Les enquêteurs internationaux s’intéressent à Imad Moghnieh qui n’aurait pas été tué en Syrie, MAI

Publié le par danilette

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L’info


vendredi 11 février 2011

Par Khaled Asmar - Beyrouth

Une "vrai bombe" concernant un "faux attentat". Les enquêteurs internationaux s’intéressent à Imad Moghnieh qui n’aurait pas été tué en Syrie
Enceinte, sa "veuve" intrigue les enquêteurs

Dans son dernier numéro, la revue libanaise "Al Shiraa" s’interroge si le chef des opérations extérieures du Hezbollah, Imad Moghnieh, dont la mort a été annoncée en février 2008 dans une mystérieuse explosion à Damas, est bien mort ? Son épouse, enceinte de cinq mois, intéresse les enquêteurs internationaux, dans le cadre de l’affaire Hariri.


« Al Shiraa » souligne en effet que les enquêteurs qui se sont rendus, le 27 octobre 2010, dans une clinique spécialisée de la Banlieue sud de Beyrouth, appartenant à la gynécologue Imane Charara - une proche du Hezbollah - s’intéressaient particulièrement à la veuve de Moghnieh. Celle-ci étant enceinte de cinq mois et suivie par Charara, sa grossesse intrigue et laisse penser que Moghnieh n’est pas mort. Les enquêteurs écartent l’hypothèse d’un remariage de Madame Moghnieh. A moins que sa grossesse ne soit le fruit d’un mariage de jouissance !

En effet, ce phénomène est de plus en plus répandu dans la communauté chiite, et plus particulièrement dans les milieux proches du Hezbollah. Ali Haïdar avait consacré, le 30 janvier 2011, une étude à ce phénomène, publié par le site « Middle East Transparent ». Haïdar y a affirmé que cette pratique, légalisée par des fatwas, sert la direction du Hezbollah à palier au manque d’hommes, surtout depuis la mort d’un millier de combattants en 2006, et à lutter contre la prostitution des jeunes veuves...

En tout état de cause, « Al Shirah » affirme que les enquêteurs internationaux s’intéressent à la grossesse de « Madame-veuve » Moghnieh, et pensent de ce fait que le chef terroriste du Hezbollah, Imad Moghnieh, recherché par une quarantaine de pays, n’a pas été tué dans l’explosion présumée de sa voiture qui aurait eu lieu dans le quartier de haute sécurité de Kafar Soussa, à l’ouest de Damas, le 12 février 2008. Cette hypothèse conforte notre analyse publiée le 31 octobre 2008, dans laquelle des sources syriennes nous affirmaient que « la voiture qui a explosé à Kafar Soussa était vide ». Des habitants de l’immeuble devant lequel l’attentat avait eu lieu, nous assuraient que « l’explosion était de faible puissance, et qu’elle a visé une voiture vide ».

Moghnieh, un terroriste notoire, qui a déjà changé de visage à plusieurs reprises, aurait orchestré et mis en scène son assassinat afin de l’utiliser comme un moyen de pression sur Israël, sur les Etats-Unis, ou sur d’autres pays arabes au gré de la tendance politique du moment (l’enquête syrienne avait le choix entre plusieurs pays)... et surtout, pour disparaitre en tant que témoin dans l’assassinat de Rafic Hariri. Sa « fausse mort » médiatisée devait lui permettre également d’échapper à la justice argentine, qui le poursuivait pour son rôle présumé dans l’attentat de Buenos Aires. Enfin, cette mise en scène permettait à la Syrie de se débarrasser, momentanément, d’un témoin encombrant et de faire semblant de coopérer avec l’Occident en liquidant ce terroriste.

Rappelons que le jour des obsèques de Maghnieh, la poursuite des activités normales dans la Banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, et l’absence des signes de tristesse traditionnels en pareilles circonstances, avaient frappé les observateurs. Aussi, personne n’a pu visionner le cadavre de Maghnieh, et aucun test ADN n’a été pratiqué pour confirmer son identification.

Le retour de Moghnieh sur la scène à travers l’enquête internationale sur l’assassinat de Rafic Hariri inquiète le Hezbollah. Le jour de la perquisition de la clinique, en octobre 2010, les enquêteurs ont été violemment attaqués par plus de 150 femmes acheminées sur place dans des véhicules réquisitionnés par le parti de Dieu. Les militantes avaient molesté les enquêteurs et emporté des ordinateurs contenant des données sensibles sur l’enquête et des témoignages importants. Ces mêmes témoignages ont été diffusés récemment par la télévision « New TV », proche du Hezbollah, dans le cadre de ce qui est désormais appelé « Véritéleaks » (allusion aux révélations de Wikileaks), dans une tentative de discréditer le TSL. Hassan Nasrallah avait accusé la justice internationale de vouloir « porter atteinte à la Résistance à travers l’intimité de ses femmes ». Surfant sur « l’honneur » des Libanais, ils leur a demandé de cesser toute coopération avec le TSL.

Khaled Asmar

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Al Shiraa
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Publié dans Terrorisme - Djihad

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