Les Italiens anti-israéliens détournent la Mémoire de la Shoah. Manfred Gerstenfeld/Angelo Pezzana

Publié le par danilette

Manfred Gerstenfeld Interviewe Angelo Pezzana

Adaptation de Marc Brzustowski  

Angelo Pezzana (Copier)

 Angelo Pezzana

 

“En janvier 2012, Ricardo Pacifici, Président de la Communauté juive de Rome, a déclaré que, chaque année, autour du Jour du Souvenir National de la Shoah, le 27 janvier, « nous sommes témoins d’actes de violence et de provocations que nous ne pouvons plus tolérer. Nous y répondrons de manière ferme et résolue ». Pacifici réagissait au fait que des vandales avaient enlevé les pierres d’achoppement de lieux de mémoire qui avaient récemment été installés. Il s’agit de pavés recouverts de laiton, portant les noms des victimes de la Shoah. Ces pierres sont placées à l’extérieur de bâtiments où vivaient ceux dont on commémore le souvenir.

 

Angelo Pezzana est un journaliste italien. En 2001, il a fondé le site internetwww.informazionecorretta.com. Ce site, qui reçoit des milliers de souscripteurs et de visiteurs, a pour objectif principal de fournir une analyse critique quotidienne des media italiens. C’est aussi une source essentielle d’information en Italie, autour des problèmes politiques concernant Israël et l’antisémitisme.  

 

Pezzana nous dit : “Le 20 juillet 2000, le Parlement italien a voté la Loi 211, dont le texte est explicite : “La République italienne reconnait le 27 janvier, - date où on a abattu les portes d’Auschwitz – comme le Jour du Souvenir, des lois raciales, de la persécution des citoyens juifs, des Italiens qui ont été déportés, emprisonnés ou assassinés, autant que pour tous ceux qui, au sein de différentes organisations, se sont opposés au projet d’extermination au péril de leur vie, pour sauver d’autres vies et protéger les persécutés ».

 

“Le texte de Loi est clair. Il est important qu’il comprenne aussi la responsabilité des collaborateurs fascistes italiens. Mais, bien que les intentions du Parlement italien aient été excellentes – de vouloir conserver la mémoire vive- certaines conséquences ont été négatives, comme l’indiquent les propos de Pacifici.

 

“On commémorait, déjà, publiquement la Shoah, bien des années avant que cette loi ne soit instaurée : des journaux publiaient des témoignages des survivants, des chaînes de télévision montraient des films et préparaient des documentaires très pertinents, contenant des photographies originales tirées des archives. Dans les écoles, on lisait des textes extraits des livres d’écrivains célèbres, comme Primo Lévi. Les professeurs débattaient de leur contenu avec leurs étudiants. Les auteurs étaient fréquemment invités à parler avec les étudiants.

 

“A cette époque, le souvenir était encore un domaine qui inspirait le respect. Ceux qui haïssaient Israël n’osaient pas le manifester publiquement face à ceux qui avaient ressuscité l’Etat Juif. Ces gens participaient même aux commémorations des Juifs assassinés, parce qu’ils craignaient d’être mis au rang des antisémites.

 

“Le fait de marquer le 27 janvier comme jour du souvenir l’a transformé en évènement national, où tout un chacun peut exprimer son opinion, même si elle est déplorable. Cette dernière forme se manifeste le plus souvent dans les écoles. On tient des réunions avec des centaines d’étudiants présents, où des professeurs d’extrême-gauche sont invités à prendre la parole. Ils présentent la Shoah de manière déformée. Cela conduit, par la suite, à un débat public qui consiste à faire un lien entre les crimes des Nazis et les politiques israéliennes.

 

“Ces prêcheurs de haine sont tellement violents verbalement que les modérés ne peuvent plus faire valoir leurs propres opinions. J’ai participé à un grand nombre de ces rassemblements. L’horreur du passé est rapidement passée sous silence, dans le seul but d’exprimer sa haine d’Israël. La formule la plus fréquente se résume par : « Israël fait aux Palestiniens ce que les Nazis ont fait aux Juifs ».

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