Les Juifs de France, face à l’impasse politique, Shmuel Trigano

Publié le par danilette

Les Juifs de France, face à l’impasse politique*

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Que peuvent faire les Juifs de France ? Ils font face à une conjonction difficile.

D’un côté : une opinion publique – ou « médiatique » - globalement hostile à Israël et sans aucune empathie – c’est le moins qu’on puisse dire – pour la communauté juive. 

D’un autre côté : une politique gouvernementale qui a, aujourd’hui, clairement pris parti pour la cause palestinienne. 

Les déclarations successives de Juppé et Sarkozy sur le caractère national juif de l’État d’Israël, sur l’échange « équilibré » de Shalit contre plus de 1000 terroristes palestiniens, et, enfin, le vote français pour l’admission de la Palestine à l’UNESCO ne laissent plus de doute (1). 

Mais le doute lui-même était une façon, pour les Juifs de France, de se tromper eux-mêmes dans leurs attentes. Car, objectivement, malgré ses déclarations d’amitié, la présidence Sarkozy fut toujours hostile à Israël sur le plan international. 

Peu ont voulu remarquer les abstentions systématiques de la France dans les arènes internationales régulièrement hostiles à Israël. 

Les Juifs de France, institutionnels comme para-institutionnels n’ont pas voulu reconnaître la réalité ni murmuré face à cet état de faits. Les cérémonies et les discours de circonstance qui les flattaient leur ont suffi.

Ils avaient mis, en effet, un grand espoir en Sarkozy. Sa nomination au ministère de l’intérieur, en 2002, avait représenté un tournant dans la simple reconnaissance de l’existence d’un antisémitisme en France.

Depuis 2001, ce fait d’évidence avait été effectivement l’objet d’un tabou, orchestré par le gouvernement Jospin et mis en oeuvre par les médias, ce qui fut à l’origine du syndrome d’hostilité envers les Juifs qui s’est depuis approfondi.

Je rappelle que pendant plus d’un an les institutions juives sur la demande du gouvernement ont gardé le silence sur les 450 agressions dont les Juifs étaient les victimes. 

Si j’ai créé l’Observatoire du monde juif, en 2001, ce fut avant tout pour rendre publique cette liste, que les institutions juives tenaient à jour, et la communiquer à l’élite politique (2).

Aujourd’hui le vote de la France à l’UNESCO est d’autant plus grave qu’il va accentuer la guerre culturelle et symbolique du monde arabo-musulman non plus seulement contre Israël mais contre le peuple juif et le judaïsme. 

C’est en effet le triomphe du révisionnisme historique envers l’histoire et la religion juives (lieux saints et historiques d’Eretz Israel, à commencer par Jérusalem) qui se voit mondialement consacré.

Que peuvent faire les Juifs ? 

Il n’y a en France aucune alternative politique à cette impasse. La Gauche, empêtrée dans ses mythes, leur est hostile sur le plan d’Israël. Elle a clairement épousé la cause palestinienne. 

Sur le plan de la lutte contre le racisme anti-juif, elle a clairement adopté une pseudo-neutralité : c’est elle qui a forgé, en effet, la notion de « tensions inter-communautaires », en refusant de qualifier réellement les actes antisémites pour ce qu’ils étaient, et donc répréhensibles. 

Les extrêmes ne sont pas plus favorables : à gauche, c’est un discours de facto anarchiste contre les « riches » qui l’emporte. A droite, le FN est profondément anti-israélien et son nationalisme pseudo-républicain met les Juifs et les immigrés dans le même sac. 

Les Juifs se retrouvent ainsi enserrés dans l’étau d’une impasse, confrontés à des choix impossibles. lire la suite

Publié dans Shmuel Trigano

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