nom du
"Christ", eux qui ignorent en fait que "Ueshua" était un juif de la tribu des éssenien qui eux étaient des médecins et de grands érudis. Ces propos sont "contraire" au message de l'évangile,
voilà la vérité, ces gens qui colportent la "haine" au lieu du message universel d'amour que le Christ et le seigneur "M.." nous ont transmis, l'éternel vois et entend ces gens, quand sa colère
s'abatra sur eux, ils comprendront leur erreur, et comme d'habitude ils imploreront sa miséricorde, l'éternel leur accordera peut être sa bienveillance, mais ils seront "rétribués" pour les
"actes" qu'ils auront commis. Hypocrisie c'est le seul terme qui convient, comment ces gens peuvent il parler au nom de l'éternel alors qu'ils refusent d'appliquer son message d'amour et de
tolérence? Daniel Guichard chantait :"ça n'est pas à dieu que j'en veux mais à ceux qui m'en on parlé". Cordialement.